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SAINT-QUENTIN-LA-POTERIE Une quinzaine d’ateliers de poterie rouvrent le 11 mai, non sans inquiétude

(photo Office culturel de Saint-Quentin-la-Poterie)

Depuis presque deux mois, les artisans d'art de Saint-Quentin-la-Poterie ont fermé la porte de leur atelier. Une quinzaine des 35 potiers que compte le village, s'apprêtent à la rouvrir à partir du lundi 11 mai. Mais les inquiétudes persistent.

La céramiste, Nathalie Hubert, est installée depuis 1993 à Saint-Quentin. Afin de respecter les conditions de réouverture le 11 mai, elle réfléchit à mettre en place un sens unique dans la partie boutique de son atelier et peut-être un fléchage au sol. Elle s'est aussi confectionnée des masques pendant le confinement qu'elle mettra durant ses heures d'ouverture. Elle pense qu'il sera assez aisé de faire respecter la distance sociale : "C'est simple dans mon atelier, il y a la partie publique et la partie travail qui sont bien séparées. Je resterai seule dans la partie travail et les clients circuleront dans l'espace boutique qui est très circulaire", décrit Nathalie Hubert.

D'autant qu'elle ne s'attend pas aux grandes foules : "Si j'ai entre 3 et 10 personnes par jour, ce sera déjà ça." Elle poursuit : "Il n'y a pas que la crainte sanitaire mais le désir d'acheter. Ne rien consommer, au début du confinement, c'était un peu frustrant mais après, on s'y fait. On va à l'essentiel. Et en tant que céramistes, on ne fait pas partie des consommations essentielles." D'autant que plus que de 50% de sa clientèle n'est pas locale et vient de France entière voire de l'étranger. Les restrictions de circulation dans le pays peuvent donc affecter encore son chiffre d'affaires sur les prochains mois. Surtout qu'il est très compliqué pour le petit atelier de Nathalie Hubert d'exporter.

La braderie du 1er mai annulée, le festival Terralha en attente

À Saint-Quentin-la-Poterie, le 1er mai est d'habitude marqué par une grande braderie qui attirent des visiteurs de toute la toute la Région mais aussi les locaux. Et elle n'a pas pu se tenir cette année. "C'est un jour où on vend beaucoup. On se débarrasse à un bon prix de pièces de second choix ou qui ont un petit défaut. C'est un peu le nettoyage de printemps...", déplore Nathalie Hubert.

Avec l'association des métiers d'art, l'office culturel avait aussi lancé tout un programme de valorisation de la filière céramique et métiers d'art dans la commune, aujourd'hui suspendu. Elle et plusieurs potiers avaient pris part dans cette action : "Là, il n'y a plus trop de sens à dépenser de l'argent dans la communication. L'élan a été stoppé net, ce sont des énergies fragiles."

Elle espère encore que le festival Terralha puisse se tenir en juillet où le village reçoit des artistes étrangers. Mais certains habitants éprouvent des réticences à prêter leur cour ou leur jardin pour accueillir l'événement. La décision sera connue d'ici quelques jours.

Préférer "passer un bon moment en famille au restaurant que de ramener
un bijou ou une poterie" ?

Denis Grazon, aussi installé depuis 15 ans, et tient son atelier "L'Âge de faire" qui rouvrira le 11 mai. Mais cela ne changera pas grand chose pour lui puisque le gros de son activité se trouve dans les stages. Il liste pas moins de 54 mesures à faire appliquer dans les écoles et les centres de formation après le déconfinement. "C'est un peu pareil pour moi même si je ne reçois pas autant de stagiaires que l'école accueille d'élèves", note-il.

Le principal de l'activité de Denis Grazon réside dans les stages qu'il donne à son atelier. Mais pour lui, impossible de former les amateurs ou professionnels en respectant les gestes barrières, incompatibles avec l'exercice de la poterie. (DR)

Lors d'un stage de poterie, impossible de respecter les gestes barrières selon lui : "Je ne peux pas être à 1,50m de mes élèves pour leur montrer comment faire. On touche 45 fois par jour les pièces en main pour montrer, on ne peut pas les nettoyer à chaque fois surtout que si c'est de la céramique fraîche, ni changer les torchons dès qu'on se lave les mains."

Durant le confinement, il a jonglé entre annuler, reporter et rembourser les stages. Il enregistre 7 200 € de pertes en trois mois à cause de l'annulation de stages. Seule une stagiaire a maintenu sa participation au mois de mai : "Je ne sais pas si je vais pouvoir l'accueillir ou pas..." s'interroge Denis Grazon. Maigre compensation, il a touché à deux reprises une somme du fonds de solidarité mais ces 2 500 € sont insuffisants pour équilibrer le manque à gagner.

"C'est vraiment embêtant, j'avance à vue, j'ai rouvert les inscriptions aux stages pour fin juillet mais je ne sais pas si je pourrais accueillir le public d'ici là", continue-t-il. Et il suppose qu'à ce moment-là, la priorité des gens sera ailleurs : "Une fois que ce sera terminé, ils préféreront passer un bon moment en famille au restaurant que de ramener un bijou ou une poterie. Et ça se comprend."

Marie Meunier

Toutes les informations sur les artisans d'art ici. La galerie Terra Viva sera également ouverte.

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