A la uneActualitésSociété

NÎMES EN FERIA Enrique Ponce le sorcier et Descreído au moral d’acier

Très belle corrida aux arènes pour le deuxième spectacle de la feria des Vendanges 2020.

Enrique Ponce peu de temps avant de couper deux oreilles à Bocinero (Photo Anthony Maurin).

Deuxième corrida de feria, une de chez Victoriano del Rio pour Enrique Ponce (oreille et deux oreilles), Corrida Diaz (salut et vuelta) et Emilio de Justo (oreille et salut). 3 172 spectateurs à un toro près. Palco assuré par Laurent Burgoa, Jérôme Privat et Victor Jalaguier. Très bon lot de Victoriano del Rio et Cortes, très belle présentation. Vuelta el ruedo à titre posthume pour Descreido de chez Cortes.

La feria du quarantième anniversaire des Vendanges lancée par une vraie mixte, cette nouvelle course promettait monts et merveilles aux amateurs d'histoire de l'art. Tout d'abord parce qu'elle était unique... Oui, trois noms de renom affichés pour la première fois ensemble dans un même cartel ! Assez incroyable mais pourtant vrai.

Descreido de chez Cortes, toro de vuelta touché par Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin).

Enrique Ponce pose depuis trois décades les bases d'une tauromachie d'infirmier-danseur. Curro Diaz tire quant à lui vers un toreo puro, sincère et fait d'amour et d'eau fraîche. Enfin, Emilio de Justo, est sorti du bois il y a trois ans et revient à Nîmes après un combat magnifié face à un de chez Victorino Martin, rappelle-vous ! Un Valencian de Chiva, un Andalou de Linares et un Extremeño de Caceres. prêt pour un bouquet garni de saveurs et de senteurs méditerranéennes et taurines ?

Les génuflexions de Ponce (Photo Anthony Maurin).

Premier en piste, Ponce. Il y a un an tout juste il ne coupait qu'une oreille aux pensionnaires de cette même ganaderia dans nos arènes. Très habile au capote, Ponce brinde par la suite son premier au public. Le reste, on le connaît déjà. Un récital exquis... Tout ce que sait faire Ponce, Ponce le fait devant un noble Victoriano del Rio. Le public répond présent, la musique aussi et c'est toute la palette de l'esthétisme selon le maestro de Chiva qui est passée en revue. On a même droit aux génuflexions qui sont appréciées par les tendidos et chères au coeur de Ponce. La musique de Chicuelo II sublime le tout, une belle entière et un mouchoir blanc qui tombe logiquement du palco.

L'intelligence d'un sorcier, Ponce (Photo Anthony Maurin).

Sur son second celui qui l'an passé a toréé 29 corridas en coupant autant d'oreilles (plus un rabo) fera des merveilles. Un miracle pour certains. Sous les airs de Mission exécutée de fort belle manière par Chicuelo II, Ponce l'infirmier filou revient sur le devant de la scène. Un toro des plus faibles qui aura la chance d'être combattu par un tel maestro. Avec des toques inversés, des coups de pico intelligents et qui, pour le coup, servent l'opposition, Ponce fait danser son savoir-faire et opère une faena chirurgicale pour tirer la substantifique moelle de Bocinero sans jamais l'agresser ni le contraindre. Un discret recibir, une lame ultra fulgurante et deux oreilles à la clé. Une réelle communion comme seul Ponce sait en être le déclencheur à Nîmes. Il n'est peut-être pas le meilleur ou le plus beau mais c'est à coup sûr un des plus intelligents et un des plus aimés !

Naturelle de Curro Diaz (Photo Anthony Maurin).

Après Ponce, c'est Curro Diaz qui foulait la piste nîmoise. L'an dernier il n'avait rien coupé face à une corrida de Robert Margé. Il ne coupera pas plus en 2020... Le toro, natif du mois de mars 2015, sort du toril avec de belles pointes. Bravito sans plus à la pique, il se déchargera rapidement de toutes ses forces. Emilio de Justo prend le quite mais se fait prendre par la même occasion. Frayeur dans les arènes, la corne n'est pas passée loin de la gorge du maestro qui a fait tomber un subalterne alors qu'il tentait de se relever.

Curro Diaz brinde son toro à Ponce et entame sa faena à la ceinture et avec le bras gauche inerte. Le toro s'affaiblit, la musique démarre et les arènes voient un autre style de tauromachie. Sans fioriture, l'Andalou donne de beaux effets mais le manque de transmission de son opposant enlève le piment à ce duel. Une moitié de lame et un descabello affirmé, le toro applaudi à l'arrastre et Curro Diaz salue timidement.

Curro Diaz au capote (Photo Anthony Maurin).

Deuxième affrontement pour le natif de Linares qui démarre bien au capote mais qui voit son toro se faire piquer, pour la deuxième, par le piquero de secours. Curro Diaz brinde son toro au public et débute une faena rythmée, adroite mais... à gauche, savoureuse et aux odeurs de romarin. Diaz emballe la course par sa générosité et son art. Il est à son aise des deux côtés mais se perd aux aciers. Une moitié de lame, encore, un pinchazo puis une entière. Le toro est applaudi à l'arrastre pour les qualités indéniables qu'il a montré et Curro Diaz se lance dans une vuelta bien méritée.

Emilio de Justo devant Descerido (Photo Anthony Maurin).

Emilio de Justo entre en scène sur le sable de la piste d'un amphithéâtre qui le connaît un peu et qui l'aime. Sa récente rouste n'a pas l'air de le déranger ni d'occulter ses esprits. Il aura droit au meilleur toro de la tarde, un de chez Cortes, le seul. Deux belles piques et la musique se met en marche pendant que le piquero est applaudi.

Une faena attaquée avec vigueur et énergie, un troisième style pour les tendidos. De la puissance, de l'émotion avec un grain de bataille qui n'est pas pour déplaire. Le public est dans la poche du costume d'Emilio de Justo qui termine sa faena par des "naturelles" de face, les pieds joints. Un excellent moment taurin et quel toro ce Descreido ! Un pinchazo, une entière, une oreille une vuelta al ruedo pour le toro, évidemment et... la femme du maire éclaboussée par de grosses gouttes de sang au premier rang.

Dernier de la tarde pour Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin).

Dernier de la tarde pour celui qui, en 2019, a coupé la bagatelle de 37 oreilles en 31 corridas. Il faut dire qu'il ne s'est présenté de matador de toros à Nîmes qu'en 2018 (où il avait d'ailleurs confirmé son alternative lors d'une course dantesque). Des chicuelinas en marchant d'un bel effet, Emilio de Justo est prêt pour braquer la banque. De plus, le tercio de banderilles est magnifié par ses subalternes qui saluent à l'issue de leur prestation.

Le maestro de Caceres entame sa faena avec voix forte et séries pleines mais le duel tourne court et tombe en intensité. De Justo anime le public qui est heureux d'avoir pris son billet pour cette course. Il se rapproche des cornes, réduit les distances mais rien à faire même s'il trace quelques belles courbes en embarquant son toro dans des terrains intelligibles et intelligents. Deux pinchazos, une entière et salut après une fin de faena moins intéressante. On en restera là...

Descreido allant à la pique (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

1 commentaire sur “NÎMES EN FERIA Enrique Ponce le sorcier et Descreído au moral d’acier”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité