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FAIT DU JOUR Feria d’Arles : un entraînement en vue de la feria de Nîmes ?

Arles devait être une feria responsable, c’était le pari qu’elle avait pris en l’organisant. Pari réussi !

Les arènes d'Arles un matin de feria... (Photo Anthony Maurin).

Organiser une feria en période de crise sanitaire n'est pas chose aisée. Arles avait pris le pari de le faire malgré le fait que le département des Bouches-du-Rhône soit passé en zone rouge, zone où la covid-19 circule plus qu'ailleurs.

À quelques jours de l'ouverture de la feria des Vendanges à Nîmes, celle du Riz à Arles s'est achevée sans aucun problème. Trois jours durant, de vendredi à hier dimanche, quatre spectacles étaient organisés dans les arènes. Une course camarguaise (88e Cocarde d'Or) et trois spectacle de tauromachie espagnole (une corrida concours, une novillada mixte et un un mano a mano mixte). Pour chaque rendez-vous, seules 4 000 places avaient été mises à la vente.

La place du forum un midi du week-end (Photo Anthony Maurin).

Dans les rues, le préfet avait été clair lors d'une première sortie : les bars et restaurants devaient fermer à 23h. Un peu plus tard dans le temps, deuxième sortie médiatique et décalage des fermetures à 0h30... Pas terrible mais déjà mieux !

Le service au comptoir n'était pas autorisé. Les bodegas, comptoirs extérieurs et rassemblements statiques étaient quant à eux eux carrément interdits. Le service des boissons et repas devait obligatoirement se faire à table, en terrasse ou à l'intérieur des établissements. Le port du masque était obligatoire dans les rues du centre ancien. Voilà un peu comme ce qui attend les aficionados et autres festaïres à Nîmes à compter de jeudi.

La Place de la République sans aucune animation (Photo Anthony Maurin).

Six peñas mobiles, pas d'encierro ni d'abrivado

Dix expositions étaient organisées. Six peñas étaient mobilisées pour assurer l’ambiance dans les rues jusqu’à 22h en centre-ville. Des parcours types pour chacune et, pour éviter ces satanés convergences, les musiciens devaient se déplacer entre les morceaux. Sur le boulevard des Lices, pas un vendeur de kebab ni un stand de paella… Seul un commerçant de hot dogs, natif d’Arles, avait répondu à l’appel.

Au loin, une peña mobile (Photo Anthony Maurin).

Dans les rues, idem. Ici, il faut savoir que le cheval de race Camargue est comme à la maison. Habituellement on voit un peu partout des cavalières et des cavaliers, seuls ou en groupe mais en 2020, un seul cheval monté par Karlo a été aperçu dans les ruelles arlésiennes… Bizarre, vraiment bizarre comme sensation. Pour les passionnés de littérature taurine, l’Auberge des Passionnés, LE rendez-vous de la feria, était elle aussi absente.

Les Dj’s ont quant à eux agit comme lors du confinement en mixant via les ondes d’une radio locale pour ne pas laisser tout seul le festaïre camarguais en plein désarroi. Chez les restaurateurs, en blaguant un tantinet, quand on parle de menu " feria ", c’est la surprise pour les touristes qui n’y croient même pas !

En terrasse d'un excellent restaurant à deux pas des arènes le samedi 13h (Photo Anthony Maurin).

Dans les rues et sur les terrasses, jusqu’à 15h le samedi, vraiment pas grand monde. On parle d'un petit moins 50 % du chiffre d’affaires, d’une très petite feria malgré les quelques réservations du midi. " C’est un gros week-end de saison mais rien de fou ! ", avoue une restauratrice qui est située à deux pas des arènes. Ailleurs, on salue une décision tardive. " Heureusement qu’on peut fermer à 0h30 car à 23h nous n’aurions eu personne, même pas les aficionados sortis des arènes à 20h. "

Eh oui... Un sens de circulation était organisé mais pas tellement respecté (Photo Anthony Maurin).

Pour les bars, ce n’est pas tout à fait la même chanson. C’est toujours trop tôt évidemment. Place du Marché le samedi soir, la police a dû intervenir gentiment pour disperser quelques personnes qui buvaient debout alors que c’était interdit. Dispersion acceptée, pas de chahut, pas d’invective. Mais la feria a eu droit à un soutien de poids, celui du président de la Région Paca, Renaud Muselier, qui est venu parler du projet du futur Toro-pôle qui verra le jour à Gimeaux.

