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TOROS Fabien Castellani, novillero en devenir

Fabien Castellani, devant le poids d'une arène de première catégorie et dont il veut vite fouler le sable chaud (Photo Anthony Maurin).

Le jeune n'est pas encore connu par le grand public mais il commence à se faire une place au soleil des cinq heures à force de travail et d'aficion a los toros. Fabien Castellani sera aujourd'hui à 17h au paseo du Trophée Castella à Bellegarde et à la feria du Riz d'Arles, chez lui, pour une novillada mixte. Interview.

Présentez-vous pour les aficionados qui ne vous connaissent pas encore.

Je suis né à Arles en juillet 2000. J’ai vu ma première corrida à l’âge de six ans mais mes parents ne voulaient pas me laisser me mettre devant les toros... Je suis toujours allé devant les hôtels des toreros pendant les ferias et, en février 2015, avec l’association des aficionados practicos d’Hervé Galtier, j’ai fait mon premier pecho et ma première série lors d’une action qu'ils faisaient dans les quartiers de Nîmes, route d'Arles. Ma mère était là mais pas mon père alors, sous la pression, elle m’a laissé un peu toréer ! Je me suis régalé et j’ai connu des sensations indescriptibles.

 

Et de là tout à démarrer pour de vrai ?

Oui, j’ai continué un mois plus tard à Franquevaux et j’ai pris ma première rouste dès ma première passe ! Mais ça ne m'a pas découragé... Je suis, par la suite, allé au Centre Français de Tauromachie où je suis resté un an et demi et où j’ai tué mon premier toro chez Joël Matray. Comme je suis Arlésien et que c'était compliqué de venir à Nimes (NDLR il n’avait pas de voiture) Augustin Losada m’a dit de venir à l’école taurine d’Arles en 2017. J’y suis encore ! J’ai tué un autre toro au Sambuc en avril 2018 où j’ai dû remplacé Adam Samira qui s'était blessé. J’ai participé à de nombreuses becerradas puis j’ai tué un nouveau toro de La Cravenque avant de couper deux oreilles symboliques à Istres.

 

Vous avez donc fait vos débuts en novilladas sans picador récemment ?

En mai 2019 à Raphèles mais j’ai vraiment débuté à Tarascon le jour de mon anniversaire ! J’ai coupé deux oreilles à un novillo... cette même année j’ai commencé à aller en Espagne pour quelques courses, pour des tentaderos et j'ai toréé à Algemesis où je n’ai pas coupé mais où il y a eu une forte pétition. En 2019 j’ai tué 16 novillos.

 

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans les toros ?

Pour tout ! Pour l’adrénaline mais aussi pour le costume. Je me disais pourquoi pas moi? Je voulais connaître les sensations que cela procurait, j’aime le volume des toros qui passent près de moi et cette sensation de les approcher et d'essayer de les comprendre, j’évolue toujours. J’ai un Bac pro en cuisine avec mention pâtisserie. J’ai travaillé deux mois en boulangerie pour me payer un voyage à Sanlúcar avec Tristan (Espigue) et Solal (Calmet, Solalito). J’espère les suivre en novillada piquée et je suis content de m’entraîner avec eux ! C'est toujours mieux de s'entraîner avec des gens qui sont plus avancés que vous sur certains points.

 

Parlons justement de l'entraînement, à quoi ressemble le votre ?

Je m’entraîne tous les matins ou presque à Fourques. Je cours un peu entre 8h à 8h45. À 9h, je m’étire car c'est important. Je fais un peu de cardio tous les deux jours et je torée de salon pendant une à deux heures chaque jour. Ce matin (NDLR un jour de semaine), nous étions six aux arènes, il y avait un matador de toros, des banderilleros, des novilleros... mais parfois je suis seul. On me conseille c’est bien d’avoir des professionnels qui nous entoure et nous guide. Marc Antoine et David Romero m’aident beaucoup ils sont toujours là, comme Augustinqui m’a beaucoup aidé quand il était à l’école. Maintenant, Mehdi Savalli est de très bon conseil également. J’essaie d’assimiler ce qu’on me dit et de l’appliquer devant le bétail.

 

Comment vous définiriez votre toreo ?

J’ai un toreo classique, un peu à la madrilène. J’aime aller chercher le toro pour l’emmener loin dans une longue passe. Tout ça pour montrer le toro au ganadero et au public en essayant de me montrer un peu aussi ! Si le toro le permet, j’aime être spectaculaire et faire un petit farol ou un beau desplante.

 

Quels sont les toreros qui vous inspirent ?

J’aime Talavante, j’aime la manière dont il s’arrime devant les toros. J’aime aussi Miguel Angel Perera et la domination qu'il arrive à trouver sur son adversaire. J’aimais la technique de Juan Bautista.

