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FAIT DU JOUR Le Seaquarium bichonne ses poissons et attend sa réouverture

Pour nettoyer les aquariums, les agents du Seaquarium plongent au milieu des poissons. (Photo DR)

Bien évidemment fermé depuis le début du confinement, le Seaquarium n'a pour l'heure qu'une seule priorité : la continuité zoologique. 

Depuis bientôt six semaines, le Seaquarium vit en vase clos. On est bien loin du fourmillement habituel du troisième site le plus visité en Occitanie. "Seuls les soigneurs et les techniciens travaillent en effectif réduit, explique Bastien Henckel, responsable de l'équipe de techniciens aquariologistes. Nous avons formé quatre équipes. Deux qui travaillent en alternance, tous les deux jours dans le confinement le plus strict, et deux en réserve, prêtes à intervenir à tout moment pour remplacer un éventuel malade."

Tous sur place orientent leurs journées dans un seul but : assurer la continuité zoologique. "Le matin, nous faisons un tour des aquariums pour vérifier que tout le monde va bien, puis on démarre notre pompage en mer afin d'effectuer les changements d'eau et les lavements des filtres nécessaires, détaille Bastien Henckel. Notre objectif est de garantir une qualité d'eau optimale. Puis, c'est l'heure de nourrir les animaux. Mais tous n'ont pas le même rythme d'alimentation. Quand les petits poissons doivent manger 3 à 4 fois par jour, les requins ne se nourrissent que tous les deux jours."

Plus de 6 500 poissons issus de 500 espèces peuplent le Seaquarium. (Photo DR)

"Au début du confinement, nous ne savions pas trop si nous pourrions recevoir des livraisons de nourriture, précise Jérémy Ferrier, soigneur des mammifères marins. Mais nous avons été rapidement rassurés. Avec ce que nous avons reçu lors de la dernière livraison, nous avons de quoi tenir trois mois." Des stocks conservés dans d'immenses congélateurs. "Nous nous occupons de 6 500 poissons issus de 500 espèces, ça fait des bouches à nourrir", s'amuse Bastien Henckel.

200 bébés hippocampes nés vendredi matin

Le moment préféré des aquariologistes est sans aucun doute celui du nettoyage des vitres des bassins. "On le fait un peu moins souvent que quand nous sommes ouverts au public, mais c'est sûr que c'est un instant de détente appréciable que de pouvoir plonger au milieu des poissons, reconnaît Bastien Henckel. Certains viennent nous mordiller la combinaison pour défendre leur territoire, tandis que d'autres se laissent caresser. En fonction des espèces, les comportements sont totalement opposés."

Pour les poissons la vie continue. (photo DR)

Pour tous en revanche, la vie continue au Seaquarium. Presque comme si de rien n'était. "Les poissons ne se sont pas vraiment rendus compte de la baisse de fréquentation du site, explique Bastien Henckel. Pour nous, au quotidien, c'est un peu triste de se promener dans un aquarium vide. Mais nous sommes des passionnés et l'on est content de pouvoir continuer à faire notre travail. Même en ce moment, il y a pas mal d'instants sympas à vivre. Vendredi par exemple, nous avons assisté à la naissance de 200 hippocampes."

Phoques et otaries cherchent le public

Si les poissons ne se sont pas vraiment aperçus du changement, on ne peut pas en dire autant des sept mammifères marins dont s'occupe Jérémy Ferrier. "Les phoques et les otaries s'aperçoivent que la situation n'est pas normale, affirme-t-il. Ces animaux adorent les interactions avec le public et ça leur manque en ce moment. Dès qu'on passe dans leur secteur, ils viennent pour jouer avec nous, alors qu'en temps normal, ils n'auraient pas forcément réagi."

Privés de représentations en public, soigneurs et mammifères en profitent pour renforcer leurs liens respectifs. "On essaye de leur apprendre de nouveaux comportements et de mieux comprendre certaines de leurs aptitudes, abonde Jérémy Ferrier. En ce moment, par exemple, on teste leur odorat sous l'eau. On essaye aussi de profiter du calme actuel pour approfondir le travail médical."

Jérémy Ferrier s'occupe au quotidien des phoques et des otaries (Photo DR)

"Mais comme pour les humains, plus les activités sont variées mieux les mammifères marins se portent, poursuit-il. Nous avons donc tous hâte que les visiteurs puissent revenir au Seaquarium et que nous reprenions nos représentations."

Une impatience partagée par Jean-Marc Groul, directeur du site. "Le Seaquarium vit uniquement des entrées du public, explique-t-il. Cette période est donc doublement compliquée dans notre cas : nous réalisons 80% de notre chiffre d'affaires entre mai et août, et nos charges restent, même en période de confinement, extrêmement importantes en raison des animaux dont nous devons nous occuper. Heureusement que nous avions une trésorerie saine."

Privé de sa seule ressource pour une durée indéterminée, le Seaquarium veut à tout prix éviter une saison blanche. "Nous allons essayer d'être force de proposition et mettre en place des mesures de sécurité pour permettre une ouverture le plus tôt possible, indique Jean-Marc Groul. Comme tous les professionnels du tourisme, nous allons avoir très peu de temps pour nous organiser. Notre défi aujourd'hui et de réussir à proposer dans des délais très courts un accueil sécurisé et de qualité." Tout en garantissant d'ici là le bien-être de leurs animaux.

Boris Boutet

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