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DANS LE RÉTRO En 1970 à Nîmes, Claude François changeait de vie

Claude François aux arènes de Nîmes le 17 juillet 1970 (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

Chaque samedi de l’été, à 11h30, Objectif Gard vous propose une plongée photographique 50 ans en arrière grâce aux précieuses archives d’Hervé Collignon (1927-1998). Ce photographe travaillait alors pour le compte du journal Le Méridional. Ce troisième épisode évoquera Claude François et Nîmes.

Eh oui, Claude François est venu dans les arènes alors que sa carrière était au plus bas. Parfaitement. Un rebondissement nîmois aura une sacrée importance sur la suite de la vie publique du chanteur le plus célèbre des années Podium.

Le public du 17 juillet 1970 (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

Elles en ont vu passer quelques-uns nos belles arènes. Ils y sont passés mais n’y ont pas toujours laissé leur nom ou un souvenir impérissable.  Des chanteurs plus ou moins connus aux gloires de la tauromachie en passant par les stars de l’opéra, du théâtre ou encore de la danse… Claude François aussi y a une histoire.

Claude François aux arènes de Nîmes le 17 juillet 1970 (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

Mais en ce jour de grâce de l’an 2020, retournons cinquante ans en arrière pour une page marquante de la vie de Claude François. Nous sommes à la mi-mars et le chanteur, aidé par son filou de producteur Paul Lederman, simule un malaise cardiaque sur scène alors qu’il se produit à Marseille (en tournée) devant 6 000 personnes. Pourquoi ?

Claude François et ses Claudettes en 1970 (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

Le chanteur craint alors l’ascension de la jeune garde montante (Michel Sardou en autres). Après avoir tutoyé les sommets, la carrière de Cloclo est au plus bas et le chanteur cherche le rebond nécessaire à la poursuite de son rêve de lumière. La mise en scène de sa vie allait l’y aider et c’est à Nîmes qu’il allait franchir un autre cap. Comme vous l’imaginez, les médias se sont emparés de l’affaire qui a fait grand bruit.

Claude François aux arènes de Nîmes le 17 juillet 1970 (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

En mars 1970, il reste huit ans, presque jour pour jour, à vivre à l’autre idole des jeunes mais deux mois après ce faux incident, un vrai accident est venu perturber la carrière du patron des Claudettes.

Il doit se produire à Nîmes le dimanche 17 mai (Pentecôte) dans l’amphithéâtre romain. Pour que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes, Ferdinand Aymé, garant de la programmation des arènes à cette époque, prévoit que le chanteur et son staff de 15 personnes, prendront la Caravelle Paris-Nîmes en première classe, bien évidemment. C’est en tout cas ce qui est inscrit sur le contrat mais Cloclo ne le suivra pas à la règle.

Claude François aux arènes de Nîmes le 17 juillet 1970 (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

Le 16 mai, Claude François quitte son fameux moulin de Dannemois à 11h30 pour rejoindre la cité des Antonin. Il n’y viendra pas en avion car le chanteur préfère prendre la route, seul, dans sa grosse Lincol Continental. Il écoute du Elvis à fond, prend l’A7 et, vers Bédarrides et alors qu’il roulait à 180 km/h, un pneu de sa berline éclate.

Toujours au volant et sans trop pouvoir contrôler une telle situation, Claude François se laisse entraîner par l’inertie d’un tel engin. Sa voiture file à gauche, passe le parapet et traverse les deux autres voies de l'autoroute, d’en face, heureusement sans percuter d’autre véhicule. Le chanteur passera tout de même à travers son pare-brise… Un drame évité de justesse car Claude François est encore en vie mais il est défiguré, lui le chanteur pour dames, propre et beau dans ses costumes scintillants.

Claude François aux arènes de Nîmes le 17 juillet 1970 (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

Son nez est logiquement fracturé mais ses pommettes sont elles aussi explosées. Aux urgences d’Avignon, où il est transféré après le choc, son producteur le retrouve seul et personne ne semble s’occuper de lui. Les médecins se rappelaient-ils son faux malaise ?

Transporté dans une clinique (à Neuilly-sur-Seine) où il devait être opéré d’une grosse rhinoplastie, il ne put honorer son contrat et le gala fut annulé, puis reporté. Les places achetées par les Nîmois sont remboursées et la star n’a plus voulu sortir en public tant que ses balafres demeuraient visibles et qu’elles auraient pu nuire à sa popularité de beau garçon.

Claude François en coulisses (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

Le comité d’organisation de la foire de Nîmes, représenté par Ferdinand Aymé, a assigné Claude François de 20 000 francs de dommages et intérêts. Une fois sa tournée reprise, Claude François est revenu à Nîmes et y a donné un concert dont voici les photos en date du vendredi 17 juillet 1970. Une nouvelle tournée de 23 concerts à travers la France entière avait débuté le 11 juillet précédent et c’est un nouveau Cloclo, heureux d'être en vie, qui est monté sur scène. La suite vous la connaissez !

Claude François, en peignoir sombre au col tricolore, regagnant sa voiture après le concert (Photo archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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