Triste ou désenchantée ?

Samedi matin, le désormais traditionnel marché avec une population masquée était en centre-ville, sur les grands boulevards. Rien à redire. En soirée, les bars et restaurants, n’ont pas fait le plein. Aucun point de congestion en ville, pas de bodega mais quelques indisciplinés. " Surtout les quinquagénaires et plus âgés... Les jeunes, eux, respectent assez bien les règles ! ", note un barman de la Place du Forum. Il faut dire que les jeunes ne sont pas légion et sans eux, la fiesta prend du plomb dans l’aile.

Pas loin, une habituée parle. " C’était trop triste et si demain (NDLR samedi) il n’y a personne aux arènes, je ne sortirai même pas ! Je suis sûre que pour les bars, cette feria n’est pas rentable, y compris pour les plus célèbres d’entre eux. Surtout pour les plus célèbres d’entre eux d’ailleurs car ils ont plus de charges que les autres ! "

Une peña tente de mettre un peu d'ambiance (Photo Anthony Maurin).

Heureusement que le samedi fut meilleur et que le dimanche n'a pas démérité. Un été indien des plus agréable, une bonne ambiance familiale en ville, quelques badauds mais pas de quoi faire circuler le virus, rassurez-vous. Arles a fait le choix de n’organiser aucun abrivado, ici, en terre de Camargue alors que Nîmes en verra deux. " Peut-on encore appeler ça une feria ? Je ne crois pas, on ne retiendra que le manque d’ambiance… Je trouve que les gens respectent les règles mais c’est le pire vendredi que j’ai pu voir depuis que je suis installé ", relève un commerçant.

Retour dans les arènes...

Les conditions d'accès étaient les suivantes. Port du masque obligatoire autour et à l’intérieur de l'amphithéâtre (qui ouvrait deux heures avant le paseo pour éviter les regroupements) durant tout le spectacle. L'entrée se faisait sur deux accès distincts, les billets étaient scannés et les buvettes étaient ambulante. La distanciation sur les gradins devait s'effectuer entre chaque groupe de deux à dix personnes maximum. Pour la sortie, là aussi, les arènes fonctionnaient de manière spécifique.

La feria, commencée le vendredi par la 88e Cocarde d’or, a été émouvante et marqué par l’hommage au jeune raseteur Kévin Bruguière décédé après un accident en piste il y a une dizaine de jours dans les arènes de Vallabrègues. C’est Joachim Cadenas qui a remporté le trophée, son quatrième en la matière, devant environ 3 000 personnes.

Vingt minutes avant le paseo de la corrida concours du samedi (Photo Anthony Maurin).

L'amphithéâtre qui normalement accueille 12 300 personnes, ne peut en contenir que 4 000 (billets mis à la vente) mais pour la première corrida, celle du samedi, on dirait qu’il y a 6 000 personnes sur les gradins au moment du paseo de cette corrida concours. Les sorteos, tirages au sort des toros, étaient consultables via un QR code disponible gratuitement sur smartphone.

Juan Bautista le torero avait des centaines de faenas dans la tête pour adapter sa tauromachie à chaque toro. Redevenu Jean-Baptiste Jalabert, le directeur des arènes en fait de même avec des ferias virtuelles qu’il adapte au gré des conditions sanitaires mais il avoue regretter de ne pas fait le forcing pour organiser une feria en juillet quand tout allait mieux et que les contraintes étaient moindres.

Une heure avant le paseo du samedi aux abords des arènes (Photo Anthony Maurin).

Rendez-vous compte qu’Arles est la quasi première feria de la saison en France ! En deux jours, 13 ganaderias étaient présentes pour assurer un panel large de sensibilités taurines. Les aficionados ne pouvaient même pas aller voir les toros aux corrales de Gimeaux quand d’un autre côté les nouvelles annonces gouvernementales ont sommé le préfet des Bouches-du-Rhône de limiter le port du masque aux seules zones à forte densité. Le préfet doit revoir ses plans le 15 septembre à midi au plus tard, trop tard pour Arles. On verra bien pour Nîmes mais une feria sous toutes ces conditions, est-ce encore une feria ?

Dernière corrida de la feria (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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