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VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON Nouvelle exposition « Entre quatre yeux » à l’abbaye Saint-André

Jean et Christine Viennet exposent dans "Entre quatre yeux" jusqu'au 6 septembre, à l'abbaye Saint-André. (Marie Meunier / Objectif Gard)

L'art invite à la contemplation. Mais qu'en est-il quand les œuvres vous observent ? La nouvelle exposition à l'abbaye Saint-André a beau s'intituler "Entre quatre yeux", difficile d'avoir une impression de tête-à-tête au milieu de toutes ces visages féminins.

L'abbaye Saint-André a ouvert ses galeries intérieures aux artistes de la famille. Tout d'abord, à Christine Viennet, céramiste de renom, spécialiste des assiettes en trompe-l’œil, inspirée par la démarche du naturaliste, Bernard Palissy (1510-1589), qui se plonge dans un univers très abyssal depuis 2008. L'exposition dévoile toute une année de son travail. Un travail portant sur les mutations et les créatures marines entre poésie, réalisme et imaginaire, dont découlent des têtes de femme en grès émaillé.

Ces visages humains sont ornés de coiffes fantaisistes inspirées par la nature et surtout par la mer. Chacune de ces têtes de femmes semblent représenter des déesses gardiennes d'un sanctuaire à préserver ou bien des femmes vulnérables porteuses des secrets de la genèse. C'est comme si elles s'étaient élevées des profondeurs pour partager histoires et légendes.

Jean Viannet représente dans ses portraits un double regard : un vers l'extérieur et l'autre plus profond, plus intérieur, plus écorché. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ces visages féminins, ils se retrouvent aussi sous les traits de fusain de Jean Viennet, qui n'est autre que le descendant du mécène Gustave Fayet qui a acquis l'abbaye Saint-André en 1916. Jusqu'à présent, il s'adonnait dans les huiles saturées de couleurs, de corps dans des scènes surréalistes. C'est dans un autre registre qu'on le retrouve cet été.

Ces visages ont tous quatre yeux : une paire qui vous regarde, une autre qui est attirée ailleurs. Symbole de l'être et de l'esprit. Ce double regard illustre aussi le paradoxe de la communication humaine : "Quelqu'un qui vous regarde fixement, cela peut être gênant, mais en même temps, c'est pire quand la personne ne vous regarde pas", atteste Jean Viennet. On retrouve d'ailleurs ces quatre yeux sur plusieurs sculptures de sa femme, Christine Viennet.

Le clou de la visite est la découverte de la "Grotte fantastique" de Christine Viennet, hommage à son maître Bernard Palissy (1510-1589), naturaliste français de la Renaissance. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Le clou de la visite se passe un peu à l'écart des galeries, en se faufilant sous la pergola. Vous tomberez sur l'entrée de la "Grotte fantastique" de Christine Viennet. Une explosion de couleurs traduisant un univers foisonnant que seule la Nature peut offrir. Comme un hommage à son disciple, Bernard Palissy, Christine Viennet a composé cette grotte de près de 300 pièces de faïence représentant une scène à la fois aquatique et terrestre.

"Il a fallu presque une tonne de terre cuite pour le faire", précise l'artiste. Dans cet apparent embrouillamini harmonieux, on distingue reptiles, batraciens, souris, oiseaux mais aussi poissons, méduses, serpents tapis dans la mer. Le monochrome est absent de ce spectacle qu'on pourrait contempler des heures durant à la recherche du moindre détail dans cette nature grandiose.

Marie Meunier

Exposition temporaire "Entre quatre yeux" par Jean et Christine Viennet, jusqu'au 6 septembre. Tarif : 7€ (exposition et accès à la grotte compris dans le billet d'entrée des jardins). Plus de renseignements sur www.abbayesaintandre.fr.

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