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NÎMES EN FERIA Castella coupe la seule oreille d’un mano a mano bien terne

Le paseo de l'ultime course de la feria, un mano a mano entre Castella et Perera départagé par des toros de Jandilla (Photo Anthony Maurin).

Mano a mano de Jandilla (5) et Vegahermosa (1) pour Sébastien Castella (silence, silence et oreille) et Miguel Angel Perera (applaudissements, salut et silence). Au palco, Laurent Burgoa assisté de Jean-Pierre Crudo et de Catherine Idoux. Meilleure entrée de la feria avec 3 839 personnes à une grappe de raisin près.

Dernière corrida du cycle nîmois et après quatre courses différentes en matière ainsi qu'en tonalité, ce mano a mano devait clore les débats. Les Chicuelitos, club taurin de jeunes nîmois, ont scandé leur orgueil et leur fierté d'être des aficionados français. Ils répondaient par une banderole et quelques " égosillements " à un vil papier d'un journaliste aigri qui sévit pour le compte du quotidien espagnol El País et qui avait déblatéré des propos peu élégants sur les acteurs de la corrida de vendredi soir...

La banderole des Chicuelitos (Photo Anthony Maurin).

Le mano a mano de Jandilla (avec un Vegahermosa) était le fait d'un homme, Borja Domecq, décédé cette année de la Covid-19. La moitié de ses toros devait d'ailleurs être lidiée en France. Le public en présence, pourtant relativement nombreux malgré les conditions sanitaires et climatiques exceptionnelles, n'a peut-être pas été complètement absorbé par la course.

Naturelle verticale de Sébastien Castella devant son premier (Photo Anthony Maurin).

Retour en piste pour cette ultime corrida de feria. Le chef de lidia de ce mano a mano, dont le sobresaliente est Jérémy Banti, est le Biterrois Sébastien Castella qui d'emblée affronte Persuasivo après avoir défiler pour la seconde fois à Nîmes lors de cette feria des Vendanges placée sous le signe de la Covid-19. Un toro qui ne se fixe pas. Un duel qui ne débute pas, une faena brindée au maire de Nîmes Jean-Paul Fournier mais qui demeure lente et engluée dans la langueur (mais aussi et parfois dans la précision). La musique y met du relief. Un avis, une épée et cinq descabellos plus tard Sébastien Castella retourne derrière le burladero.

Castella avec un derechazo sur son second (Photo Anthony Maurin).

Avec Regador, le Biterrois s'en sortira un peu mieux mais le toro ne plaît guère aux tendidos. Le début de la lidia est chaotique, le toro semble faible. Gabin Rehabi, le picador, rate sa première pique et le cornu s'entrave dans la corde du caparaçon. Un subalterne se retrouve au sol et Castella reprend les manettes pour un quite puis place lui-même le toro en position pour recevoir les banderilles. La musique intervient au milieu de la faena, Sébastien a dû voir quelque chose que nous n'avons pas décelé dans ce toro mais la faena s'embourbe et le toro ne transmet finalement pas grand chose hormis en toute fin de faena quand Castella se rapproche de lui. Une entière, un avis et trois autres descabellos...

Castella coupera une oreille sur son troisième et dernier toro (Photo Anthony Maurin).

Tenebroso sera le seul toro de la tarde qui perdra une oreille. Un beau toro bien fait. Castella débute bien au capote et laisse le quite à son ami Jérémy Banti qui fait office de remplaçant. Les banderilleros saluent après un tercio vibrant. Décidé, Castella entame sa faena au centre de la piste par une série de passes dans le dos comme il sait si bien le faire. Le public réagit à peine mais la musique retentit après deux nouvelles séries plus classiques. Le toro est le meilleur de la tarde et transmet de belles choses. Une entière engagée mais en mauvaise place. L'épée est toutefois fulgurante. Le toro est applaudi et Castella fait tomber un mouchoir blanc.

Pecho de Perera sur son premier (Photo Anthony Maurin).

Iralimpio, le seul toro de Vegahermosa est le premier toro de Miguel Angel Perera et autant dire qu'il ne restera pas dans les mémoires. Le piéton ne parvient pas à le voir au capote mais se lance le défi d'un quite de belle facture. Son banderillero salue après la pose de deux paires parfaites de bâtonnets. Début de faena, Perera brinde ce toro au ciel, peut-être pour feu Borja Domecq. Faible après quelques petites séries seulement, le toro ne trouve pas le torero sur la distance. Une épée peu orthodoxe, un toro est hué à l'arrastre et le maestro est applaudi derrière la barrière.

Perera à son aise à droite (Photo Anthony Maurin).

Ferretero semble encore plus faible dès les premiers capotazos... Pourtant Castella monte au quite ! La competencia, voilà ce qui a aussi manqué pour que ce mano a mano soit un final en apothéose ! Perera brinde étonnamment le toro au public, attaque sa faena les genoux rivés au sol avec des passes dans le dos au centre de la piste. Le toro se réveille et se révèle quand le maestro lui donne de l'air et lui demande de venir de loin dans la muleta. Dix mètres, c'est la bonne distance et le toro reprend de l'allant et vient bon train. Perera réédite cela plusieurs fois et crée quelque chose. La musique sonne et résonne, la main gauche de Perera est fantastique et la charge du cornu va bien avec. Perera achève sa faena par des luquecinas. Une épée, deux avis et encore deux descabellos qui font perdre le trophée au piéton. Le toro est applaudi à l'arrastre et Perera salue en piste, logique.

Belle naturelle de Perera sur son ultime toro (Photo Anthony Maurin).

Gañan sera dédié à Gagnaire. Perera brinde son toro à Pierre Gagnaire, le chef du Duende (restaurant gastronomique de l'Imperator). L'Espagnol est en effet allé manger à Paris dans un autre restaurant de l'immense chef l'an dernier et semble avoir apprécié l'expérience ! Olé ! Mais pour l'occasion, les arènes restent froides comme une mauvaise entrée. Comme depuis le début de cette course de clôture et comme le travail qu'offre Perera qui sert un plateau peu varié de son savoir-faire... Tantôt technique mais sans relief, tantôt sans créativité, le temps passe et Perera n'arrive pas à trouver la clé pour résoudre le problème. Il finira par des naturelles de face qui sont passées quasi inaperçues. Un avis, une épée vraiment pas top et un descabello, silence et arrêt des jeux...

Sébastien Castella (Photo Anthony Maurin).

La piste, après les orages de la nuit et la corrida de rejon du matin, même si elle était sèche et tout à fait praticable, n'a pas été arrangeante dans toute cette histoire. Surtout au centre, très molle, elle faisait perdre les pieds aux toros déjà faiblards, dommage.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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