Le jeune ne l'a jamais connu mais a regardé des videos. Nimeño II demeure un exemple et un repère au fil du temps pour les novilleros (Photo Anthony Maurin).

Les grands noms sont souvent ceux de maestros humbles... Que pensez-vous de cette valeur ?

L’humilité ? C’est très important mais mes parents et mes ami, qu'ils soient dans la tauromachie ou non, sauront me rappeler son importance si je m’emballe un peu trop !

 

Un torero peut et doit avoir peur. Quelle a été votre plus grosse appréhension ?

C'était pour  Algemesis car c’est une arène mythique pour les novilleros mais finalement ça s'est bien passé.

 

2020 est une année spéciale. Que peut faire un jeune dans un milieu assez fermé et qui n'est pas facile d'accès ?

En 2020, j’ai fait beaucoup de campo, j’ai tué deux novillos et pas mal tienté. Ça m’aide beaucoup de sortir de second après des matadors comme Maxime Solera ou Marc Serrano par exemple. Ils m'ont accepté et j’apprends en les regardant faire. Parfois je me dis que c’est facile mais non... Il faut du temps et de la pratique pour arriver à quelque chose.

 

On dit aussi qu'un torero rêve parfois la fana parfaite. Même un novillero sans picador ?

Oui ! Parfois aussi je rêve ma faena idéale mais elle ne sera peut-être jamais réalisable entièrement... J’essaie, quand je le peux, de m’adapter au toro que je combats pour réaliser un bout de cette faena par-ci et un autre morceau par-là... Au moins une série, c'est déjà pas mal du tout !

 

La date du Trophée Castella à Bellegarde approche à grands pas. Qu'en attendez-vous ?

J’espère qu’il ne pleuvra pas mais je n’ai jamais toréé sous la pluie alors on verra bien... J’espère triompher, couper des oreilles et gagner le trophée ! Je vais toréer avec deux personnes qui ne devraient plus être dans cette catégorie donc ça me donne encore plus envie de faire quelque chose. Je vais montrer que j’ai les dents, car ce sont, pour moi, des adversaires à part entière ! Je veux montrer que je suis capable d'être aussi bon si ce n'est meilleur qu'eux !

 

Et dans la foulée vous allez défiler en feria, dans vos arènes d'Arles...

Là aussi j’espère pouvoir triompher mais ça ne sera pas facile car c’est une novillada mixte et il me faudra tout faire pour conserver de l’intensité que vont mettre les deux autres novilleros qui évoluent en novillada formelle. Je veux que la sauce prenne bien car malgré la COVID-19 il va y avoir du monde, peut-être plus qu’en temps normal. En tout cas j’aurais la même envie, ça c’est sûr !

 

Avant une course, quelle est votre journée type ?

La veille, je m’entraîne normalement, sans plus, sans risquer la blessure. Le jour d’une course je me réveille assez tôt, je déjeune, je pars marcher puis je me repose un peu. Si je me sens tendu, je retourne marcher en début d’après-midi puis je part aux arènes...

Fabien Castellani (Photo Anthony Maurin).

Quel serait votre avenir idéal dans les toros ?

L’an prochain j’aimerais aller dans toutes les grandes arènes en novillada sans picador et si ça se passe bien, franchir le cap et aller en piquée en fin de saison.

 

En parlant de rêve, restons-y... Votre cartel idéal pour passer en novillada formelle ?

Des novillos de Victoriano del Rio avec Manuel perera et Tomas Rufo. Ce sont deux tauromachie très différente tes mais j'aime les deux.

 

Continuons... Votre alternative ? Attention, on s'en servira si cela arrive et on sortira les dossiers !

Des toros de Jandilla, à Arles et avec Alejandro Talavante et Miguel Angel Perera ! Mais avant, j’aimerais aussi me présenter de novillero dans le sud-ouest pour l’ambiance des courses ainsi qu'à Madrid... on peut toujours rêver!

 

Quels sont vos élevages et encastes préférés ?

J’aime Victoriano del Rio comme j'aime l'encaste Santa Coloma par exemple, j’aime aussi Jandilla !

 

Vous disiez, au début, que le costume de lumière avait été important pour vous. Comment est le votre ?

J’ai un costume qui vient de chez Fermin qui a appartenu à Tibo Garcia, il est rouge et or, j’aime le rouge. J’ai un autre qui a fait toute l’école taurine d’Arles et qui est blanc avec des perles bleues !

 

La billetterie du Trophée Sébastien Castella à Bellegarde a été déplacé en centre-ville, au bar le Mistral ainsi qu'à la salle de l'Espace 2000, à 100 mètres des arènes. Entrée général à 15 euros, 

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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