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NÎMES L’adjointe Sophie Roulle au chevet des commerces

Élue en 2014 sur la liste de Jean-Paul Fournier, Sophie Roulle est architecte et non-encartée à un parti politique. À 50 ans, cette mère de deux enfants a décidé de rempiler aux municipales de 2020, promue à la deuxième place sur la liste du maire sortant (Photo : droits réservés)

Exonération de charges, gratuité du stationnement ou report des animations… La ville de Nîmes, à travers son adjointe à la Redynamisation du centre-ville, Sophie Roulle, cherche des solutions pour limiter l’impact de la crise sanitaire sur l'activité des commerces. 

Objectif Gard : Commençons d’abord par un petit rappel. Combien y a-t-il de commerces dans le centre-ville ? 

Sophie Roulle : Si on élargit l’Écusson à l'avenue Jean-Jaurès et à la place Montcalm, on compte environ 800 boutiques (sans les bars et restaurants) sur les 1 700 commerces de la ville. J'en profite pour rappeler que notre vacance commerciale (soit le nombre de locaux vacants, ndlr) est de 10% quand la moyenne nationale est à 12%. C’est quand même pas mal...

Un centre-ville déjà en difficulté

Depuis lundi, date du déconfinement, avez-vous constaté une réouverture massive des boutiques ? 

Avec le maire, Jean-Paul Fournier, nous sommes allés sur le terrain. La bonne nouvelle c’est que de nouveaux magasins ont ouvert, comme le fleuriste Blum, rue de la Madeleine, ou la boutique de prêt-à-porter masculin Aron, près de la mairie. Les réouvertures sont progressives. Certains clients ont encore quelques craintes, notamment lorsqu’il s’agit d’essayer des vêtements. En la matière, les mesures sanitaires sont contraignantes. Nous avons vu une commerçante passer à la vapeur des habits essayés avant de les remettre, des heures plus tard, en rayon.

Après deux mois de confinement, avez-vous eu vent de risque de fermeture de certains commerces ? 

Non, pas pour l’instant.

Le centre commercial La Coupole avait déjà du mal à attirer du monde. La crise sanitaire ne va pas arranger les choses… 

C’est vrai. On avait même des craintes sur sa vente. Mais heureusement les négociations entre Aviva et l'acheteur avancent même plutôt bien. L’enjeu est important. Si ce centre commercial regroupe de nouvelles enseignes attractives, c’est toute l’économie du centre-ville qui sera tirée vers le haut.

Un plan d'aide de 4,2 millions d'euros

Une mot sur les aides aux commerces. Pouvez-vous nous rappeler votre démarche et les mesures prises par la Ville ? 

D’abord dès le démarrage de la crise, les élus se sont réunis très rapidement. Le maire a demandé à chaque élu de mesurer l’impact de la crise dans sa délégation. Au total, la mairie a mis en place un dispositif avoisinant les 4,2 M€. Beaucoup de mesures ont déjà été évoquées : six mois d’exonération des occupations du domaine public (pour les terrasses des commerces, bars, restaurants mais également les étaliers des halles, les marchés en plein air…). Les loyers perçus par la ville ont été suspendus, les licences de taxis et également, le stationnement de surface gratuit jusqu’au 31 mai. 

Après le 31 mai, deux heures "glissantes" seront gratuites pour un automobiliste en parking de surface ? 

Oui. Il s’agit de deux heures par jour à consommer à n’importe quel moment de la journée. À cela s’ajoute la gratuité totale le samedi. Cette mesure durera jusqu’au 30 septembre. C’était réclamé depuis longtemps par les commerçants. Seulement pour des raisons de budget (1 M€) nous n’avions pas pu accéder à cette demande. Reconnaissons qu’en terme de stationnement, la Ville a fait beaucoup d’efforts ces dernières années. 

Le stationnement comme les animations sont importantes pour attirer les consommateurs. Quels événements pourront êtes maintenus et dans quelles conditions ? 

