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AIGUES-MORTES Pour Jean-Marie Penard, le train électrique est bien plus qu’un jeu d’enfant

Dans la cour de Jean-Marie Penard tout est aménagé pour les trains électriques. (Photo Boris Boutet)

Jean-Marie Penard possède une impressionnante collection de trains électriques inspirés du cinéma western qu'il expose depuis 2015 dans son musée aigues-mortais. Une passion qui remonte à son enfance après-guerre. 

C'est l'histoire d'un rêve d'enfant réalisé à la retraite. "Quand j'étais petit, le train électrique représentait le cadeau de Noël par excellence, celui que tout le monde voulait, se rappelle Jean-Marie Penard. Comme ma mère n'avait pas les moyens de m'en offrir un, c'est moi qui me suis construit mon premier train quand j'avais 12 ans, avec un moteur de machine à coudre."  Une passion pour le modélisme est née.

Parallèlement, Jean-Marie Penard développe un intérêt prononcé pour le cinéma western. "Après-guerre, on était tous influencés par cette culture américaine qui émergeait en France, explique-t-il. L'ambiance des trains de l'Ouest dégage une certaine poésie. C'est pour ça que je suis fasciné par les trains du Colorado. Je n'ai jamais mis les pieds là-bas mais j'y puise tout mon imaginaire." 

Le musée dans un coin de la tête

Un imaginaire qui se dissipe un peu à l'âge adulte, happé par une vie professionnelle bien remplie. "J'ai malgré tout pu m'acheter mon premier train dans les années 1970, raconte-t-il. Dès lors, je me suis dit que j'ouvrirai un musée à ma retraite."

D'autant qu'au fil des années, sa collection s'agrandit sans jamais être exposée. "Moi-même je ne l'ai vue entièrement que lorsque j'ai créé le musée. Avant, elle restait rangée dans des cartons", confie Jean-Marie Penard. "Tout le monde croit que j'ai grandi au milieu des trains, mais c'est loin d'être le cas", confirme son fils Théo, qui l'assiste désormais chaque été pour accueillir les visiteurs.

Jean-Marie Penard a débuté sa collection de trains dans les années 1970. (Photo Boris Boutet)

Enfin à la retraite, Jean-Marie Penard tient la promesse qu'il s'était fait 30 ans plus tôt et transforme sa maison en plein cœur des remparts de la cité d'Aigues-Mortes en un musée des trains du Colorado. "Il me fallait un intérieur et un extérieur, commente le passionné. Je vis à l'étage et j'ai aménagé un décor de plus de 100 m2 au rez-de-chaussée et dans la cour pour exposer les quelque 120 pièces que je possède." 

Des trains qu'il achète ou dont il construit les wagons, en bois, entre deux visites. "Le musée est ouvert depuis 2015 mais il m'a fallu plusieurs années pour construire les décors et les aménagements."  Le résultat est à couper le souffle. Dans la cour, les tableaux à l'américaine se succèdent, surplombés par un pont de plus 40 mètres de long entièrement réalisé par ses soins. "Il n'y avait plus d'espace au sol pour s'étaler alors j'ai investi les hauteurs, justifie Jean-Marie Penard. Chaque hiver, le musée est retravaillé et amélioré pour qu'il soit plus beau au printemps suivant." 

Les décors de Jean-Marie Penard subliment le ballet inlassable des trains. (Photo Boris Boutet)

Mais plus que la beauté de son musée, c'est la réaction de ses visiteurs qui touche Jean-Marie Penard. "Je crois que je ne créerais pas de la même manière sans le public, reconnaît-il. J'aime les compliments, quand les gens s'émerveillent quand ils entrent dans le musée. Le partage est une notion importante pour moi. C'est pour cela aussi que je propose plusieurs pièces en libre accès avant le passage par la billetterie du musée." 

À 78 ans, Jean-Marie Penard voit toujours plus grand et prévoit de continuer à construire des décors en hauteur. L'objectif : séduire un public toujours plus large. "Le train a une image assez masculine, ce qui fait que nombre de femmes envoient leurs maris et leurs enfants visiter le musée et restent à l'extérieur, déplore-t-il. Quand je vois ça, j'insiste pour qu'elles rentrent gratuitement pour voir le spectacle. Beaucoup sont finalement charmées par les décors et l'ambiance reposante qui règne ici."  Et qui sublime le ballet inlassable des trains.

Boris Boutet

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