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FERIA D’ARLES Les arènes pleines, Adrien Salenc triomphe

Un public venu en nombre (Photo Anthony Maurin).

5 000 personnes dans les arènes dont 4 000 payantes, pari gagné pour la première corrida de la Feria du Riz à Arles. El Juli (salut et oreille), Paco Ureña (salut et oreille) et Adrien Salenc (oreille et oreille). Ça fait du bien !

El Juli en corrida concours en tant que chef de lidia, ça ne s'était jamais vu. Une corrida concours avec de tel élevages, ça aussi ça ne s'était jamais vu. 4 000 personnes dans les arènes (mais on aurait dit qu'il y en avait 2 000 de plus) pour un no hay billetes quasi inespéré, idem. Tout est bousculé cette année et la situation est complexe mais les caméras de Canal + toros étaient elles aussi de la partie pour retransmettre en direct cette course.

Masquée démasquée ? (Photo Anthony Maurin).

Comme toute corrida concours moderne, celle d'Arles devait lier tradition et innovation. Trois piques minimum (la troisième pouvait être donnée avec la puya de tienta) avec une nouveauté proposée par la cuadra Bonijol sur demande de Jean-Baptiste Jalabert, directeur des arènes. En effet, le corps des piques était peint en blanc afin de voir si le picador la prenait dans le bon sens ! Le nom des chevaux et celui des piqueros étaient quant à eux annoncés sur un panneau.

Le toro de Santiago Domecq, meilleur exemplaire de la tarde (Photo Anthony Maurin).

Il est cinq heures et le soleil écrase toute bonne volonté. Ses rayons nous rappelle que l'été est plus qu'indien. Sur le sable, les six fers des ganaderias du jour et les traits délimitants l'espace des piques font plaisir à voir. L'orchestre des arènes, Chicuelo II, joue et tout le monde porte le masque. Une minute d'applaudissements a été demandé en mémoire des victimes de la Covid-19. Les trois maestros saluent en piste à l'issue du paseo.

Un check d'El Juli en version Covid-19 (Photo Anthony Maurin).

De retour après deux ans d'absence à Arles El Juli faisait son troisième paseo de la temporada version Covid-19. Son unique en France... C'est pourtant un maestro qui a marqué les esprits par le passé avec, pour Arles, le record de corrida combattues (25 pour 49 oreilles et cinq queues coupées sans compter les deux ou trois indultos qui vont avec).

El Juli avec son premier (Photo Anthony Maurin).

Premier en piste, donc, El Juli face à un Victoriano del Rio pesant 545 kilos. Une première pique un poil désastreuse pour l'intégrité physique du toro qui finalement s'en remet bien vite. Un brave. Agréable capote en main, le madrilène maîtrise également sa faena d'un bout à l'autre avec une douce intensité qui hélas se perdra en chemin. Estocade comme il sait faire... Toro applaudi à l'arrastre, salut du piéton.

El Juli avec son second (Photo Anthony Maurin).

Pour son second passage, le Juli touchera un exemplaire de Garcigrande de 510 kg que son picador n'aidera pas... El Juli reprend les choses en main, surtout à droite où il est plutôt excellent de pouvoir et de prestance. À gauche c'est, disons, plus délicat. Le Juli fait prendre l'air à son adversaire qu'il étouffe, il prend de la distance puis la raccourcit. La musique s'élève et sans ces trois piques catastrophiques le Garcigrande aurait donné autre chose, un avis et une oreille tout de même.

Paco Ureña et son premier (Photo Anthony Maurin).

Paco Ureña, triomphateur de la feria de Madrid (et ailleurs !) l'an dernier affronte le Jandilla de 515 kg qui fait d'emblée une vuelta de campana. Un toro intéressant par moments mais incompris à d'autres instants de la lidia. Quelques sales coups de tête, des jarrets étonnants d'éclectisme et une faena moins intense car plus exposée que la première du Juli. Paco Ureña ne lâche pas mais ne parvient pas à faire décoller la chose. Un avis, un petit salut après une lame efficace.

