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NÎMES Pillage dans un bureau de tabac : les gilets jaunes ont bon dos

Accablant au début de l'enquête, le patron du tabac a des doutes... Deux prévenus sont relaxés après un pillage dans un bureau de tabac du mas de Mingue.

Photo d'illustration DR/

La scène filmée par les caméras de vidéosurveillance est édifiante. Il fait nuit ce 9 décembre 2018 à 19h15...

Une quinzaine d'individus, la plupart avec des gilets jaunes sur le dos, déboule dans le bureau de tabac du Mas de Mingue. La caissière est laissée de côté, mais des hommes se dirigent immédiatement vers une caisse cachée qui doit contenir de l'argent. D'autres vont dans la réserve et dévalisent les cartouches de cigarettes. Un dernier vole des paquets de chips. Des chips qui vont mener vers un suspect ?

L'expédition est quasi-militaire : un homme tient la porte, un autre surveille l'extérieur, deux autres fouillent le magasin et plusieurs se dirigent vers la réserve. L'opération se déroule en quelques secondes. Le préjudice s'élève à 11 000 euros. Rapidement la piste des gilets jaunes, qui manifestent à cette période, est abandonnée pour s'intéresser à une filière beaucoup plus locale. D'autant que le patron à des soucis avec un employé contre qui il vient de porter plainte pour vol.

"Vous faites état à la police après visionnage des caméras de votre magasin de forts soupçons concernant deux anciens employés. Vous donnez notamment des précisions sur un ancien salarié qui est friand de chips et qui ressemble fortement à la silhouette et à la démarche d'un individu qui fait partie des malfaiteurs", indique le président du tribunal correctionnel, Olivier Sabin.

Le commerçant s'insurge et nie maintenant à la barre avoir été aussi précis. Bien au contraire, il explique maintenant qu'il a de sérieux doutes et il prétend ne pas reconnaître les deux hommes qu'il a ciblé au départ. Deux hommes qui étaient renvoyés lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

Le patron du bureau tabac du quartier du mas de Mingue a même pris soin d'envoyer une lettre au tribunal juste avant l'audience pour indiquer qu'il ne pouvait pas identifier les deux hommes comme les voyous qui ont déboulé dans son magasin.

"Vous faites l'objet de pression monsieur", demande le président au commerçant. "C'est une erreur, je n'ai pas dit ça moi. Je ne peux pas les reconnaître sur la vidéo", répond le commerçant.

"Pourtant au début de l'enquête, c'est vous qui donnez d'importantes précisions et vous êtes affirmatif en désignant vos deux anciens employés, complète le président Sabin. C'est un rétropédalage à 180 degrés".

"C'est un dossier délicat. Je suis bien embêté aujourd'hui pour soutenir l'accusation, il n'y a pas de certitude. Les individus agissaient les visages dissimulés, lance le vice procureur, Arnaud Massip. Il n'y a aucune preuve. On a une vague tenue vestimentaire pour l'un des prévenus, une démarche, une silhouette qui se rapproche pour l'autre. C'est insuffisant. D'autant que le commerçant n'est plus sûr de lui. La seule certitude c'est que cette action de pillage de la part d'individus munis de gilets jaunes n'a rien à voir avec le mouvement social des gilets jaunes", complète le représentant du parquet de Nîmes qui s'en remet à la sagesse du tribunal.

Pour maîtres Pauline Garcia et Elsa Longeron, il ne s'agit pas de doutes mais de certitudes. Elles affirment en coeur que les deux hommes renvoyés devant le tribunal ne sont pas ceux qui ont dévalisé le bureau de tabac du quartier. Des plaidoiries qui seront finalement entendues par la juridiction qui a décidé de relaxer les deux prévenus. À ce jour il n'y a plus de mis en examen ou de suspect dans ce dossier qui reste non élucidé.

 

 

 

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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