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FAIT DU SOIR Les grands enjeux pour les rivages méditerranéens débattus au Grau-du-Roi

Bilan des conséquences environnementales de la crise sanitaire et signature d'une convention pour la reconquête paysagère des sites classés de la Camargue gardoise étaient au programme du conseil de rivages, ce mercredi.

Le conseil de rivages s'est réuni ce mercredi. (Photo Boris Boutet)

Réunis ce mercredi à la mairie du Grau-du-Roi, les membres du conseil de rivages Méditerranée, issus des services de l'État - Conservatoire du littoral en tête - et des assemblées départementales et régionales d'Occitanie et de Sud-Paca, ont débattu des différents enjeux pour les littoraux. 

C'est le rendez-vous annuel pour évoquer les problématiques environnementales qui touchent le littoral méditerranéen. Ce mercredi, le conseil de rivages s'est réuni toute la matinée au Grau-du-Roi. "Ici, on résout les problèmes, a affirmé en préambule Agnès Vince, la nouvelle directrice du conservatoire du littoral. Notre objectif est de travailler de concert avec les acteurs économiques et de montrer qu'on peut les inclure dans des politiques publiques environnementales ambitieuses." 

À l'ordre du jour figurait notamment le bilan de la crise sanitaire sur les éco-systèmes méditerranéens. "Il faut analyser d'une part les conséquences du confinement, et d'autre part celles du déconfinement, estime François Fouchier, délégué des rivages pour la Région Sud-Paca. Pendant le confinement, nous avons constaté que la faune marine s'est rapprochée des rivages laissés libres par l'homme. En termes de nidification, certains secteurs ont connu des résultats exceptionnels tandis qu'ils sont restés inchangés sur certains sites." 

Incivilités et pollution en hausse au déconfinement

Le bilan du déconfinement est moins reluisant pour les espaces protégés. "Il a été très compliqué à gérer, reconnaît François Fouchier. La fermeture des déchetteries a conduit à une augmentation des dépôts sauvages. Cet été de nombreux sites ont connu des afflux humains très importants. L'effet fut l'importation d'habitudes urbaines dans les milieux fragiles. Je pense notamment aux déchets laissés sur place mais aussi à la pollution sonore qui a perturbé plusieurs espèces. Nos gestionnaires sont unanimes : on n'avait jamais vu ça en terme de pression de masse et d'incivilités." 

Après un tour de table, Didier Réault, le président de la séance, a pris la parole pour livrer ses conclusions.  "Au déconfinement, tout le monde a redécouvert la nature, estime-t-il. Il y avait ce besoin très fort chez la population. Mais paradoxalement, tout le monde s'est regroupé vers les mêmes lieux. Il faut désormais réfléchir à nos capacités d'accueil sur d'autres sites, méconnus et moins fragiles. Ils pourraient favoriser le désengorgement des zones protégées qui ont été prises d'assaut cet été. Nous devons également trouver un équilibre entre tourisme de masse et maintien des activités locales comme la pêche."  

"Je ne crois pas qu'il faille chercher à tourner le dos au tourisme de masse, qui n'est finalement présent que sur quelques semaines dans l'année et qui est important pour notre économie, a renchéri le maire du Grau-du-Roi, Robert Crauste. Il y a eu un contexte exceptionnel cette année mais, de plus en plus, le tourisme s'étale tout au long de l'année. Il y a un véritable travail d'éducation à l'environnement à poursuivre." 

Lutter contre la cabanisation en Camargue gardoise

En fin de séance plusieurs conventions ont été adoptées à l'unanimité par le conseil. Parmi elles, une seule concerne le Gard. Son objectif : mettre en place une stratégie de reconquête paysagère des sites classés d'Aigues-Mortes. "Il s'agit d'un partenariat entre le Conservatoire du littoral, la ville d'Aigues-Mortes (qui devrait officiellement s'y joindre mardi prochain, après le vote de la délibération en conseil municipal, NDLR) et le Syndicat mixte de la Camargue gardoise en vue de supprimer des éléments bâtis disgracieux", indique Régis Vianet, conseiller municipal aigues-mortais.

De gauche à droite, Léopold Rosso, président du Syndicat mixte de la Camargue gardoise, Agnès Vince, directrice du Conservatoire du littoral, et Régis Vianet, conseiller municipal d'Aigues-Mortes. (Photo Boris Boutet)

Au fil des ans et malgré la réglementation qui protège ces sites classés, la cabanisation, c'est à dire la construction illégale d'habitations provisoires ou permanentes, a grignoté du terrain sur des espaces protégés situés au sud de la commune, en bordure d'étangs. Ce fléau est la principale motivation cette convention de reconquête paysagère de la Camargue gardoise."Nous souhaitons aussi repérer et mettre en valeur des éléments du patrimoine laissés à l'abandon année après année", complète Régis Vianet.

Les zones concernées par la convention. (Photo DR)

 "La décabanisation est un sujet sensible mais qu'il faut mettre sur la table si l'on veut protéger nos espaces naturels, estime quant à lui Léopold Rosso, le président du Syndicat mixte de la Camargue gardoise. L'idée est aussi de préserver et de réimplanter des activités agricoles respectueuses des équilibres écologiques." Histoire d'illustrer le propos introductif d'Agnès Rince et de prouver qu'environnement et économie peuvent être compatibles.

Boris Boutet

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