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NÎMES Porteur de pots, un job de vacances comme un autre

(Photo Anthony Maurin)

À l'instar des grandes vacances, les vacances de la Toussaint permettent aux jeunes d'arrondir leurs fins de mois.

Les porteurs de pots du cimetière du Pont de Justice (Photo Anthony Maurin).

Ils sont une petite dizaine à venir tous les jours pendant les vacances de la Toussaint devant les cimetières nîmois. Ils sont là pour aider les personnes qui le désirent en portant les lourds pots de chrysanthèmes de l’entrée du cimetière aux tombes à décorer. Les porteurs de pots sont des ados qui font leur argent de poche comme ils peuvent, en travaillant. Les avez-vous déjà vu ? Leur avez-vous déjà parlé ?

C’est un fait, quand on va au cimetière pour fleurir les tombes des défunts que l’on ne veut pas oublier, on a souvent le cerveau embrumé dans des pensées tristounettes. Les porteurs de pots, tantôt folkloriques et très aimables, tantôt trop intéressés par l’argent facile, peuvent vous aider à porter les fleurs.

Les chrysanthèmes sont lourds et volumineux (Photo Anthony Maurin).

Pour Yassine, 13 ans : « Mes parents préfèrent me voir là, en train de travailler pendant les vacances. J’ai l’habitude, je ne viens que la seconde semaine des vacances, ça fait trois ans que je le fais. » Et quand on se retourne, en effet, quelques jeunes sont là pour aider les personnes en mal de bras. « On est là pour gagner un peu d’argent, oui, mais on est aussi là pour aider les personnes âgées ou handicapées à porter les fleurs. Hier, les voitures pouvaient entrer au cimetière, plus aujourd’hui alors il faut bien qu’on porte les fleurs sur les tombes », poursuit Yassine.

(Photo Anthony Maurin)

Combien faut-il donner ? Est-on obligé de donner ? Comment ça marche ? « Pour un petit pot que j’amène pas trop loin, un euro. Pour un petit pot plus loin, deux euros. Pour un gros pot deux euros et pour un gros pot loin dans le cimetière, c’est au moins trois euros. Soit on nous demande combien et on prend avant même qu’on parte, soit ils nous donnent directement l’argent qu’ils veulent bien nous donner sur place. Ça dépend beaucoup, mais en général les gens sont respectueux. Certains ont peur et préfèrent nous écarter immédiatement sans même nous parler. C’est dommage, je comprends qu’on me dise non merci ! », assure le jeune porteur.

Et de cet argent gagner à la sueur du front, qu’en font-ils ? Pour le plus généreux : « je donne tout à ma daronne ! (maman) ». Pour Yassine : « J’achète des bonbons, des bricoles… Je vais manger au Tacos qui est juste en face, on prend des boissons… Sinon, j’ai pris la décision d’acheter une casquette Lacoste qui est trop belle, mais elle coûte cher ! » Mais pour en arriver là, il faut être patient et présent. « En général j’arrive assez tôt le matin et j’essaie de rester toute la journée en poste. Ce matin je suis parti sur un autre cimetière, conséquence, je n’ai que 15 euros ! Hier je suis resté toute la journée j’ai eu 60 euros. La plus grosse journée sera vendredi ! », affirme le jeune.

(Photo Anthony Maurin)

Ici, plus que pour le trafic de stupéfiants, chacun a son secteur. Yassine est proche de l’entrée du cimetière, il est à côté de la vendeuse de chrysanthèmes qui l’aime bien. « Parfois je vais lui acheter à manger car elle n’a pas le temps. C’est elle qui propose mes services aux gens », affirme le p’tit gars. Et la commerçante de confirmer : « Il est gentil ! Ils sont gentils ! Il va me chercher une barquette de frites, il demande qu’on la remplisse bien ! Je suis au régime tout au long de l’année, mais ici je ne peux pas ! »

Mais Yassine aime bien « aller au contact de la clientèle, c’est mieux pour ma recette ». Les gens apprécient moins cet élan de générosité forcée. Ils préfèrent choisir directement leur aidant. « Oui, parfois on peut se sentir un peu agressé par autant de gentillesse, mais j’aime bien choisir la personne qui va me porter mes fleurs. C’est lourd et volumineux, je ne veux pas de trop petites mains mais j’aime bien les jeunes qui ne viennent pas me demander » explique Laure qui poursuit : « J’ai vu qu’il y avait deux filles, je vais les mettre toutes les deux à contribution. »

(Photo Anthony Maurin)

Chacun son rôle. Un jeune est placé sur le parking et veille au bon stationnement des arrivants. « Moi, je place ! J’évite les embouteillages. Parfois, les gens me donnent de l’argent, parfois non. » Au moins, celui-là ne se fera pas mal au dos et il faut une certaine organisation pour gérer le parking du Pont de Justice !

« Quand les gens ont un pot à ramener, c’est le cadeau de la maison, on ne leur demande rien. Ils nous ont pris à l’aller, on les aide au retour, sans contrepartie. En plus, ça nous fait faire du sport, ça muscle ! » conclut Yassine.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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