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NÎMES Depuis plus de 50 ans, le jazz a fait rayonner Nîmes

L'association Jazz 70 a 50 ans et fête son bel anniversaire par une grande exposition.

Le public des arènes de Nîmes le soir du concert de Keith Jarrett le 8 juillet 1983 (Photo Christian Ducasse).

Croyez-le ou non mais l'histoire du jazz s'est aussi écrite à Nîmes ! Avec " Jazz never stops ", l'association Jazz 70, créée le 1er septembre 1970, fête 50 ans à Carré d'art avec une belle exposition qui retrace cette histoire du 6 octobre au 15 novembre.

Le jazz, pour son histoire nîmoise, débute en 1946 à la cave de Jacques Taillefer. Boris Vian y est venu en personne... Non loin de là, Sidney Bechet ou encore Louis Armstrong se sont baladés dans les rues de la cité et dans les couloir de l'Imperator. C'est le début de l'exposition proposée par Jazz 70 à Carré d'art.

Stéphane Kochoyan et Laurent Duport de l'association Jazz 70 (Photo Anthony Maurin).

Guy Labory reprend alors le Hot Club pour en faire le Jazz Club parce que pour lui, contrairement à d'autre, le jazz n'est pas mort et poursuit son évolution. Bonne idée car c'est à partir de là que la ville va continuer à attirer les grands noms du jazz contemporain. Nous sommes en 1956. Dès 1965 et dans la logique de création d'une association qui sera Jazz 70, les choses s'accélèrent pour déboucher en 1976 sur le premier festival de jazz de Nîmes dans les arènes.

À la fois singulier et pluriel

" Le jazz n'est pas qu'à Paris et ici une revue de jazz et de pop music a été créée, note Stéphane Kochoyan, membre de l'association qui fête son cinquantenaire. Les trois premiers numéros seront consultables sur une tablette pour l'exposition. Le jazz à Nîmes était alors porté par le Jazz Club en complémentarité avec Jazz 70 car on jouait tous les jazz ! "  Il le dit très bien lui-même mais le jazz est à la fois singulier et pluriel.

Miles Davis en 1985, toujours à Nîmes (Photo Jean-Marc Birraux).

" Le frère de Guy Labory nous a donné toutes ses archives que nous avons à notre tour déposé à Carré d'art. Cette mémoire est travaillée, traitée, inventoriée car Carré d'art joue à la perfection son rôle de conservation et de bibliothèque. Cette exposition est l'aboutissement de tout le matériel mais l'histoire continue avec notre partenariat avec la plateforme QwestTV ", rappelle le président de Jazz 70 depuis 2006, Laurent Duport.

Cinquante citations agrémenteront les affiches, photos, souvenirs et autres moments de musiques de ces cinquante années de jazz à Nîmes sur le mur Foster de Carré d'art. " Il faut dire qu'à l'époque du festival de jazz, dans les arènes, il n'y avait que Carmen, la corrida et Holiday on ice ! Miles Davis et tant d'autres sont venus jouer ! ", rappelle Stéphane Kochoyan.

Les concerts nîmois remplissaient alors l'amphithéâtre que certains jazzmen voulaient même acheter... " Notre festival était reconnu grâce à sa programmation d'avant-garde qui n'excluait jamais la grande tradition. C'était la période de l'âge d'or du jazz et son histoire s'est aussi jouée ici. Toutes les générations étaient à Nîmes mais à l'époque, personne n'avait conscience du poids qu'aurait ce festival dans l'histoire du jazz. Je pense que la prise de conscience de Nîmes terre de jazz n'est pas encore révélée ", ajoute Laurent Duport.

Le temps des essais

En 1988, le festival s'est arrêté. L'année précédente, des concerts avaient été annulés à cause de la pluie et la trésorerie de l'association avait pris un coup dans les gencives. Le festival ne s'est plus jamais fait dans les arènes, ni aux Jardins de la Fontaine, ni à Caveirac.

Un panneau de l'exposition à voir à Carré d'art du 6 octobre au 15 novembre.

Après cette maudite 13e édition (le sort a été rompu cette année avec le Nîmes métropole jazz festival qui en est à sa 14e édition), Guy Labory a payé les dettes de Jazz Club qui avait déposé le bilan. Il y eut un grand concert de soutien. Jean-Paul Fournier avait lui aussi soutenu le festival et l'association mais Jean Bousquet, alors maire de la ville, s'est senti moins impliqué. Il avait pourtant lui-même dit tout le bien que le jazz faisait à la cité des Antonin quand une tête d'affiche y jouait...

Un auto-collant...

Dès 1989 et l'arrivée de Bernard Souroque, diverses choses furent mises à l'essai. Un festival en lien avec Heineken, un autre nommé Jazz à Daudet puis le Printemps du jazz qui a tenu quelques années. Sous le premier mandat de Jean-Paul Fournier, le jazz nîmois trouve refuge à Caveirac puis, Joël Vincent, Jean-Max Bayou et Jean-Paul Fournier créent la commission qui initie le festival de Nîmes métropole l'Agglo au rythme du jazz. L'appel d'offres est lancé pour l'organiser et Jazz 70 est choisie. Depuis a recommencé une belle collaboration qui tient toujours et qui lie Nîmes métropole au jazz.

Le jazz, est aussi un vecteur de popularité et d'accueil touristique (Photo Anthony Maurin).

" Le jazz était considéré comme étant important. Il sert à la diffusion de la culture dans les villages de l'agglomération et peu de choses que nous avons proposé n'ont pas été retenues par Nîmes métropole depuis, affirment Stéphane Kochoyan et Laurent Duport. Le Nîmes métropole jazz festival a du sens, surtout avec sa partie Off. Nous sommes reconnus comme association d'intérêt général depuis 2015. Ça prouve bien que nous sommes légitimes et que Jazz 70 est une association saine ! La nouvelle mandature doit comprendre qu'il y a une vraie histoire et un vrai public car le jazz représente des belles valeurs comme la liberté, la paix, la tolérance, l'innovation. Nîmes rayonne largement grâce à cette culture. "

Le négatif n'était pas de bonne qualité mais nous voilà au lendemain de l'incendie de l'ancien théâtre fin octobre 1952... Sur le mur arrière de l'édifice où l'on voit encore une échelle de pompier et un policier repousser les badauds, une affiche persiste, Sidney Bechet est passé par là (Photo Archives Hervé Collignon Archives municipales de Nîmes).

En effet, sans volonté politique, surtout à l'heure actuelle, il est très difficile d'organiser un festival. Cette exposition dont les photos de Christian Ducasse et Jean-Marc Birraux mettent en évidence des moments forts de la vie de la ville ne fait que retracer une histoire qui se poursuit, une histoire qui a du sens, une histoire dont il faut savoir entretenir la moindre parcelle. Cette exposition fait face à la pandémie et propose également une bonne dose de résilience. C'est un acte militant qui dira aux visiteurs qu'il faut continuer d'avancer.

L'affiche du premier festival de jazz à Nîmes.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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