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CÔTES-DU-RHÔNE Après la crise, les vignobles de la vallée du Rhône rebondissent

Philippe Pellaton, vice-président d'Inter Rhône et président de la Maison Sinnae, Michel Chapoutier, président d'Inter Rhône, et Étienne Maffre, vice-président d'Inter Rhône, ont tenu une conférence de presse ce jeudi après-midi à la Maison des vins d'Avignon. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ce jeudi après-midi, une conférence de presse a été organisée par les vignobles de la vallée du Rhône. L'occasion de faire le point sur la situation avant, pendant et après la crise liée au covid-19. 

La Vallée du Rhône, c'est "un patrimoine hors du commun" comme aime le rappeler Michel Chapoutier, président d'Inter Rhône, avec 14 routes des vins, 500 caveaux, 17 plus beaux villages de France... Il a d'abord pris la parole pour rappeler les nouvelles habitudes de consommation auxquelles les vignobles de la vallée du Rhône doivent s'adapter : "La consommation de vin rouge baisse. La nouvelle génération aime boire "frais" et les vins rouges sont souvent servis trop chauds. Les repas pris à la maison se simplifient, souvent plus courts et en seul plat et donc il faut des vins qui ont une place sur tout le repas."

Pourtant les vins Côtes-du-Rhône sont à 75% des rouges, avec 2 093 064 hectolitres produits en 2019. Seuls 10% sont des blancs, 15% des rosés et 3% des effervescents. Un repositionnement est envisagé dans les années à venir pour apporter plus de fraîcheur à la consommation ou changer de couleur pour plus de blanc.

Il y a un autre élément de contexte plus récent qui avait déjà fait boitiller la filière avant le confinement, c'est la taxe de 25% sur les alcools inférieurs à 14° à exporter sur le marché américain. Pourtant c'est devenu en 10 ans le premier débouché export en volume et en valeur. Une bouteille de Côte-du-Rhône sur trois est commercialisée à l'export, principalement aux États-Unis (17% des exports en 2019) suivis du Royaume-Uni et de la Belgique (16%).

Un recul de 30% des sorties de chais sur avril 2020

Globalement, les vignobles de la Vallée du Rhône se portent quand même plutôt bien grâce à une large gamme pouvant répondre à une ample demande et une forte présence en CHR (cafés hôtellerie restaurants). Selon la dernière étude sur la restauration menée en France en 2019, les AOC de la Vallée du Rhône se retrouvent sur la carte de 75% des restaurants de l'Hexagone.

Forcément, la fermeture des établissements pendant deux mois et demi a eu un impact sur les ventes. "Notre activité a été fortement pénalisée pendant ces mois de confinement avec des sorties de chais qui sont en recul de 20% par à rapport à l'an dernier sur le mois de mars, -30 % sur avril et -9% en cumul annuel mobile à fin mai, explique Étienne Maffre, vice-président d'Inter Rhône. C'est dû à la disparition des commandes pendant confinement, à des problèmes logistiques, d'approvisionnement et à une fréquentation des caveaux qui a fortement baissé."

Les ventes en GMS (grandes et moyennes surfaces) se sont relativement maintenues : les AOC Vallée du Rhône enregistrent tout de même un léger recul de 1,7% de leurs ventes en valeur en mars 2020 (mieux que la performance annuelle de -4,1%). Le e-commerce a fait son bonhomme de chemin aussi pendant le confinement alors que le secteur traditionnel a été plus durement touché.

"Les aléas climatiques sont plus forts que 2-3 mois de covid"

Philippe Pellaton, vice-président d'Inter Rhône, s'est ensuite exprimé sur l'après, sur le point de bascule qui nous attend. Il tient à rassurer tout d'abord : la distillation de vin n'est pas à l'ordre de jour. Le vice-président est plutôt optimiste quant à la suite de cette crise passagère et pas structurelle : "Je suis beaucoup plus inquiet pour le gel d'il y a trois mois, de la grêle récemment... À tel point qu'on se demande si on ne va pas manquer de vin en volumétrie pour l'année 2020. Les aléas climatiques sont plus forts que 2-3 mois de covid."

Il pense notamment à l'épisode violent de grêle qui a durement touché les vignes à Lirac vendredi dernier, profilant une année blanche pour les vignerons de la commune. Plus largement, l'impact de ces phénomènes météorologiques pourrait toucher de 20 à 30 % de la production dans le Gard et le sud de l'Ardèche.

Dans sa stratégie, Inter Rhône prévoit un plan de proximité et de s'appuyer sur ses 500 caveaux de vente. Et ainsi de multiplier les petits événements à taille humaine, à l'image de la Maison Sinnae à Laudun-Chusclan dont Philippe Pellaton est aussi le président. La voilure va être légèrement réduite pour les exports à l'étranger pour être réinjectés vers la France. Un coup de pouce sera aussi donné au CHR avec une TVA de 10% sur les vins pendant six mois. Des kits de dégustation sont aussi en réflexion pour inciter les personnes à consommer dans l'air du temps et soutenir la filière. Au total, Inter Rhône prévoit un plan de relance sur 6 mois chiffré à 2 millions d'euros de budget en fond propre.

Marie Meunier

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