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NÎMES Climat, économie : le vent tourne, les vignerons indépendants maintiennent la pression

Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France, Pierre Jauffret, président de la fédération gardoise et son vice-président Christel Guiraud (Photo Corentin Corger)

Avant l'assemblée générale de la fédération gardoise, les représentants nationaux et locaux des Vignerons indépendants ont fait le point sur les enjeux actuels : les caprices du climat et l'augmentation des taxes internationales.   

Dans la viticulture, on distingue deux catégories de vignerons : ceux qui travaillent avec les coopératives et les indépendants et ceux qui cultivent la vigne, récoltent le raisin, vinifient le vin et le commercialisent. En quelque sorte, le véritable vigneron diront certains. En tout cas certainement le plus passionné, celui qui va incarner son produit. Ces vignerons indépendants représentent 55% de la production viticole française.

Depuis six ans, un observatoire économique s'intéresse à cette profession et informe notamment que près de la moitié des vignerons indépendants ont exercé une autre activité avant de s'installer à leur compte. D'où l'âge moyen constaté de 49 ans. Des parcours différents avec souvent des pionniers dans le développement environnemental, avec une vision plus connectée de cette activité qui fait évoluer la profession. Un métier qui se féminise puisque 35 % des vignerons indépendants sont des... vigneronnes.

Le syndicat englobe 7 000 adhérents au niveau national dont près de 300 dans le Gard sur les 500 vignerons indépendants recensés dans le département, car tous ne sont pas affiliés. Ce vendredi matin, la fédération gardoise organisait son assemblée générale en présence de Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France. L'occasion de faire le point sur l'état actuel de cette profession et en premier lieu les enjeux climatiques dans le Gard. De 2007 à 2017, le nombre d'hectolitres de vin produits sur un hectare de vignes (d'un vigneron indépendant gardois) a diminué de 60 à 47 hectolitres/hectare.

Investir pour maîtriser l'eau

"Le climat impacte beaucoup notre production", résume Pierre Jauffret, le président de la fédération gardoise. La sécheresse ou les épisodes de fortes précipitations obligent ces viticulteurs à trouver des solutions sur la problématique des cultures à planter ou à ne pas planter, sur quels territoires le faire ou encore utiliser des cépages plus résistants. "On travaille aussi sur des clones mais cela crée un appauvrissement de la diversité génétique. Actuellement, on fait de la recherche. On est 3.0, pour reprendre le slogan du Département", détaille le représentant gardois.

Une collectivité territoriale dont les Vignerons indépendants ont intégré le schéma départemental en terme d'irrigation et qui les soutient financièrement. "Ils ont compris l'enjeu. Comme son nom l'indique, le paysan façonne le paysage. Sans paysage, il n'y a pas de tourisme", reprend Pierre Jauffret. La question de la maîtrise de l'eau qui pourrait se matérialiser par la création de bassin d'extension de crue et des retenues collinaires, est également prise en compte par le ministère de l'Agriculture.

Difficile de protéger la vigne des changements climatiques (Photo Anthony Maurin).

"La porte est ouverte. Le Gouvernement a conscience que notre demande impacte la protection des populations, celle de la biodiversité et assure une agriculture de qualité", assure Jean-Marie Fabre. Malgré certaines difficultés climatiques, la superficie occupée par un vigneron indépendant dans le Gard a augmenté de 5% en dix ans. Et les ventes suivent puisque "Vigneron indépendant" est devenue une véritable marque, reconnue par le consommateur en terme de traçabilité, qualité et préservation de l'environnement.

Des difficultés commerciales avec le Royaume-Uni et les USA

Depuis trois ans, la vente des bouteilles en grande distribution a augmenté de 27%. Mais les relations commerciales sont plus tendues au niveau de l'export avec la difficile sortie des Britanniques du marché européen (Brexit) et l'augmentation récente de taxes sur les produits français aux États-Unis. "Pour nous, le Royaume-Uni représente la première destination en volume et les États-Unis, la première en valeur. L'incapacité du marché a absorber cette augmentation nous est insupportable", constate le président des Vignerons indépendants de France.

Ce dernier espère que la riposte européenne sera à la hauteur et craint qu'il ne soit difficile pour la France de récupérer des parts de marché qu'elle va perdre au profit du marché italien, non taxé. Une évolution économique qui va se répercuter dans le Gard au niveau des ventes de rosé. "On espère que la France, partenaire privilégiée du Royaume-Uni ne se laissera pas dicter les nouvelles relations commerciales après le Brexit par l'UE", conclut Jean-Marie Fabre. La gestion des aléas climatiques et des taxes économiques sont des éléments à maîtriser pour que les Vignerons indépendants continuent à rayonner dans la viticulture. En France comme à l'exportation.

Corentin Corger

 

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