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BAGNOLS/CÈZE Matisse, Renoir, Rodin… le casting de choix du musée Albert-André

Portrait d'Adèle Besson de Kees van Dongen (1908).
"Fenêtre ouverte à Nice", Henri Matisse, 1919, et "Le 14 juillet au Havre" d'Albert Marquet, 1906. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Souvent méconnus, les musés de la conservation du Gard renferment pourtant bien des trésors. Cette semaine, direction le musée Albert-André à Bagnols-sur-Cèze. On va vous dire pourquoi ça vaut le coup de se rendre jusque dans le nord-est du département pour le visiter !

Bonnard, Marquet, Matisse, Renoir, Monet, Signac, Valadon, Van Dongen... et même Picasso. C'est un casting digne des plus grands musées mondiaux. En réalité, tous ces grands peintres impressionnistes et post-impressionnistes se trouvent aussi au musée Albert-André de Bagnols-sur-Cèze. Le premier dédié à l'art contemporain en Province !

Le musée a été ouvert en 1859 par Léon Alègre, puis il s'est installé en 1868 dans son bâtiment actuel, au 2e étage, au-dessus de la mairie, place Mallet. Doublé d'une bibliothèque, l'idée de ce musée encyclopédique était d'instruire le peuple.

Il va changer de visage à l'arrivée d'Albert André au poste de conservateur en 1917, poussé par son ami Renoir. Au point que le musée finira par porter son nom. Ce peintre et collectionneur allait "taper les amis" comme il disait et parmi eux, de grands noms de la peinture. Il leur demandait des toiles pour habiller les murs du musée. Si le conservateur a pu se les payer, c'est qu'il a su déceler le potentiel de peintres aujourd'hui internationalement connus aujourd'hui mais pas encore très cotés à l'époque.

Une collection grandement renouvelée après un incendie déclenché par les pompiers...

Albert André avait dû redoubler d'efforts après l'incendie survenu en 1924 alors que les pompiers avaient mis accidentellement le feu dans la mairie quand ils célébraient la Sainte-Barbe... Une partie des œuvres avait été détruite. Il avait encore fait appel à ses amis peintres et critiques d'art pour refaire sa collection qui s'étoffera alors de peintres post-impressionnistes.

On peut en voir plusieurs dans la salle Georges-Besson (critique d'art avec lequel s'était noué d'amitié Albert André). Notamment le portrait de ce dernier sur une boîte de cigares de 1917, signé Matisse. Un tiers de la collection de Georges Besson a été léguée au musée bagnolais selon ses dernières volontés, le reste est à Besançon.

Portrait d'Adèle Besson de Kees van Dongen (1908).

Dans la salle éponyme, on voit aussi une peinture de Matisse d'une vue depuis sa fenêtre à Nice ou encore "Le 14 juillet au Havre", célèbre toile d'Albert Marquet. Le rouge hypnotisant des drapeaux tricolores attirent l’œil. Il y a un autre portrait intimiste qui retient l'attention c'est celui d'Adèle alias Madame Besson. Il a été peint par Kees van Dongen, peintre hollandais qui a choisi un cadrage non-conventionnel, coupant sur le haut de la tête de la femme, vêtue d'une chemise en tissu. Ses yeux disproportionnés par rapport à son fin visage semblent vous fixer avec intensité.

Des esquisses de Gauguin, Signac, Renoir, Monet, Morizot, Dufy, Picasso...

Bien sûr, il ne faut pas manquer non plus la salle dédiée au peintre Albert André. Il aurait peint entre 3 000 et 3 500 tableaux dont 500 toiles stockées dans les réserves du musée. Une toile qu'il aurait réalisée en 1928, à Laudun, interroge par son cadrage coupant les personnages sur le côté et mettant fleurs, fruits et autres objets posés sur la table au premier plan. Si on y regarde de plus près, on peut même déceler un certain anachronisme entre les fruits qui ne sont pas tous de la même saison... Deux auto-portraits du peintre sont aussi suspendus. Dans l'un, il s'est représenté lui-même en train de peindre, avec en fond, un portrait de Renoir qui semble le regarder. Une belle mise en abyme.

Autoportrait d'Albert-André (1932).

Direction après le cabinet des dessins de fin XIXe-début XXe où on peut voir du Gauguin, Signac, Renoir, Monet, Morizot, Dufy, Picasso... Le musée expose deux sculptures de Rodin : Danaïde et le buste de Jules Dalou, sculpteur lui aussi et ami de l'auteur du Penseur. Vous pourrez aussi admirer la salle des peintres lyonnais, ville où Albert André est lui-même né en 1869 avant de s'installer dans le Gard rhodanien. Ou encore des toiles plus contemporaines des années 50 à nos jours avec des peintres comme Kissel, Rodde ou Maly...

Bref, l'inventaire pourrait être très très long... Et encore beaucoup de merveilles se trouvent dans les réserves. Trop petit, l'actuel musée ne peut pas toutes les accueillir mais un projet de nouveau musée est actuellement en réflexion et devrait voir le jour dans quelques années.

Marie Meunier

Le musée Albert-André de Bagnols est gratuit. Il est ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10h à 12h et de 14h à 18h.

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