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ÉCONOMIE Le grand tour d’Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg, hier soir, sur la scène du parc des expositions, à l'occasion du Business and Connect organisé par Gard Entreprises. (Photo Corentin Migoule)

Pendant deux jours, l’ancien ministre du Redressement productif a arpenté les routes du bassin alésien au contact des acteurs économiques qui font sa richesse.

Avant d’aller à la rencontre des chefs d’entreprise du bassin alésien à l’occasion de l’incontournable rentrée économique du réseau Gard Entreprises, hier soir, au parc des expositions de Méjannes-les-Alès, Arnaud Montebourg s’est rendu à Anduze, visiter l’entreprise Les enfants de Boisset, qui fabrique des poteries traditionnelles. L’ancien ministre PS de l’Économie devait enchaîner avec la visite des locaux de l’entreprise Senfas à Saint-Privat-des-Vieux, mais en raison d’un timing trop serré, elle a été reportée à ce matin.

L’heure était donc venue de rejoindre les plus de 300 patrons et décideurs économiques qui attendaient son arrivée dans l’enceinte du parc des expos, où de nombreuses chaises sont restées inoccupées. Après un passage à chaque stand où l’ancien avocat a multiplié les photos, les cloches de l’entreprise Bodet ont enclenché une Marseillaise qui a coïncidé avec la montée sur scène des protagonistes de la soirée.

Arnaud Montebourg découvre une réalisation d'un élève de la filière maçonnerie du CFA. (Photo Corentin Migoule)

Christophe Rivenq a joué son rôle de président d’Alès Agglomération en vantant les atouts de « son monde » : « Vous êtes ici sur un territoire exceptionnel. Un territoire qui dans les années 80, après la fermeture des mines, comptait 25 % de taux de chômage. Et petit à petit, a su se redresser en se relevant les manches. Aujourd’hui le temps d’Alès Agglomération est arrivé. Je pense que le temps des territoires à taille humaine est arrivé. Je ne vais pas vous dire qu’Alès est le centre du monde, mais c’est le centre de mon monde. » Et s’il a pu parfois faire preuve de ‘‘chauvinisme cévenol’’, égratignant au passage Uzès et Nîmes, le premier adjoint à la mairie d’Alès retombait sur ses pattes : « En tant que nouveau président du Pôle métropolitain, je défends aussi la capitale gardoise. »

« Un pays qui ne produit pas, c’est un pays qui s’appauvrit »

Le président de Nîmes Métropole, Franck Proust, qui lui a succédé au micro, ne lui en tenait pas rigueur : « Le rapprochement des deux Agglos dans le cadre du Pôle métropolitain est un vrai atout pour notre territoire. » Avant de recentrer le débat autour du leitmotiv porté par Arnaud Montebourg : « On ne peut pas parler de Made in France sans protection de nos investissements. Car si nous ne sommes pas contre les investissements étrangers, nous sommes contre les investissements étranges. C’est à dire ceux qui ne répondent pas à une logique économique, mais à une logique politique. »

Dernier à se présenter au pupitre, l’ancien ministre du gouvernement Hollande s’avançait sans notes ni discours préparé, pour une tirade qui allait durer plus d’une demi-heure : « Le citoyen d’aujourd’hui a un cerveau droit qui défend le pouvoir d’achat, qui veut des prix bas. Et il a aussi un cerveau gauche qui réclame un emploi pour ses enfants, qui aime les petites entreprises sur son territoire, les lois sociales et de santé. Les deux moitiés sont en train de se reconnecter et voici que nous obtenons un homme nouveau. Un être qui a pris conscience de la mondialisation et de sa dangerosité sur les plans sanitaires, environnementaux notamment. » Et de poursuivre en exhortant l’État de faire preuve de plus de patriotisme économique : « Un pays qui ne produit pas ou qui produit de moins en moins, c’est un pays qui s’appauvrit et qui enrichit les autres. C’est aussi un pays soumis aux normes des autres. » Avant de résumer sa politique du Made in France par la formule : « Ça consiste à ne pas laisser partir tout ce que nous avons, à rapatrier tout ce que nous avons perdu, et a créé tout ce que nous n'avons pas. »

CFA BTP du Gard et Senfas : Méjannes-les-Alès à l'honneur

Le chef d’entreprise reprenait sa tournée des ''pépites'' du territoire très tôt ce matin. Sophie Voisin, directrice du CFA BTP du Gard assurait la visite des locaux. Les étudiants de la mention complémentaire post-bac chauffagiste attendaient sagement le ministre qui y allait de ses questions pratiques : « Vers quelle direction orienteriez-vous un client qui voudrait changer sa chaudière au fioul ? »

Lilou, élève du CFA BTP Gard, remet son œuvre qui représente les femmes dans le bâtiment, à Arnaud Montebourg. (Photo Corentin Migoule)

« On est fiers de faire partie du futur monde en suivant une formation qui prend en compte les problématiques environnementales », lancera l’un des jeunes inscrits à la nouvelle mention complémentaire. Pas avare en interrogations, l’ancien ministre socialiste ne l’était pas non plus en photos. Il a ainsi immortalisé la plupart des réalisations des élèves, dont celle du maçon Benjamin Ranchoux, qui lui a valu le titre de meilleur apprenti de France (notre photo). Pressé par le temps, Arnaud Montebourg ne s’est pas éternisé dans les locaux de l’entreprise florissante Senfas, dirigée par Michel d’Ozenay, mais a apprécié les amandes, à peine sorties de l’atelier de production, et qu’il n’a pu s’empêcher de goûter. Le Bourguignon a semble-t-il aimé son séjour en Cévennes dont il a « pris la pleine mesure du potentiel. »

Corentin Migoule

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