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MUNICIPALES À Nîmes, Lachaud et Richard essaient de défendre leur union…

Yvan Lachaud, président de Nîmes métropole et tête de liste de "Nîmes en mieux" et Daniel Richard, ex-tête de liste de "Nîmes, une ville nommée désir" (Photo : Corentin Corger)

Dans cet entre-deux tours des Municipales, le président centriste de Nîmes métropole s’est allié avec l’écologiste Daniel Richard. Reste à savoir si cette arrivée lui fera plus de bien que de mal… 

Ce mardi, jour de réouverture des bars, une conférence de presse était organisée à la brasserie Le Jean-Jaurès. Très franchement, elle valait le détour. L’objectif était pour les deux candidats, Yvan Lachaud, président de Nîmes métropole et tête de liste Nîmes en mieux et Daniel Richard, tête de liste de Nîmes une ville nommée désir, de justifier leur récente alliance. Une alliance critiquée par beaucoup. Et pour cause. 

Il y a encore quelques semaines, Daniel Richard taclait généreusement son rival : « Il (Yvan Lachaud) a géré de façon catastrophique l’Agglo. D’ailleurs, la Cour des comptes ne peut pas publier son rapport puisqu’elle n’a pas eu la réponse d’Yvan Lachaud. S’il était honnête et qu’il ne craignait rien, il rendrait public ce rapport. » À l’époque pour Daniel Richard, pas de doute : Yvan Lachaud, centriste et soutenu par La République en marche, incarnait « ce vieux monde », dont l'écologiste voulait se débarrasser. 

« On ne se pose pas ces problèmes de trahison »

Aujourd'hui, force est de constater que Daniel Richard a changé son fusil d’épaule. « Au premier tour avec 12,1%, nous avons perdus. La seule solution pour que nous puissions arrêter les vingt ans de domination d’une équipe non-écologiste (dont Yvan Lachaud a fait partie en tant qu’ex-adjoint aux Finances du maire Jean-Paul Fournier, ndlr) est une alliance avec Yvan Lachaud », justifie le candidat. Et d’ajouter : « Yvan Lachaud et moi sommes des chefs d’entreprises pratiques et réalistes. On ne se pose pas ces problèmes de trahison. » 

La « trahison » dont parle Daniel Richard, c’est celle ressentie par les partenaires de sa liste : le Parti socialiste et France insoumise. Séduite par ce nouveau candidat non-encarté, une partie de la Gauche nîmoise a voulu surfer sur la vague écolo. Celle-ci a donc tourné le dos au Parti communiste, préférant faire confiance à un Daniel Richard, « ni de Droite, ni de Gauche » et méconnu de la plupart des Nîmois. À ce sujet, Daniel Richard rejette la faute sur ses ex-alliés : « Ils sont allés voir le Parti communiste pour négocier. Moi, je me suis toujours opposé à une alliance avec ce parti qui n’a jamais brillé par ses positions écologistes. Pour moi, c’est une rupture absolue. »

Des concessions dans leur union

Reste à savoir en quoi ce mariage est bénéfique pour ces deux candidats et leur électorat. Après avoir déclaré que s’il n’était pas maire, Daniel Richard quitterait la politique, l’homme à la crinière blanche dit là-aussi avoir revu sa copie. Pour aider à la transition écologique « absolument vitale à Nîmes », Daniel Richard, troisième sur la liste d’Yvan Lachaud, devrait occuper une délégation à la transition écologique, au bien-être animal et demande même la présidence du SITOM du Gard (Syndicat intercommunal chargé du service public du traitement des déchets). 

Les deux candidats expliquent avoir fait des concessions dans leur intrigante union. Yvan Lachaud refuse désormais l’implantation d’un deuxième four à Nîmes et Daniel Richard ne s’opposera pas à son implantation dans une autre ville du Gard. Autre fléchissement, « la partie redessanaise de Magna Porta (zone d’activité économique autour de la gare LGV Nîmes-Pont du Gard), restera dédiée à l’agriculture et il n’y aura plus d’espace pour l’industrie », avance Daniel Richard.

Un encombrant allié pour Yvan Lachaud ?

Pour Yvan Lachaud, qui a récolté 15,7% au premier tour, Daniel Richard était le seul potentiel allié qu’il pouvait s’agréger. Une manière pour le président de Nîmes métropole de créer la dynamique en musclant sa ligne écologiste (Daniel Richard a perdu l'étiquette EELV, ndlr) et en envoyant un signal à ses électeurs. « Avec Daniel, on incarne le contraire d’une vieille société politique arcboutée sur l’appartenance à des partis politiques, répond Yvan Lachaud. Si l’on veut changer les choses dans cette ville, c’est par l’alliance et la complémentarité. » Les électeurs décideront, le 28 juin, si cette alliance est une trahison ou une véritable union. 

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Pour rappel : au premier tour des municipales nîmoises, le maire sortant Jean-Paul Fournier est arrivé en tête des suffrages avec 34,3% des voix ; 15,7% pour Yvan Lachaud ; 15,6% pour Vincent Bouget et 14,3% pour Yoann Gillet. 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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