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NÎMES EN FERIA Juan Leal triomphe avec panache devant un lot décevant

Marcos, à gauche, est devenu matador de toro à Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Corrida de Domingo Hernandez (4) et Garcigrande (2) pour l'alternative de Marcos (salut et timides applaudissements) avec Daniel Luque (salut et salut) comme parrain et Juan Leal (deux oreilles et vuelta) comme témoin. Les toros ne sont pas les mêmes qu'hier... Dommage !

À bientôt 25 ans Marcos Perez Hernandez est encore inconnu du grand public. Il l'est aussi des professionnels qui n'ont pas eu beaucoup d'occasions de le suivre pendant sa carrière de novillero. Pourtant, le 34e matador de toros sacré à Nîmes n'est autre qu'un membre de la famille de feu Domingo Hernandez (propriétaire de l'élevage du jour) en personne.

N'y voyez là aucune malice, c'est un fait. Il est aussi le fils du directeur des arènes de Cuenca où il a débuté en 2016. Marcos a également toréé à trois reprises dans les mythiques arènes de Las Ventas à Madrid. Le dernier maestro ayant son profil et ayant pris son doctorat à Nîmes, le jeune Toñete, vient tout juste d'annoncer qu'il arrêtait sa carrière deux ans après son alternative.

Le paseo de la corrida du samedi soir (Photo Anthony Maurin).

Daniel Luque remplace un Jose Maria Manzanares victime d’une aggravation d’une ancienne lésion au niveau du dos. En effet, le maestro alcantino a dû se faire opérer en urgence ce samedi à León et a renoncé à tous ses engagements. Luque, excellent remplaçant, était présent hier avec Juan Leal dans les gradins pour assister à la corrida de Victoriano del Rio. Heureux de retrouver Nîmes où il avait coupé deux belles oreilles l'an passé, le natif de Gerena a également été sacré dans la cité des Antonin en 2007.

Chute de la cavalerie devant le troisième exemplaire de la tarde (Photo Anthony Maurin).

Enfin, Juan Leal, le régional de l'étape est lui aussi devenu matador de toros dans nos arènes en 2013 ! L'an dernier, il avait coupé trois oreilles de poids et c'est un plaisir de le retrouver dans de pareilles conditions. Pour le paseo de cette unique corrida du samedi de feria, 3 327 personnes dans les arènes à une goutte de pluie près. Au palco, l'élu aux festivités, Frédéric Pastor, est assisté de Gérard Quittard et de Pierre-Régis Pouillard.

Marcos devant son premier exemplaire de Garcigrande (Photo Anthony Maurin).

Premier en piste pour son alternative, Marcos, devant Borrachito de Garcigrande, un toro de cinq ans pesant 526 kilos qui n'aura pas été le meilleur de la course. Sobre au capote Marcos est toutefois intéressant dans ce secteur de la lidia. Daniel Luque prend le quite pour faire monter le degré de competencia et annoncer la couleur de la suite des événements.

Le presque nouveau matador brinde son premier toro au ciel, certainement à son grand-père disparu (le ganadero Domingo Hernandez). Le toro s'immobilise rapidement et ne transmet pas grand chose aux tendidos. Marcos a le mérite d'aller le titiller et de gratter quelques passes tout en se passant borrachito dans le dos. Une entière, salut.

À genoux, Marcos accueille son second adversaire, le dernier de la course (Photo Anthony Maurin).

Sur le dernier de la tarde, un Domingo Hernandez nommé Vidriero (533 kg), le jeune Marcos devenu matador de toros accueille son adversaire les genoux à terre par une larga. Il le brinde au public, entame sa faena par une belle série de doblones et retient une dernière fois le souffle des gradins.

Non, pas tout à fait, après quelques minutes de vide, Marcos achève sa faena par une série de luquecinas en hommage à son parrain du jour. Pas mal. La muleta virevolte dans les airs, le vent s'est levé, les éclairs illuminent le ciel et la pluie approche... Trois pinchazos et une entière avant d'écouter de faibles applaudissements. Marcos est matador de toros.

Très sérieux et précieux Daniel Luque sur son premier (Photo Anthony Maurin).

Daniel Luque s'élance en deuxième position et foule enfin le sable de la piste pour accueillir Revolucionnario (Domingo Hernandez 515 kg). Très à son aise au capote, l'Espagnol voit son toro un poil faiblard se prendre une belle deuxième pique. Juan Leal monte au quite mais rate un peu son effet.

Daniel Luque reprend les commandes de la lidia, brinde son combat au public en présence et entame sa faena qui reçoit rapidement la musique de Chicuelo II pour agrémenter l'instant. À gauche comme à droite, Luque est remarquable mais son toro n'est pas exceptionnel, loin de là. Le maestro initie une superbe série de naturelles et conclut sa faena par sa marque de fabrique, les luquecinas. Deux pinchazos et une entière sous les yeux des footballeurs Renaud Ripart et Anthony Briançon revenus de Lyon. Salut appuyé pour Luque qui méritait mieux.

Une naturelle version Luque (Photo Anthony Maurin).

Deuxième toro de Domingo Hernandez (Ofiverde) pour Daniel Luque et deuxième session à forts enjeux. Hélas, le natif de Gerena, même en étant fabuleux d'inventivité et de technicité dans son toreo, ne peut rien y faire. Son banderillero s'est fait une belle frayeur en se faisant prendre en haut et derrière la jambe gauche...

Le toro n'est pas à la hauteur de ce que propose Luque qui ne peut pas tirer du sang de cette morne pierre. Il essaie tout ou presque, tente d'embarquer le cornu dans des terrains changeants mais impossible d'en faire plus, Luque n'a pas la chance avec lui ce soir. Une belle entière, un descabello décidé et à nouveau le salut pour le maestro.

Juan Leal à genoux au centre de la piste (Photo Anthony Maurin).

Juan Leal est aimé du public nîmois qui connaît bien sa carrière et la trajectoire ascendante qui est la sienne depuis deux ans. Face à lui, Gracioso de Domingo Hernandez (531 kg) pousse le cheval dans des retranchements et le fait tomber tout comme le picador qui se retrouve à terre dès la première pique. Leal brinde son brave adversaire aux tendidos et accueille le cornu au centre de la piste à genoux et dans le dos.

Spectaculaire moment, les gradins adorent et cela met du relief à cette corrida qui en avait besoin. Les arènes sont en feu et Leal en profite pour battre le fer tant qu'il est encore chaud. Une paire de belles naturelles mais une faena à l'intensité décroissante qui se termine dans les cornes et par des luquecinas à genoux histoire de faire mieux que son prédécesseur, l'inventeur de la chose. Une mise à mort très engagée et à l'effet fulgurant, deux oreilles avec forte pétition des gradins.

Juan Leal pour son entame de faena, debout au centre de la piste (Photo Anthony Maurin).

Sur son second duel, Juan Leal doit encore marquer les esprits et doit surtout affronter et maîtriser les charges d'un Garcigrande (paso doble ?) qui le désarme et le fait voler dans les airs. Avant cela, Marcos a pris le quite.

Juan Leal brinde à nouveau son toro au public et le reprend dans le dos au centre de la piste mais cette fois debout et les pieds bien ancrés au sol. C'est d'ailleurs ce qu'il fera tout au long de la lidia, il restera solide et volontaire. Hélas, le toro est décevant et Juan Leal retourne dans les cornes en se faisant toucher la muleta à de multiples reprises même s'il parvient à lier une paire de séries. Encore une belle estocade et une pétition minoritaire pour une oreille. Vuelta méritée.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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