A la unePolitique

GARD La Gauche menacée de perdre le Conseil départemental

Denis Bouad sur le parking de la préfecture avant l'annonce des résultats (Photo : Coralie Mollaret)

Les résultats des Sénatoriales, ce dimanche, déstabilisent le Conseil départemental. Élu sénateur, le président socialiste Denis Bouad doit faire élire un nouvel exécutif. Mais à six mois des Départementales, la Droite tente de son côté de récupérer la collectivité. 

La chasse est de nouveau ouverte pour la présidence du Département. En 2015, la collectivité avait bien failli basculer à Droite. En cause : la majorité relative qu’avaient livré les urnes, accordant 22 élus (socialistes, communistes et écologistes) au président, élu du canton d'Uzès, Denis Bouad. Cinq ans plus tard, les lignes ont peu bougé. L'opposition de la Droite et du Centre, tirée par Laurent Burgoa (Les Républicains) et Thierry Procida (Union des démocrates et indépendants) a gagné une élue (soit 21 élus) issue du groupe Rassemblement national qui, lui, ne compte plus que trois élus.

La secousse des Sénatoriales 

Les résultats des Sénatoriales, ce dimanche, ont fragilisé ces équilibres politiques. D’abord, le président du Conseil départemental, Denis Bouad, a été élu sénateur. Loi sur le non-cumul des mandats oblige, le socialiste a jusqu’au 27 octobre pour démissionner. Un nouveau vote aura lieu début novembre pour élire le ou la nouvelle président(e). Lundi, en réunion de majorité, ces élus ont désigné Françoise Laurent-Perrigot pour remplacer Denis Bouad : « C’est la plus consensuelle. Une femme d’expérience, ancienne sénatrice. »

Deuxième vice-présidente, l’élue du canton de Quissac est en charge du très haut débit. Françoise Laurent-Perrigot a un autre atout : elle ne nourrit aucune rancune envers Alexandre Pissas. Car une fois de plus, l'élu bagnolais est la clef du scrutin. La campagne des Sénatoriales a été marquée par sa querelle avec Denis Bouad. « Le président lui a piqué l’investiture PS et a été élu sénateur. On comprendrait qu’il ait envie de se venger », commente un élu.

Cette division a d'ailleurs coûté, à la Gauche ce dimanche, un deuxième siège de sénateur. Siège que la Droite lui avait raflé en 2014. L'union en bandoulière, les conseillers départementaux de Gauche vont tenter de convaincre Alexandre Pissas. « Il est profondément de Gauche. Son score aux Sénatoriales n’a pas été bon. Dans le cas contraire, il aurait pu se battre pour la présidence du Département. Là, j’en suis moins sûr », commente une autre de nos sources. 

La Droite élabore sa stratégie 

À Droite, l'opération séduction a commencé. En échange d’un ralliement, d’une abstention ou d’une absence le jour du scrutin d'Alexandre Pissas, l’opposition lui garantirait tous ces mandats. Elle lui offrirait, en prime, la présidence du bailleur social Habitat du Gard. Cette précieuse présidence que le maire de Tresques souhaitait ravir à Denis Bouad en 2015. Le problème, c'est que le maire Les Républicains de Nîmes, Jean-Paul Fournier, n'y croit pas trop : « En 2015, on avait bien essayé de le récupérer, mais ça n’a pas marché… » 

Le couteau entre les dents, Laurent Burgoa peaufine sa stratégie. « On a un esprit politique. On ne va pas lâcher l’affaire. C’est une chance historique de faire tomber le Département. À six mois des élections Départementales, c’est un plus », fait remarquer un républicain. Lui-aussi élu sénateur dimanche, Laurent Burgoa a adoubé Frédéric Gras, élu d’Alès 3 et maire de Saint-Césaire de Gauzignan, pour briguer la tête de l'exécutif en novembre. « Il passe bien, il n’est pas clivant », poursuit notre source. Le problème, c'est que la Droite a aussi son lot de divisions.

Divisions de toutes parts

En 2015, l’élu du canton de Marguerittes, William Portal, et sa binôme, Joëlle Murre, se sont abstenus, douchant les espoirs de Laurent Burgoa de devenir président. Du coup, en échange d'une véritable alliance, une partie de la Droite propose d'offrir aux élus "centristes et indépendants" un paquet de vice-présidences. Une offre alléchante que pourrait faire aussi... Denis Bouad, le président s’étant rapproché, il y a quelques mois, de William Portal sur la question des mineurs étrangers. 

Enfin, la Droite départementale ne doit pas oublier le maire et conseiller départemental de Saint-Gilles, Eddy Valadier. Sa candidature avortée à la présidence de l’Agglo lui vaut encore le courroux de sa famille politique. Aux Départementales 2021, Jean-Paul Fournier pense envoyer contre lui le maire de Générac, Frédéric Touzellier. Une autre des nombreuses dissidences faisant planer sur le Département du Gard un avenir plus qu'incertain. 

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Etiquette

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité