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GARD « À la CPME, je vais faire du Xavier Perret »

Nouveau président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, Xavier Perret débute son mandat.

Xavier Perret (Photo Anthony Maurin).

Xavier Perret est un chef d'entreprise qui en a dans la cervelle et qui n'hésite pas à donner de sa personne et de son temps pour aider les autres. Nouveau boss de la CPME 30, il nous explique sa vision de l'entreprise et les objectifs de son syndicat. Interview.

Vous êtes élu depuis peu, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis né en 1970 à Nîmes mais je vis à Saint-Gilles. Ma mère était institutrice et mon père exploitant de roselière. J'ai fait des études plus ou moins chaotiques. Je suis allé à d'Alzon où j'ai rencontré ma femme en Terminale et je suis père de deux enfants. À la faculté, j'ai découvert avec intérêt la sociologie et la politique à Paul-Valéry (Montpellier III, NDLR). J'ai toujours été attiré par la politique. J'y avais créé une association d'étudiants avec laquelle nous avions raflé 60 % des voix. J'étais tête de liste et je fus le premier étudiant à intégrer le bureau de l'Université. Tout cela a été très formateur.

Et après, vous vous êtes lancé ?

Après, on a travaillé. Avec ma femme nous voulions partir au Canada ou aux USA mais mon père, qui coupait et posait les roseaux pour couvrir les toits de quelques villages vacances, a créé un parasol de paillotte. J'ai adoré le produit. Lui travaillait et moi j'avais le profil pour développer l'affaire.

C'est en famille que la société a grandi avec vous alors ?

C'était une belle aventure ! On faisait les bars, les hôtels et les restaurants mais je suis parti vers les campings car cela me paraissait plus simple et moins risqué. Je partais aux quatre coins de la France avec mon roadbook. J'en vendais beaucoup mais j'ai vu qu'il y avait une faille dans l'entreprise...

Laquelle ?

Il me fallait une paillotte ovale avec table et bancs. Les Yelloh Village nous ont fait confiance et on voyait notre produit dans toutes leurs publicités de l'époque. À partir de là, ça s'est envolé ! En 2005, j'ai créé Perret Bois d'extérieur (création, par exemple, de l'UTASI de Vauvert, NDLR). Nous sommes les moutons à cinq pattes que les architectes recherchent... Nous ne travaillons qu'avec du bois français, de l'écologique roseau de Camargue et nous sommes " Made in France " à plus de 90 % ! Depuis, j'ai absorbé mes sociétés pour en créer une nouvelle et je vais bientôt faire une holding avec de nouveaux objectifs. Quand on fait un métier comme le nôtre, il faut bien réfléchir car c'est très diversifié mais j'ai plein de projets.

Et la politique ?

Depuis la faculté, où j'ai fréquentais le RPR héraultais, je me suis toujours vite lassé de la politique malgré l'intérêt que je lui porte naturellement. À Saint-Gilles, je suis allé à l'UDI car il n'y avait plus de place ailleurs mais je suis un vrai libéral au sens que l'entendent les Lumières. J'ai mon point de vue sur l'humanisme, c'est un ensemble. Qui prime ? Le groupe sur l'individu ou l'individu sur le groupe ? Le corpus du centre m'allait bien et je suis entré en politique en 2010 à Saint-Gilles, et en même temps à la CPME. Puis, en 2012, j'ai intégré la Chambre de commerce et d'industrie avec Henry Douais.

C'est de là que les deux passions, politique et économie, se sont mêlées ?

Oui, ça a été un mandat extraordinaire et une forte amitié est née. On parlait aussi de Saint-Gilles et Henry Douais m'a proposé de rencontrer Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, qui m'a dit qu'Eddy Valadier se présentait à Saint-Gilles (en 2014, NDLR). Je connaissais Eddy mais nous ne nous parlions pas trop... Je suis allé le voir et ça a collé. C'était une bonne campagne contre Gilbert Collard qui disait n'importe quoi. Nous avons retenu une leçon, nous étions élus non pas sur l'adhésion des habitants mais sur le refus du Front national.

"Le rassemblement national avait mis un candidat minable..."

Vous n'avez souhaité faire qu'un mandat. Pourquoi ?

Delphine, ma femme, s'est à son tour lancée sur la liste d'Eddy Valadier cette année car je ne voulais plus en être. J'aurais aimé retourner au tribunal de commerce où j'ai été juge pendant six ans. J'ai beaucoup aimé cela mais entre temps, Xavier m'a convaincu de prendre la présidence de la CPME du Gard car il se présentait à Nîmes avec l'équipe Fournier. Eddy a été réélu au premier tour avec 70 % et le Rassemblement national avait mis un candidat minable...

Et vous voilà président de la CPME en ayant dû continuer votre rôle d'élu...

Après six ans de présidence, Xavier Douais, avec qui je déconne beaucoup, m'a convaincu. Je ne m'étais pas fait à l'idée, je n'y avais même jamais pensé ! C'est drôle mais maintenant, je reçois des courriers signés de ma main... Et puis, il y a eu le coronavirus et j'ai dû continuer mon rôle d'élu à Saint-Gilles en attendant que le nouveau conseil municipal soit élu en bonne et due forme. Cela m'a permis de passer le relais à ma femme qui a repris presque la même délégation que la mienne aux Foires et marchés.

"Aujourd'hui, on ne maîtrise plus les choses..."

Votre élection à la tête du syndicat s'est-elle bien passée ?

(rires) Cette élection a été triomphale car personne n'en voulait ! Je n'ai pas de passé avec le syndicat. J'ai toujours été dans l'ombre. On a un groupe cohérent et qui se serre les coudes. Il y a un bon bureau féminisé, ce qui est difficile à faire dans le monde de l'entreprise. Nous avons un mandat de trois ans. Nous allons analyser les choses telles qu'elles sont. Pour moi ce n'est pas un accomplissement, juste une continuité. Je vais me mettre au boulot. Il faut avoir des principes. Je veux simplement dire à ceux qui en ont besoin que nous sommes là pour les aider.

Au moment où l'économie mondiale vacille, ce n'est pas facile d'aider les patrons de PME...

Aujourd'hui, on ne maîtrise plus les choses, on est sur des marchés qui deviennent virtuels, la concurrence est mondiale alors on invente des économies comme le tourisme. Une entreprise doit générer des profits, on n'est pas des clowns ! Il faut que le Gouvernement foute la paix aux PME ! Les chefs d'entreprise ont toujours été imaginatifs mais il y a beaucoup de paramètres et les effets de la covid-19 sont difficiles à prévoir.

Combien d'adhérents compte la CPME 30 ?

Nous avons environ 600 adhérents et mon objectif est de doubler ce chiffre. Nous allons créer une communication en adéquation avec cette ambition. Nous utiliserons les réseaux sociaux car nous n'avons pas d'argent qui vient de l'État, seulement nos cotisations... Si nous avons plus d'adhérents, nous aurons plus de moyens et nous ferons plus d'actions. Il nous faut aussi fidéliser ces chefs d'entreprise.

Un dernier mot ?

Merci à Henry Douais pour le rôle qu'il a joué dans ma vie politique et merci à Xavier Douais pour le syndicat. Tout est une histoire de fidélité mais rassurez-vous, je vais faire du Xavier Perret !

Propos recueillis par Anthony Maurin

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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