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CRIMES ET DÉLITS : « Tu veux un cadeau pour ton anniversaire ? C’est bien moi qui ai fait le coup ! »

(Photo d'illustration : Anthony Maurin)

Des drames, des crimes, des dossiers non résolus, mais aussi des affaires insolites. Tous les jeudis de l'été, à 11h30, nous vous proposons de pénétrer dans l'univers judiciaire, avec des enquêteurs, des experts, des juges qui racontent ces crimes qui ont marqué leur existence.

Commençons cette série estivale par une histoire de braquage. Les policiers sont certains de détenir l'auteur du vol avec arme dans une bijouterie. Mais cet homme connu de la justice, habitué des gardes à vue, ne risque pas de parler si les enquêteurs ne lui apportent pas des "billes" prouvant sa participation au braquage. Pourtant un grain de sel, ou plutôt un verre de whisky va faire basculer l'enquête. On vous raconte pourquoi...

Les policiers de la Sûreté urbaine de Nîmes fêtent un anniversaire dans un bureau de la brigade criminelle installée à l'époque avenue Feuchères. Dans la pièce d'à côté se trouve un homme d'une trentaine d'années qu'ils suspectent fortement d'être l'auteur du braquage survenu le matin même au quartier de Pissevin à Nîmes. Ce 19 novembre 1992, une bijouterie qui a pignon sur rue est braquée tôt le matin par un homme le visage dissimulé, porteur de gants, qui menace les commerçants une grenade à la main.

Un suspect qui parviendra à prendre la fuite avec un sac à dos rempli de bijoux, de montres. Le préjudice est important et les éléments à disposition des enquêteurs sont bien minces à un seul détail près qui va avoir dans cette affaire une importance capitale : il s'agit d'un homme de forte corpulence.

"Dans n'importe quelle affaire il pourrait s'agir d'un élément parmi tant d'autres sauf que ce jour-là quelques heures plus tard un équipage de la brigade anti-criminalité va être appelé pour un incident familial. En l'occurrence, un homme voulait voir son fils et son ex-compagne refusait. La situation a dégénéré et l'homme appréhendé était de forte corpulence. Comme le braquage était situé près de là et que le mis en cause était proche du banditisme il va faire rapidement figure du suspect", se rappelle Gilles Decelle, l'ancien commandant du groupe criminel.

Les bijoux volés retrouvés rapidement

"Les doutes étaient de plus en plus important et j'ai demandé à des collèges de se rendre à l'endroit où il avait été interpellé. Là, ils vont découvrir les bijoux volés le matin près d'un escalier du rez-de-chaussée"', poursuit le commandant Decelle. L'homme interpellé est de plus en plus suspect mais aucune preuve ne corrobore les certitudes des enquêteurs et l'homme nie farouchement.

Il est près de 21h ce 9 novembre 1992 lorsque les hommes de la "crim" trinquent à la santé du commandant qui fête son anniversaire et emmène un verre à son collègue qui fait face au braqueur présumé. "Tu veux un verre", lui demande le commandant. "Tu le ferais ?", répond du tac au tac le mis en cause. "Bien sûr !, répond le policier. Tu veux quoi ?". "Je veux un whisky", lui répond son vis-à-vis.

Quelques secondes plus tard, le gardé à vue savoure son alcool préféré et là, contre toute attente, il regarde Gilles Decelle droit dans les yeux et l’interpelle : "Tu veux un cadeau pour ton anniversaire ? C'est bien moi qui ai fait le coup à la bijouterie !". Des aveux qu'il réitérera quelques minutes plus tard face à l'officier de police judiciaire qui prend sa déposition. Des propos qui le conduiront en prison pour cinq longues années. Ce jour là, un verre offert à un suspect a permis de résoudre une affaire de braquage. Comme le dit l'adage, in vino veritas (*) !

Boris De la Cruz

*  Dans le vin, la vérité.

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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