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NÎMES MÉTROPOLE Les premières décisions politiques de Franck Proust

Le président de Nîmes métropole, Franck Proust, et Frédéric Touzellier, premier vice-président (Photo : Coralie Mollaret)

Le premier conseil communautaire de l’ère Proust a dessiné les prémices d’un plan de relance pour limiter l’impact de la crise économique liée à l'épidémie de covid-19. 

À Nîmes métropole, l’été sera studieux. La crise sanitaire - qui a décalé les élections municipales et communautaires - a retardé le démarrage des nouveaux exécutifs. Du coup, ce 16 juillet les 105 élus de Nîmes métropole étaient appelés au Colisée pour poursuivre l’installation de cette nouvelle mandature. « Ce n’est pas de la précipitation mais une volonté de fonctionner à marche forcée, comme on doit le faire par gros temps », a introduit le président, en allusion à la crise économique qui point à l'horizon.

Aux affaires, le président nîmois marque doucement son empreinte sur l’Agglo. Un œil (toujours) dans le rétroviseur, il n'a pas manqué pas de tacler son prédécesseur, Yvan Lachaud (absent à ce conseil, NDLR). « J’ai toujours été attaché au principe de subsidiarité des maires, indique Franck Proust. La précédente équipe a signé des documents pour l’achat de terrains à Saint-Dionisy destinés à accueillir la station d’épuration. Or, nous avions retiré cette délibération, les terrains étant jugés trop proches d’un lotissement. » Pour Franck Proust, il s'agit « d'un passage en force. Je vais annuler cette décision. » Dont acte.

Des organismes stratégiques

L'entrée en matière s’est poursuivie par un plat des plus copieux : l’élection des délégués dans différents organismes. Ces désignations sont parfois stratégiques, comme celle du Sitom Sud Gard, qui gère le traitement des déchets. Le président sortant Hervé Giély, proche d'Yvan Lachaud, ne peut être reconduit dans ses fonctions. Il vient d'ailleurs de démissionner. C'est le maire de Générac et premier vice-président, Frédéric Touzellier, - qui avait jusque-là échoué à s'emparer du syndicat - qui assure l'intérim. Par ailleurs les statuts du syndicat ont été modifiés : l'Agglo ne possède plus que 26 délégués contre 33 auparavant. Une manière « de réduire le nombre de participants pour équilibrer les territoires ». L'enjeu principal du Sitom restant le renouvellement de la délégation de service public, géré par Véolia.

Si ces désignations sont fastidieuses, l'opposition y est particulièrement attentive. Certains élus aspirent à entrer dans des lieux de pouvoir. La communiste Sylvette Fayet, membre du groupe La Gauche unie, citoyenne et écologiste intègre ainsi la commission de contrôle financier. Ladite commission surveillera la gestion des services publics, confiée à des entreprises privés. Qui ne se souvient pas du tollé autour de la gestion des transports et de l'eau sous la précédente mandature ? Vincent Bouget, président de groupe et ex-candidat aux municipales nîmoises, a préféré lui, la commission d’appels d’offres qui examinera les candidatures pour l’attribution de marchés publics. 

Transports et baisse de la CFE

Comme annoncé, le président Franck Proust a décidé de baisser les abonnements des transports scolaires. « Il n’y avait pas une minute à perdre pour soulager les familles de la charge du transport scolaire et s’aligner sur celles des transports régionaux. J’assume ce choix de solidarité et d’équité dans ces moments d’incertitude », a commenté le président.

Ces abonnement passeront de 150 € par an à 70 € (pour les trajets illimités) et 45 € (pour deux trajets par jour) dès septembre. Les élus de Gauche affichaient un large sourire même si Vincent Bouget a souhaité que l'Agglo aille plus loin, en demandant que les étudiants bénéficient de cette baisse. « Il faudrait aussi une réflexion sur la ligne 3 et 8 qui s’arrêtent trop tôt dans la journée » a demandé le communiste pour qui, la lutte continue. 

Le conseil a également entériné une exonération partielle de la CFE (cotisation foncière des entreprises). « C’est un devoir qu’aider ceux qui font vivre notre Agglomération », a estimé Franck Proust. Au total 800 entreprises vont bénéficier de ladite exonération, représentant deux tiers de la CFE soit 1,2 M€. Si le groupe Rassemblement national a applaudi des deux mains, l’ancien vice-président aux Finances et maire de Bouillargues, Maurice Gaillard, est plus dubitatif : « Je voudrais que l’on constate l’effet limité de cette aide accordée aux entreprises qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 15 M€. Une fois que cet argent sera distribué, ça ne fera que quelques centaines d’euros pour un artisan… » Le président le reprend : « Quelques centaines d’euros ? Un peu plus quand même… » Les bons comptes ne font pas toujours les bons amis. 

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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