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FAIT DU JOUR Avec les Compagnons bâtisseurs, les locataires deviennent acteurs de leur logement

Sur un chantier des Compagnons bâtisseurs (DR)

Le principe s’appelle l’auto-réhabilitation accompagnée, et son nom en dit déjà long.

« En participant aux travaux, les habitants sont la pièce maîtresse de l’amélioration de leur logement  », explique Éliane Jarry, coordinatrice des projets de l’association les Compagnons bâtisseurs pour le Gard. Une association implantée dans l’ex-Languedoc Roussillon depuis 2002, et qui a démarré ses actions à Bagnols/Cèze et à Pont-Saint-Esprit en 2018, après Nîmes et Vauvert.

Concrètement, l’auto-réhabilitation accompagnée est proposée aux habitants des quartiers prioritaires de la "Politique de la ville" préalablement fléchés par les partenaires sociaux, comme les centres communaux d’action sociale ou le conseil départemental. En pratique, une fois les familles identifiées, « nous faisons une visite à domicile, pour vérifier que le logement rentre bien dans les possibilités de l’auto-réhabilitation accompagnée, il s’agit de travaux d’entretien locatif », explique Éliane Jarry.

Des travaux qui peuvent consister en de la peinture, de la petite menuiserie, comme le changement d’une porte ou d’une poignée, de la petite plomberie, comme le remplacement de joints, de la petite électricité, comme le changement d’une prise ou l’installation d’une applique ou encore dans de l’aménagement, comme la pose d’une étagère.

« Remettre le pied à l’étrier »

Bref, pas question ici de casser des cloisons ou encore de rénover du sol au plafond, mais d’accompagner les familles. Pour ce faire, les Compagnons bâtisseurs se déplacent en équipe sur place pendant plusieurs jours, avec l’idée aussi de donner du conseil : « L’idée est d’autonomiser les familles, leur apprendre des choses pour qu’ils continuent eux-mêmes, ajoute la coordinatrice. C’est une remise en marche. » Car les services des Compagnons bâtisseurs s’adressent à « des familles qui n’ont pas forcément les moyens techniques et financiers, et qui ont même parfois d’autres difficultés, poursuit-elle. L’idée est de leur remettre le pied à l’étrier. » D’ailleurs, après les travaux, l’association reste disposée à donner des conseils aux personnes qu’elle a aidées.

Sur un chantier des Compagnons bâtisseurs (DR)

Aider, et pas faire à leur place : si les Compagnons bâtisseurs ne sont pas là pour se tourner les pouces, les familles aidées non plus. « Il faut leur trouver des tâches adaptées à leur condition physique, mais on a arrive toujours à leur faire faire quelque chose, à les faire participer », explique Éliane Jarry. Une participation aussi financière, puisque les personnes aidées doivent payer 10 % des matériaux utilisés. « En général, ça équivaut à 30 ou 40 euros, précise la coordinatrice. Nous demandons un petit acompte car nous sommes dans la vraie vie et que ça forge une relation avec l’habitant, qui s’engage. » Reste que cette somme peut être difficile à sortir pour les familles les plus démunies. Dans ce cas, les Compagnons bâtisseurs mettent en place un échéancier.

Vers des sessions collectives à Bagnols

À Bagnols et Pont, six ménages représentant quinze personnes ont été ou sont encore concernées par les actions des Compagnons bâtisseurs. Un début, mais positif : « Nous avons été bien accueillis, les personnes ont été moteurs », affirme Éliane Jarry. Alors l’année prochaine, l’association compte accroître sa présence sur place, en mettant en place des sessions collectives, comme elle en propose déjà à Nîmes. Des sessions pédagogiques, avec une dimension technique, une autre sur les économies d’énergie ou encore les droits et devoirs du locataire. « L’idée est aussi que les habitants puissent se connaître, pour organiser une entraide », ajoute Éliane Jarry.

À Bagnols, l’association compte également mettre sur pied une « outilthèque », avec des outils accessibles en prêt pour favoriser les petits travaux dans les quartiers. Dans l’idéal, les Compagnons bâtisseurs voudraient être présents à Bagnols une ou deux fois par semaine, histoire d’amplifier l’accompagnement. Car si Éliane Jarry reconnaît que « on est dans le social. Nous n’avons pas 100 % de réussite », elle ajoute aussitôt après que « quand même, dans la majorité, ça amorce des choses. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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