C’est une question complexe qui ne dépend hélas, pas que de nous. Nous respectons les directives de l’État. Nous avons pour l’instant décidé de reporter certains événements comme la course pédestre Vini Vici le 12 septembre ; les Grands jeux romains le 23 octobre ; les Rendez-vous des jardins également en octobre. Concernant les Jeudis de Nîmes, nous cherchons des solutions pour ne pas concentrer les 5 000 personnes qui y participent dans l’Écusson. Les Jeudis vins pourraient, pourquoi pas, être déplacés sur l’Esplanade. Quant à la Feria des vendanges, le maire aimerait l’étaler sur quatre jours au lieu de deux et demi pour gérer les flux de visiteurs. 

En matière d’hygiène, la ville de Nîmes a aidé les boutiques à s’équiper. Combien de magasins ont-ils bénéficié de ce dispositif ? 

À ce jour, 1 000 commerces en ont profité sur les 1 700 de la ville. Ni les centres commerciaux, ni les pharmacies ne sont concernés par cette démarche. Nous avons fourni à chacun une cinquantaine de masques et une borne de gel hydroalcoolique produite par une société alésienne Citynox. Il s’agissait-là de la première vague. À l’annonce de la réouverture des bars et des restaurants, que nous espérons en juin, nous organiserons une deuxième vague. 

Une application de e-commerce ?

Vous travaillez également sur la création d'une application de e-commerce, comme la ville d'Alès ? 

Oui mais pour l'heure nous n'en sommes qu'au projet. Celle d'Alès mise en place avec CCI France est un peu chère pour les commerces. Aujourd’hui, 80% des achats en ligne se font sur smartphone. Nous aimerions travailler au lancement d’une application avec l’aide de l’association Cœur de Nîmes qui pourrait bénéficier d’une subvention de la Ville pour porter le projet. Ce qui est cher, c’est toute la logistique pour mettre en service l’application. Il faut que les commerçants puissent prendre en photo leurs produits avant de les référencer sur l’application.

Concernant les aides, pourriez-vous allez plus loin ? Certaines communes offrent des bons d’achat de 50 euros par famille sur présentation d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile… 

Je l’ai proposé au maire. Le problème, c’est que pour être réglementaire, la Ville doit lancer un marché public. Elle ne peut pas le faire seule. C’est le même principe que les chèques cadeaux Fédébons. Mais avant de se lancer là-dedans, il va falloir faire les comptes... Notre plan de 4,2 M€ est quand même très important. 

Une autre mesure : la possibilité donnée aux restaurateurs et bars d’étendre gratuitement leurs surfaces lors de leur réouverture...  

On n'en a pas encore parlé. Toutefois en matière d’occupation du domaine public, c’est mon collègue Pascal Gourdel qui s’en occupe. Ce type de mesure pourrait être mis en place mais ça sera du cas par cas. Il y a des terrasses que l’on peut réaménager comme celle de l’Annaba devant le théâtre de Nîmes. Pour d’autres c'est impossible, elles se trouvent près de voies handicapés ou réservées au passage des secours.

Divergences avec l’Agglo

 La galerie Cap Costières a pu rouvrir. Un espace fermé avec des boutiques... N’y a-t-il pas une forme d’injustice à l’égard des bars et restaurants qui, eux, restent fermés ? 

Une forme d’inégalité… Bon, le Gouvernement a fait part de sa volonté de rouvrir étape par étape. Bien sûr que l’on aimerait que les bars et restaurants puissent rouvrir dans de bonnes conditions. On attend les instructions du Gouvernement. Certains restaurants comme le Skab ou le bistrot de Tati Agnès se sont toutefois lancés dans de la vente à emporter.  

Enfin, la crise sanitaire n’a pas gommé les clivages entre la Ville et l’Agglo. Pourtant, des mesures conjointes n’auraient-elles pas pu être prises pour aider les commerçants ? 

Peut-être… À ce sujet, l’Agglo pourrait aider financièrement les associations de commerçants et aurait également pu maintenir la gratuité des transports en commun pour renforcer l'attractivité du centre-ville.

Propos recueillis par Coralie Mollaret 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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