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NÎMES René Seyssaud, magicien de la lumière et peintre du Midi

Une exposition de grande qualité (Photo Anthony Maurin).

René Seyssaud est un peintre méconnu, mais qui apporte une nouvelle vision de grand sud. Ses œuvres sont à contempler au Musée des Beaux Arts de Nîmes jusqu'au 17 janvier 2021.

Déjà, une visite s'impose au Musée des Beaux Arts car le lieu est tout simplement magnifique. Refait entièrement il y a peu, l'édifice propose une muséographie digne d'un grand musée et des œuvres d'importance. Il n'y a donc pas que l'expo Seyssaud qui est à voir sur place, loin de là.

Un autoportrait de Seyssaud (Photo Anthony Maurin).

Seyssaud est un artiste pas tout à fait comme les autres. Il a vécu sans trop se soucier de la mode ambiante. Il a peint des choses qu'il trouvait belles, naturellement émouvantes, des paysages qui étaient les siens, des laborieux et des humbles qu'il a su magnifier par son trait et sa vision du travail dans les champs.

Les paysages magnifiés par Seyssaud (Photo Anthony Maurin).

Seyssaud, c'est plus qu'un peintre, c'est un illustrateur de génie, un appareil photo sentimental qui fixe une idée plus qu'une réalité. Il n'était donc pas un illustrateur comme on l'entend aujourd'hui, mais il a su résumer en quelques tableaux la vie d'une époque, son environnement et tantôt une rudesse du quotidien, tantôt une quiétude éternelle. Une palette fougueuse, audacieuse même, en avance sur son temps puisqu'on pourrait y trouver des accents de fauvisme.

Des couleurs, des sensations, un parti pris (Photo Anthony Maurin).

À cheval entre les XIXe et XXe siècle (1867-1952), le peintre né à Marseille débarque donc à Nîmes pour que les Gardois redorent un peu son blason. Non, Seyssaud, en son temps, n'était pas aussi méconnu qu'aujourd'hui. Oui, Seyssaud, à son époque, avait la cote et il n'y a qu'à voir sa production pour comprendre cela. La question est la suivante : pourquoi a-t-il perdu de son aura, comment les Français (et les autres) ont-ils bien pu oublier son oeuvre ?

De très jolies œuvres à découvrir et des explications pour les mettre en perspective (Photo Anthony Maurin).

Chez lui, on retrouve pourtant la violence de notre soleil et de sa lumière méridienne mais on voit aussi, et surtout, la douceur de l'astre à son lever ou à son coucher. Des dominantes vives parfois atténuées par des tons plus chatoyants et ronds. Seyssaud, c'est un mélange de beaucoup de sentiments, une mise en abyme de la sérénité d'autrefois.

Matériel de peinture et œuvres paysagères (Photo Anthony Maurin).

Ses paysages, car il en a produit énormément, apportent fraîcheur et force. Son trait est vif, ses couches sont lisibles. Pas d'artifice, pas de superflu, l'idée touche à son but et l'oeuvre finie propulse le visiteur dans un monde oublié. Il atteint cet idéal quand, touché par la tuberculose, son médecin lui demande de se rapprocher de la mer. Son petit maset sera pour lui une source d'inspiration.

Un balayage de ce que l'on veut retrouver dans nos charmantes collines ou sur nos rivages méditerranéens (Photo Anthony Maurin).

Après Auguste Chabaud et sa très belle expo, il est donc fort logique de retrouver un peintre de chez nous. Les deux étaient par ailleurs de grands amis ! Bien qu'il fut Vauclusien, sa naissance marseillaise et son décès à Saint-Chamas le cristallisent dans un Midi plus lointain. Explosif dans ses propositions, Seyssaud se dévoile et, avec plus de 80 toiles exposées, le spectateur peut voir en lui l'artiste qu'il est vraiment. L'art moderne est né avec sa production et a accompagné son oeuvre jusqu'à son décès.

Des paysages que l'on reconnaît bien (Photo Anthony Maurin).
Musée des Beaux Arts, Rue de la Cite Foulc à Nîmes, 04.66.76.71.82, ouvert de 10h à 18h tous les jours sauf le lundi. Entrée : 3 euros tarif réduit, 5 euros tarif plein. Visites guidées : 3 euros, tous les mardis, jeudis et dimanches (sauf premier dimanche du mois), sur inscription, au 04.66.76.71.82.
Lectures de la correspondance de René Seyssaud par Denis Lanoy (5 euros) pour les Jeudis de Nîmes les 27 août à 17h. Audioguide de l'exposition, en version française et anglaise (2 euros).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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