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FAIT DU JOUR L’USAM en Coupe d’Europe : un drame romantique

L'équipe nîmoise lors d'un déplacement européen à Vienne en Autriche (Photo DR)

Vingt-cinq ans après sa dernière apparition, l'Union Sportive des Anciens du Mont-Duplan retrouve la Coupe d'Europe en affrontant les Hongrois de Csurgoi en match aller du 3e tour de la Coupe EHF, ce samedi à 15h. Pour savoir ce que représente ces compétitions continentales à Nîmes, retour sur neuf campagnes européennes en chiffres et en anecdotes. 

L'histoire d'amour entre l'USAM et la Coupe d'Europe démarre le 13 octobre 1984 par une victoire chez les Luxembourgeois de Berchem (21-18). Troisièmes du dernier championnat, les Nîmois disputent la Coupe IHF, devenue EHF, celle qui les attend cet après-midi et s'arrêtent en huitième de finale. C'est la première des neuf campagnes européennes qui vont s'enchaîner jusqu'à la saison 1994/1995 avec une seule interruption en 1992/1993.

Vainqueur de la Coupe de France les deux saisons suivantes, le club gardois découvre la Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupe, l'étape intermédiaire. En 86/87, Nîmes atteint les quarts de finale, sa meilleure performance dans ce format, battu par les Suisses de ZMC Amicitia Zurich (19-19, 16-18). Rebelote la saison suivante en IHF avec la victoire historique contre la formation yougoslave du RK Pelister Bitola (28-23, 16-21), située aujourd'hui en Macédoine.

Bitola : le plus gros exploit

Sans doute le plus gros exploit réalisé par l'USAM en Europe d'après Alain Portes, le seul à avoir disputé les 46 matches européens des Gardois : "Remonter cinq buts au match retour à Pablo reste un exploit retentissant. Nous étions les premiers à éliminer une équipe de l'ex-Yougoslavie." C'est à ce moment-là que l'USAM a commencé à faire parler d'elle. "Le lendemain c'était à la "Une" de L'Équipe", se souvient le coach d'alors, Jean-Paul Martinet.

Un affrontement qui représente typiquement les déplacements dans les pays de l'Est à la fin des années 1980. "Là-bas, la salle était pleine et les gens nous lançaient des pièces de monnaie pour nous blesser", se rappelle le joueur Philippe Courbier. Si son ancien coéquipier Attila Borsos, aujourd'hui consultant à la télévision hongroise, a évoqué l'ambiance bouillante de Csurgoi, on ne devrait pas retrouver une telle hostilité d'une autre époque.

L'USAM face à Benfica dans les arènes en 1990 (Photo Raymond Legrand)

Cette même saison (1987/1988) les Nîmois décrochent leur premier titre de champion de France. Ils accèdent à  la plus prestigieuse des compétitions européennes, la Coupe des Clubs Champions. Une première expérience stoppée en huitième, tout comme l'année suivante en Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupe. Au moment de passer dans la décennie 1990, où l'USAM remporte son deuxième titre en championnat, l'équipe va basculer dans une autre dimension.

Elle s'impose comme la meilleure en France et a pour ambition de dominer l'Europe. Le pendant de l'Olympique de Marseille au foot durant les mêmes années. Philippe Médard, Christian Gaudin, Frédéric Volle, Alain Portes voient débarquer les stars de la discipline dont la plupart évoluent en équipe de France : Philippe Gardent, Denis Lathoud, Stéphane Stoecklin et le Croate Zlatko Saracevic.

 
Changement aussi d'arène, le 10 novembre 1990, quand Nîmes bat Benfica (31-23) dans l'amphithéâtre romain devant 9 000 spectateurs. "Les joueurs portugais nous ont demandé la cassette du match pour montrer chez eux où ils avaient joué", assure Alain Portes, dont voici un extrait ci-dessus. Le match avait été diffusé en direct sur Canal +, commenté par l'excellent Charles Biétry. Voir l'USAM jouer sous la bulle dans les arènes reste un moment marquant de ce passé européen.

Ce sera aussi le cas en quart de finale contre Barcelone mais l'aventure prend fin face au futur vainqueur de cette édition. Nouvelle déception la saison suivante puisque Nîmes bute encore au même stade, éliminé cette fois-ci par les Danois de Kolding (25-23, 24-23). Classé seulement quatrième en championnat, la Green team ne se qualifie pour aucune compétition européenne lors de l'exercice 1992/1993.

Le vol Braga-Zagreb

De quoi se concentrer sur la première division qu'elle remporte pour la quatrième fois et revenir plus fort. Nîmes est donc en lice pour disputer la première Ligue des Champions de l'histoire, le nouveau nom donné à la Coupe des clubs champions. Fini les phases à élimination directe. Les huit derniers sont répartis en deux poules et seul le premier accède à la finale.

Mais l'USAM échoue à un point de Braga et termine troisième de la compétition. Avec trois matches nuls concédés, un petit but aurait fait la différence notamment contre la formation portugaise. "Ce match nul nous a été fatal", lâche Alain Portes. Si la légende usamiste cherche l'excuse sportive d'autres y voient un complot contre Nîmes. "Pour nous éliminer Braga devait gagner à Zagreb et à la surprise générale ils y sont parvenus. Quelques mois plus tard les joueurs de Zagreb ont été invités à passer 15 jours de vacances à Braga", raconte l'ancien entraîneur, Jean-Paul Martinet, qui assure que l'USAM aurait dû être champion d'Europe cette année-là.

Le 30 mai dernier, la génération Rebichon, Gallego, Desbonnet, Dupuy, Salou, Tobie, Prandi... a décroché le ticket pour l'Europe (Photo USAM)

Nîmes a approché le trône mais la chute va être terrible. En fin de saison, le club est rétrogradé en deuxième division et placé en liquidation judiciaire car criblé de 11 millions de francs de dettes sous la présidence de Gilbert Baumet, président également à l'époque du Conseil général du Gard. Vainqueur de sa dernière Coupe de France, Nîmes réalisera un dernier baroud d'honneur contre les Croates de RK Medveščak Zagreb (16-30, 24-18), éliminé en 16e de finale.

Un adieu à l'Europe que l'on croyait définitif jusqu'à la saison dernière et cette cinquième place obtenue en Lidl Starligue. Une renaissance illustrée notamment par le président David Tebib arrivé à la tête du club en 2012 : "C'est dans notre ADN de retrouver le plus haut niveau et jouer l'Europe." Relayé sur le terrain par des joueurs qui véhiculent les valeurs usamistes comme le capitaine Julien Rebichon à qui "il ne manque que l'Europe !". Un rêve qui va s'exaucer contre Csurgoi, le 22e adversaire européen des Gardois, le premier Hongrois. C'est l'heure d'écrire le dixième tome du récit de l'USAM en Coupe d'Europe où s'est mêlé le tragique, le comique, voire le burlesque.

Corentin Corger

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