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NÎMES EN FERIA Léa Vicens triomphe, Castella et El Rafi ne passent pas loin

Les arènes à l'heure du paseo (Photo Anthony Maurin).

La feria des Vendanges "édition spéciale" est lancée. Quatre jours et cinq spectacles dans les arènes avec un premier organisé ce jeudi soir dans l'amphithéâtre. Deux toros de Bohorquez pour la cavalière nîmoise Léa Vicens (oreille et oreille), deux pupilles du fer de Vegahermosa pour le Biterrois Sébastien Castella (salut et oreille) et deux novillos de Malaga pour le Nîmois El Rafi (oreille et salut).

Comme partout ailleurs, seules 4 000 places étaient mises à la vente pour chaque spectacle taurin de cette feria des Vendanges placée sous le signe de la covid-19. Au paseo, environ 3 000 personnes dans les gradins sous un soleil chaud et un temps assez lourd. Pourtant, cette course voyait défiler les meilleurs français dans leur catégorie. Philippe Heyral, pour les 100 ans de sa cavalerie éponyme, a reçu la médaille de la Ville.

El Rafi aurait pu accompagner Léa Vicens et sortir en triomphe (Photo Anthony Maurin).

Léa Vicens était, en 2019, la numéro 1 de l'escalafon des rejoneadors avec 40 corridas à son actif. Sébastien Castella fête ses 20 ans de matador de toros cette année et a coupé trois oreilles lors de son dernier paseo à Nîmes il y a juste un an. Enfin, le novillero El Rafi qui devait prendre son doctorat ici même attendra encore un peu. Il s'est hissé à la 12e place du classement novilleril l'année dernière avec 17 courses et 13 oreilles coupées. le sobresaliente du jour était Jérémy Banti.

Pablo Roussel montre le panneau avant l'entrée de chaque toro (Photo Anthony Maurin).

La feria des Vendanges fête ses 40 ans et une minute d'applaudissements a été donné pendant le paseo. Elle fut suivie par une Marseillaise entonnée de bon coeur par l'aficion en présence. Le préfet du Gard, Didier Lauga, était de passage dans les arènes et Simon Casas Production avait eu l'excellente idée de diffuser le sorteo complet via les réseaux sociaux et son site Internet.

Léa Vicens sur son premier de Bohorquez (Photo Anthony Maurin).

Première en piste, donc, Léa Vicens. Pas tout à fait car c'est le jeune Pablo Roussel qui s'est fait timidement applaudir juste avant. En effet, le garçon remplace au rôle crucial de "montreur de panneau" le grand Robert Barrachin hélas disparu cette année. Devant un toro assez insipide, la Nîmoise torée juste mais comme la charge du cornu est limitée la cavalière ne peut pas montrer grand chose.

Pas très spectaculaire, elle domine cependant dans tous les terrains et fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a. Une épée et une oreille sans pétition majoritaire donc un poil contestée par quelques spectateurs qui avaient suivi l'affaire.

Léa Vicens sur son second (Photo Anthony Maurin).

Sur son deuxième toro, Léa Vicens se montrera bien plus intéressante. Toujours sans vulgarité, elle est un peu loin lors du tercio des farpas mais on préfère voir cette intelligente distanciation que voir les flancs des chevaux marqués par les éperons ou par les touchettes ! Elle sera plus à son aise aux banderilles qu'elle pose aux étriers et avec un certain goût. Il faut dire que le toro lui permet de s'amuser...

Avec un cheval noir marqué de son fer elle va régaler les gradins en leur offrant une vraie danse du diable aux banderilles longues avec des quiebros enjoués. Dans la foulée et avec une monture blanche d'un autre fer, Léa Vicens cite le toro de loin en reculant, l'embarquant dans des terrains intéressants quand son stratagème fonctionne. Deux pichazos, une entière et un descabello décidé et efficace. Une cuadrilla qui s'égosille pour que le palco fasse tomber un pavillon blanc, chose qu'il fait avec l'aide, cette fois, d'un public demandeur.

Castella à l'aise à droite (Photo Anthony Maurin).

Sébastien Castella ne pourra pas faire des merveilles avec son premier de Vegahermosa. Le banderillero José Chacon aura le droit de saluer après un tiers qui a vu une corne déchirer son costume au niveau du mollet. Assez froid, le toreo de Castella ne réveille pas les tendidos malgré une belle entame de faena et un brindis au ciel. Peu à peu, le Biterrois resserre les espaces et les distances sans que la sauce ne prenne réellement. Une épée un peu longuette et salut.

Castella au capote (Photo Anthony Maurin).

Deuxième toro et deuxième déception. On a cru un temps que Heroe, le toro de Vegahermosa, allait permettre à Castella de sortir par la grande porte. Que nenni ! Pourtant, après un quite por chicuelinas tout aurait pu démarrer. Il est 19h33, le ciel sombre est tombé sur les arènes et les lumières artificielles s'allument. Un brindis au public nîmois, une entame plutôt sympathique de faena, la musique de Chicuelo II qui tombe de gradins mais le toro n'ira pas plus loin. Castella arrache les passes, s'accroche et décroche une oreille après une belle entière et avoir entendu un avis.

El Rafi dans l'esprit novilleril (Photo Anthony Maurin).

Dernier sur le sable, le Nîmois, novillero, El Rafi. Plutôt en vue au capote, le jeune demande que son adversaire ne soit piqué qu'une fois mais le palco le refuse. Il brinde son opposition au public et attaque sa faena les genoux plantés en terre. La musique s'élève, la faena prend des notes colorées et savoureuses mais la tension reste dans la tête des aficionados et du torero.

Le novillo de Malaga a une sorte de violence incertaine sur la gauche. " Ne t'échappe pas ", dit son apoderado Patrick Varin au novillero. Le Rafi répondra présent par un petit recibir bien exécuté et une oreille. " Ça me fera deux oreilles toutes neuves ", espère l'enfant qui est au premier rang et qui a déjà récolté l'appendice donné par Léa Vicens. Peine perdue, le Rafi donne son trophée plus tôt dans la vuelta...

Toujours El Rafi (Photo Anthony Maurin).

Sixième et ultime de la course. C'est maintenant ou jamais, le Rafi le sait. Il accueille son gros novillo de 480 kilos par quatre très belles larges les genoux à terre. Le public adore, il est conquis et le jeune à l'esprit novilleril comme on les aime. Bravito sous le fer du picador, Blomega répond à nos attentes mais laisse entrevoir un fond de violence.

Le Rafi continue son oeuvre au capote avec un quite por lopecinas puis brinde son adversaire à Sébastien Castella qu'il fait venir en piste à ses côtés. Les coups de têtes du novillo se multiplient et désarçonnent le piéton par leur répétition. Le Rafi essaie encore et toujours de trouver un terrain d'entente mais rien à faire... Aux aciers le jeune torero failli. Trois pinchazos, un entière et salut.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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