Faits Divers

BAGNOLS/CÈZE L’inquiétante dérive de deux naufragés de la vie

Le commissariat de police de Bagnols (Photo d'archives : Thierry Allard / Objectif Gard)

Tribunal. Des coups d’une violence extrême : quatre côtes cassées, le visage tuméfié, le nez fracturé et des fractures de l’orbite et de la clavicule avec 30 jours d’ITT délivrés par un médecin légiste pour une première victime...

La seconde victime qui n’est pas venue à l’audience du tribunal correctionnel de Nîmes, a eu sa main mise de force sur la plaque surchauffée de la cuisinière et une cigarette brûlante écrasée sur le front, des coups aussi... Son agression a duré toute la nuit. Au milieu du calvaire, cette victime aura la lucidité de faire croire à ses agresseurs que demain ils pourront retirer sur son compte bancaire son immense fortune, c’est-à-dire sa mensualité du RSA !

Le lendemain matin, en allant au guichet de La Poste de Bagnols-sur-Cèze, le malheureux, sévèrement blessé, demande de l’aide et la police va intervenir grâce à l’alerte donnée par une fonctionnaire.

On peut évoquer « la barbarie » souligne d’ailleurs le procureur de la république de Nîmes, Éric Maurel, durant le procès et, à écouter la longue litanie des souffrances endurées, on se dit que cette affaire aurait pu se retrouver devant une autre juridiction, celle des assises.

Dans ce milieu de marginaux, impossible de savoir pourquoi ces expéditions punitives sont survenues. Ce voyage au bout de la nuit et de la terreur s’est déroulé du 5 au 6 mars dernier, avec deux hommes qui pénètrent dans un logement de l’association Riposte à Bagnols-sur-Cèze. Une location mise à disposition de personnes en souffrance, d’anciens SDF. Dans deux chambres fermées, des pensionnaires sont dans leurs lits, calmes. Mais d’un seul coup, deux individus font exploser les portes pour s’acharner pendant des heures sur les deux malheureuses victimes. Pour deux téléphones, une veste à 160 euros, quelques euros...

Les deux agresseurs sont en détention provisoire depuis les faits

Le plus jeune, 18 ans à peine, ne parle que de son passé, de l’abandon de sa famille, mais n’évoque jamais son avenir. Son seul futur semble tourné vers son prochain joint, son addiction, sa « défonce ». Un garçon inquiétan, qui ne parviendra jamais au cours de cette audience à prendre conscience de la gravité des actes.

Le plus âgé, 48 ans, a déjà été condamné aux assises. « Je vais demander des peines à la hauteur de l’extrême violence », déclare d’emblée le procureur Maurel en réclamant 8 ans et 6 ans. Deux complices sanctionnés finalement par le tribunal correctionnel, qui était présidé par Christine Ruellan, à 6 ans de prison ferme chacun avec un maintien en détention. Un des deux, le plus âgé, a vu sa peine assortie d'une interdiction de territoire pendant 10 ans.

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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