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FAIT DU JOUR 80 à 85% des chantiers du BTP à l’arrêt dans le Gard

Pascal Lacosta, président de la Fédération française du bâtiment du Gard. (Photo : Stéphanie Marin / ObjectifGard)

Depuis la mise en place des mesures de confinement pour lutter contre la propagation du coronavirus, la grande majorité des chantiers du bâtiment et des travaux publics sont à l'arrêt dans le département. Une situation qui, si elle devait se prolonger, pourrait avoir de lourdes conséquences sur les entreprises portant encore les stigmates de la crise financière de 2008.

Des bâtiments en construction vides, des grues immobiles, des tasseaux abandonnés au sol... Sur le chantier des Jardins de la Moneda, situé à l'angle de la rue Gaston Teissier et de l'avenue Président Salvadore Allende à Nîmes, pas un bruit ne s'échappe du mastodonte de béton encore inachevé, sauf celui du vent qui s'y engouffre en ce lundi après-midi. Des rafales soulèvent la poussière, des bouts de papiers, seul fait d'animation qui donne vie à ce tableau. Un tableau qui n'est pas rare, "80 à 85% des chantiers sont arrêtés dans le département", affirme Pascal Lacosta, président de la Fédération française du bâtiment (FFB) du Gard. Et ce depuis la mise en place des mesures de confinement afin d'endiguer l'épidémie de coronavirus.

"Le BTP confronté à une désorganisation, à des risques sanitaires..."

Suite à l'annonce du confinement, les trois principales organisations du secteur du BTP - la Fédération française du bâtiment (FFB), la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb) et la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) - demandaient au Gouvernement "d’arrêter temporairement les chantiers, à l’exception des interventions urgentes"."Face à des donneurs d'ordre qui, de manière éparpillée, arrêtent certains chantiers, face à des difficultés majeures d'approvisionnement, face à certaines interventions des forces de l'ordre pour interrompre des chantiers, le BTP est confronté à une désorganisation, à des risques sanitaires et à une incompréhension mêlée d'inquiétude légitime à la fois des chefs d'entreprise et des salariés", expliquaient-elles dans un communiqué diffusé le 17 mars dernier. En réponse, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, pointait du doigt, lors d'une interview sur LCI, "le défaitisme" des trois fédérations patronales du secteur et en appelait "au civisme des entreprises".

"Nous voulons travailler mais pas n'importe comment"

Après la perte de 15 jours de chiffre d'affaires au mois de mars, "les entreprises veulent travailler, assure Pascal Lacosta. On sort d'une crise qui a été très compliquée, tout le monde en a parlé pendant des années. Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises n'ont plus de trésorerie. Si on poursuit le confinement pendant 15 jours encore, certaines ne pourront plus assumer les frais fixes mensuels. Nous sommes demandeurs, nous voulons travailler mais pas n'importe comment." C'est-à-dire sans pouvoir assurer la protection de la santé des salariés dont les entreprises sont responsables. "Il y a une grande problématique, cette fameuse histoire de masques, cite entre autres exemples, le président de la FFB du Gard. Est-ce qu'on nous autorise à travailler avec des masques non homologués ? C'est écrit nulle part, on ne le sait pas. Est-ce qu'on en prend la responsabilité ? Non !"

Un guide de recommandations toujours en attente de validation

La FFB, la Capeb, la FNTP en liaison avec les syndicats de salariés et la médecine du travail, ont travaillé sur la mise en oeuvre d'un guide de préconisations sanitaires pour permettre aux entreprises et aux salariés qui le souhaitent de reprendre leur activité en toute sécurité. Ce guide soumis à la validation des ministères du Travail et de la Santé, les organisations du BTP sont toujours dans l'attente d'une réponse de l'État. "Ce fameux guide, on l'attend depuis mardi dernier. Le week-end passé, des modifications y ont encore été apportées. Il faut que ça avance, s'impatiente Pascal Lacosta. On est dans l'expectative. Aujourd'hui, la majorité des entreprises sont dans le statu quo et ne savent pas comment faire pour pouvoir travailler. Au mois de mars, certaines ont réussi à sauver les meubles. Mais si on n'arrive pas à reprendre le travail très rapidement, je ne sais pas comment les entreprises vont faire."

La réaction de Pascal Lacosta, président de la FFB du Gard, en vidéo

Stéphanie Marin

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