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LIRAC Viticulteurs touchés par la grêle : le député Anthony Cellier en visite pour constater les dégâts

Le député milite pour une assurance généralisée pour la grêle.

Le député Anthony Cellier, avec le maire Cédric Clémente, est venu constater les dégâts causés par la grêle dans les vignobles de la commune de Lirac. (DR)

Ce vendredi, le député Anthony Cellier a fait un nouveau déplacement à Lirac, qui une semaine auparavant a été touchée durement par un épisode de grêle violent. Pour rappel, cet orage de grêle localisé sur le village a sévi deux fois 10 minutes vers 18h et a détruit entre 80 et 90 % des vignes. Le député en a profité pour aborder le sujet de l'assurance globale des parcelles. 

En effet, seuls 10 à 15 hectares de parcelles sur la commune de Lirac semblent être sauvés. Du jamais vu de mémoire d'habitant... Avec le maire, Cédric Clémente, le député a constaté les dégâts occasionnés par ce phénomène météorologique sur les bâtiments également : volants roulants, gouttières, crépis, mais aussi sur les véhicules.

Ils se sont aussi rendus sur les terres AOC Lirac d'Isabelle Boulaire, installée depuis 2003. La viticultrice est particulièrement désemparée face à l'étendue des dégâts : "Mon souci, c'est que tout le vignoble est sur Lirac-même. Sur mes 18 hectares et demi, 17 ont été touchés. Il n'y a qu'un seul hectare et demi qui ne l'a été que légèrement." Une telle proportion résultant aussi des méfaits du gel de fin mars : "La problématique c'est que les feuillages ont moins poussé, étaient moins denses et ont donc moins protégé la vigne." Elle estime sa récolte à 90% perdue, même "s'il faut voir comment la vigne se comporte à l'état végétatif."

Pas d'assurance pour la grêle

Comme la quasi globalité des viticulteurs de la commune, elle n'est pas assurée pour la grêle. Elle a résilié son assurance au bout de 4-5 ans après son installation pour faire des économies. Il faut dire qu'un épisode si violent à cette période de l'année et à ce niveau de floraison est extrêmement rare. "La Chambre d'agriculture du Gard s'est rapprochée de toutes les autres de France pour demander conseil...", assure-t-elle.

17 des 18 hectares et demi d'Isabelle Boulaire ont été touchés durement par l'épisode de grêle du vendredi 29 mai. (DR)

Pour supporter la crise liée au covid-19, Isabelle Boulaire avait déjà contracté un prêt proposé par l'État, "mais 15 jours après, il y a eu la grêle, j'ai dit à ma banque que je ne pourrai pas le rembourser dans un an." Elle poursuit : "Ce n'est pas mon truc de faire des emprunts. J'ai la chance d'avoir un stock, la solution maintenant c'est de la vendre mais avec cette histoire de covid, on ne peut même pas." Il est vrai que les restaurants commencent tout juste à rouvrir, les ventes sont très limitées notamment à l'étranger...

L'autre inquiétude de la viticultrice c'est aussi de perdre ses marchés déjà existants : "Si pendant un ou deux ans, les clients n'ont pas la cuvée habituelle, ils vont aller voir ailleurs. On peut les perdre déjà que c'est compliqué d'en trouver..." Pour les vendanges, elle se concentrera surtout sur sa parcelle qui a été la plus épargnée mais qui sera aussi réduite par le gel de fin mars, et qui donnera, selon elle, 30 à 40% de la récolte habituelle.

"Ce type d’épisodes naturels dramatiques de sécheresse et de grêle sont, malheureusement, appelés à se reproduire et à s’intensifier"

Plus globalement, à l'échelle de la commune, que ce soit au niveau des feuilles, des sarments ou des fruits, les vignes sont donc très abîmées. 2021 et 2022 seront probablement des années blanches en termes de vinification et de vente. Pas de production donc et en plus, les viticulteurs devront traiter leurs vignes afin d'éviter tout risque de prolifération de maladies qui pourraient encore plus les fragiliser.

Le constat est que beaucoup d'agriculteurs ne sont pas assurés pour la grêle car cela a un certain coût. Les modalités de remboursement s'établissent sur les rendements des cinq dernières années (en excluant la meilleure et la moins bonne). Le député est pour que l'assurance des exploitations "devienne la règle". Pour autant, il faut selon lui, "une réflexion qui doit-être nationale et collégiale, rassemblant l’ensemble des filières (viticole, arboricole, céréalière…). Pour que le système soit viable, il sera nécessaire d’élaborer un fond de péréquation réunissant toutes les composantes de l’agriculture française afin que l’assurance soit à la portée de chaque agriculteur."

Il ajoute : "C’est un sujet central, au même titre que l’irrigation, au regard du réchauffement climatique, et de l’urgence à nous y adapter pour que notre agriculture perdure. En tant que rapporteur de la loi Énergie-Climat, votée l’année dernière, j’ai souhaité voir inscrire, au sein même de la loi, « l’urgence écologique et climatique », comme un rappel de l’impérieuse nécessité à agir. Ce type d’épisodes naturels dramatiques de sécheresse et de grêle sont, malheureusement, appelés à se reproduire et à s’intensifier." Dernier argument partagé par Isabelle Boulaire qui réfléchit très sérieusement à souscrire son assurance.

Marie Meunier

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