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SALLES-DU-GARDON Alès Agglomération commande 60 000 masques à l’entreprise Sika

Frédéric Burgals, gérant de Dexel (Photo ville d'Alès)

Spécialisée dans le béton désactivé prêt à l'emploi, l'entreprise Sika, basée aux Salles-du-Gardon, s'est reconvertie dans la fabrication de masques. Après une première commande de 120 000 masques, dont 60 000 pour Alès Agglomération, Frédéric Burgals, le directeur, espère pouvoir en réaliser près de 20 000 par jour.

Sika, une entreprise spécialisée dans la fabrication de matériaux de construction, installée aux Salles-du-Gardon, a réinventé son outil industriel pour se lancer temporairement dans la fabrication de masques de catégorie 2 (usage non sanitaire). Avec cette reconversion ponctuelle Frédéric Burgals, le directeur de l’usine, a pu remettre sa vingtaine de collaborateurs au travail. "Au-delà de la reprise d’activité, nous souhaitions avant tout trouver un moyen de participer à l’effort général, avec uniquement les matériaux et les outils que nous avions sous la main parce qu’il faut bien se rendre compte qu’il y a pénurie de tout !", explique-t-il.

Ce dernier a donc décidé de se lancer dans la fabrication de masques de protection,"un masque c’est relativement simple : c’est de la matière et un élastique." Pour pouvoir mettre au point ce masque, deux semaines de recherche ont été nécessaires. Pour la matière principale, l'entreprise cévénole a trouvé la solution parmi ses produits en utilisant un polyester non-tissé qui est au catalogue pour servir d’écran de séparation lors de l’étanchéification des toitures.

Dédiée en temps normal à la fabrication de pochoirs décoratifs, une machine a été adaptée en urgence pour la découpe de ce tissu. Celui-ci est ensuite mis en forme à l’aide d’une soudeuse à ultrason acquise spécialement par l’usine.

Des matériaux de construction aux masques, il n'y a qu'un pas (Photo Alès Agglomération)

"Le plus délicat, c’était de recréer les élastiques, avoue Frédéric Burgals. Après de nombreux essais, nous avons retenu un joint silicone en pâte qui, au final, présente des caractéristiques similaires au caoutchouc." Un bras robot dépose avec précision le silicone en cordon qu’il faut laisser sécher.

Pour pouvoir être commercialisé, le masque de Sika a passé tous les tests officiels avec succès. Les performances de filtration des particules et de perméabilité à l’air ont été validées dans les laboratoires de la Direction générale de l’Armement (DGA). La "respirabilité" a quant à elle été approuvée par l’Institut français textile & habillement (IFTH).

Une reconnaissance par les autorités françaises compétentes qui a permis de donner le top départ de la production le 4 mai dernier. "Quand nous serons à plein régime, nous pourrons sortir 20 000 masques par jour", assure le chef d'entreprise. Pour le moment, il doit répondre à une commande de 120 000 masques vendus à prix coûtant, destinée à l'École des Mines d'Alès, aux usines européennes du groupe Sika et à Alès Agglomération, qui en a demandé 60 000 pour ses concitoyens.

"C’est d’abord un moyen de soutenir l’économie locale. Mais c’est aussi l’opportunité pour la collectivité de constituer un stock de réserve. À l’heure où les fournisseurs du monde entier sont incapables de vous assurer le respect des délais de livraison, voire carrément les livraisons, nous, nous pouvons aller aux Salles-du-Gardon nous approvisionner, nous savons qu’ils sont produits !", a réagi Max Roustan, président de l'Agglo, qui avait également commandé 150 000 masques en tissu.

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