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SOIR DE VICTOIRE En 2014, Robert Crauste raflait la mise pour 25 voix

Après l'avoir battu à trois reprises, Étienne Mourrut passe le pouvoir à Robert Crauste. (photo DR)

Tout l’été, Objectif Gard vous raconte les soirées de victoire de nos politiques gardois. Des soirées particulières à plus d’un titre, avec pour cette fois la victoire de Robert Crauste au Grau-du-Roi en 2014. 

"C'était l'élection ou jamais". Après avoir échoué à trois reprises face à l'indéboulonnable Étienne Mourrut, Robert Crauste raflait la mairie du Grau-du-Roi en 2014, pour 25 voix. "Je suis arrivé au Grau-du-Roi en 1982 et j'ai voulu m'investir dans la vie de la cité. Je me suis présenté au maire de l'époque, Jean Bastide. Sept ans plus tard, je franchissais le pas et me présentais sur la liste de Michel Picon, ce qui m'a permis d'être élu dans l'opposition", se rappelle-t-il.

Prenant de l'expérience et gagnant légitimité année après année, Robert Crauste se présente comme tête liste aux trois élections suivantes, toutes remportées au premier tour par Étienne Mourrut. "Si mes souvenirs sont bons j'ai dû faire 22% en 1995, 31% en 2001 et 42% en 2008, détaille-t-il. J'ai un métier  en dehors de la politique et je n'étais pas particulièrement pressé de gagner. Entre temps, je suis devenu conseiller régional aux côtés de Georges Frêche et j'ai poursuivi mon apprentissage de la politique."

Robert Crauste aux côtés de Georges Freche, l'un de ses mentors. (Photo DR)

Malade, Étienne Mourrut ne se représente pas en 2014 et désigne Léopold Rosso comme son successeur. Mais des dissensions éclatent la Droite et Robert Crauste peut enfin croire en ses chances de victoire. "C'est vrai que le contexte m'était favorable, reconnaît-il. En cas de nouvelle défaite, j'aurai probablement laissé tomber la politique, car cette fois, j'avais un vrai coup à jouer. Je pense aussi que mon départ du Parti socialiste et mon éloignement des postures politiciennes m'ont avantagé. ." 

161 voix de retard au premier tour

Pourtant, après le premier tour, c'est bien Léopold Rosso qui vire en tête avec 161 voix d'avance sur Robert Crauste. "Il n'avait pas réussi à faire le trou, c'était plus un échec pour lui que pour moi", estime ce dernier. D'autant que même distancés, Bernard Luciani (Divers droite) et Yvette Flaugère (Front National) décident de se maintenir au second tour. Une soirée qui restera gravée dans la mémoire de Robert Crauste.

"On a été au coude à coude tout au long du dépouillement et il y avait beaucoup de tension au bureau centralisateur, raconte-t-il. Avant la dernière enveloppe, Léopold Rosso était encore légèrement en tête. Mais ces ultimes bulletins de vote venus d'un bureau du Boucanet ont fait basculer l'élection de mon côté. Pour 25 voix. Plusieurs de mes colistiers n'en croyaient pas leurs yeux, mais l'on avait bien gagné."

Entouré de son équipe Robert Crauste célèbre sa première victoire. (Photo DR)

Après une campagne particulière déroulée dans un climat de tension extrême avec de nombreux règlements de comptes sur les réseaux sociaux, Robert Crauste vit un début de mandat tout aussi peu ordinaire. "La première semaine était particulière. J'ai été reçu par Étienne Mourrut un mardi pour une longue conversation, le mercredi je m'installais dans le bureau du maire. Le jeudi, veille de mon investiture, la mairie quittait le quai Colbert pour s'installer dans l'Hôtel de Ville actuel, explique Robert Crauste. La passation de pouvoir était émouvante, surtout pour Étienne Mourrut qui quittait la mairie après 31 ans aux manettes. Dans mon discours, je lui ai dit combien j'avais appris à ses côtés. Il a sans doute été mon meilleur formateur." 

Sur le plan politique, le démarrage est lui aussi difficile. "Il a fallu changer deux fois de directeur général des services (DGS), gérer le surendettement de la commune et se séparer de colistiers qui voulaient aller trop vite, énumère Rober Crauste. Mais on a su faire l'effort immédiatement sur la sécurité et on s'est donné les moyens de lancer des projets qui ont vu le jour au cours du mandat. Lors de cette première année, on a posé les bases de notre bilan."  Un bilan, qui, combiné à une Droite toujours pas réconciliée, lui a permis d'être largement réélu en 2020.

Boris Boutet

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