Ureña et son second (Photo Anthony Maurin).

Pour son deuxième duel, toujours pas de chance pour Ureña... L'Alcurrucen est sur le reculoir et dévoile son côté manso à la pique. Ureña arrache une à une les passes mais trouve son terrain de jeu à gauche et arrive à délier la situation. De belles séries de naturelles et la musique de Chicuelo sonne en même temps que les vêpres. Un avis, deux épées et une oreille après une réduction des distances par le maestro.

Adrien Salenc au capote (Photo Anthony Maurin).

Enfin Adrien Salenc. Le jeune a fait partie de la fondation El Juli, son école taurine. De matador de toros, il fait sa présentation à Arles en touchant le meilleur de la tarde, un de chez Santiago Domecq de 505 kg qu'il accueille au capote les genoux plantés en terre. Ce toro va bien à la pique et il y va avec entrain et allant. Tout ce que l'on veut voir en corrida concours. De plus, le picador ne gâche pas la belle affaire et fait le job avec honneur et brio. Sur la dernière, le bicho partira même de l'autre bout de la piste ! La faena débute, Adrien met immédiatement les choses au clair. La fougue et le coeur sont ses meilleurs atouts et il les fait valoir. Chicuelo II joue merveilleusement bien Callejuela de la O et le public se laisse embarquer par l'alchimie qui prend. Une faena rythmée et audacieuse que le jeune achève par une entière efficace. Une oreille et pas de mouchoir bleu.

Adrien Salenc pour un ultime tour en piste (Photo Anthony Maurin).

Dernier de la course, le Pages-Mailhan de 530 kg qui se verra prendre une troisième pique de tienta. Les petits cris de Nicolas Bertoli (picador) amuseront les gradins et le maestro brindera sont exemplaire au petit Marco Perez, coqueluche arlésienne et futur espoir du toreo. Avant cela, la cuadrilla s'est illustré au deuxième tercio. Hélas, l'entame de faena de Salenc les genoux en terre n'y changera rien, le toro ne transmet rien de bon et les multiples appels du pied de Salenc ne sont jamais repris des faits. Contre toute attente, le piéton voit tomber le mouchoir blanc signifiant l'oreille et la sortie sur les épaules.

Carlos Perez Hernandez sur Ulysse (Photo Anthony Maurin).

Le prix du meilleur picador est allé à Carlos Perez Hernandez (cuadrilla d'Adrien Salenc) qui a piqué (sur le cheval Ulysse) le troisième toro, celui de Santiago Domecq. Cet exemplaire a d'ailleurs remporté le prix du meilleur toro de la corrida concours.

Carlos Perez Hernandez, Ulysse et le toro de Santiago Domecq (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

4 réactions sur “FERIA D’ARLES Les arènes pleines, Adrien Salenc triomphe”

  1. Comment ne pas réagir devant autant de violence… de cruauté…. et au-delà même de ces spectacles de souffrances inouïes (pensons aussi aux chevaux ….. aveuglés ….blessés aussi malgré des protections bien dérisoires…. éventrés parfois….), je vois les rires….. des hommes, des femmes, enfants même … et là c’est l’absolue incompréhension. A l’heure où tant se battent pour obtenir l’abattage des animaux se retrouvant dans nos assiettes proprement et sans souffrances inutiles, il est ahurissant de constater que des pratiques d’un autre temps existent encore. Et par pitié …. ne me parlez pas de traditions …. Beaucoup se sont éteintes déjà, l’esclavagisme (quoi que…. ?), les combats de gladiateurs…. d’autres persistent … (excision des femmes ….). L’expérience et des études poussées ont démontré que la plupart des serial killers se sont démarqués dans leur jeunes par des actes de cruauté, d’un sadisme bien trempé, envers des animaux. J’avoue que la foultitude de gros porcs planqués dans les gradins fait frémir en ce sens ….

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