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FAIT DU SOIR Claude Cerpédes, maire de Saint-Martin-de-Valgalgues : « C’est une atteinte à mon honneur »

Claude Cerpédes maire des Saint-Martinois depuis 2014. (Photo Corentin Migoule)
Claude Cerpédes lors de notre entretien en mairie. (Photo Corentin Migoule)

Six mois après sa réélection à la tête de la mairie de Saint-Martin-de-Valgalgues, le maire communiste a évoqué sans ambages son regret de voir sa proximité avec les Saint-Martinois mise à mal par la pandémie, la cohabitation avec la nouvelle opposition et un « glissement vers la Droite » observé aux dernières élections sénatoriales. Entretien.

En triangulaire, vous avez obtenu le plus gros score de l’agglomération d’Alès (réélu pour un deuxième mandat avec 71 % des suffrages). Comment expliquez-vous ce quasi plébiscite ?

C’est la reconnaissance d’une transformation (il se reprend), non pas une transformation, mais une évolution positive de la commune. Pour vous donner un exemple, quand je suis arrivé en 2014, il y avait de très nombreux logements sociaux de libres. Aujourd’hui, ils sont tous occupés (340) et j’ai une liste d’attente d’au moins cinquante personnes. Soixante-six sont en construction ce qui nous permettra d’atteindre les 20 % et fera de nous la troisième commune de l’Agglo de plus de 3 500 habitants à atteindre ce chiffre. Je crois aussi que Saint-Martin avait mauvaise presse. Les gens avaient la vision d’un village dortoir, où il ne se passait pas grand-chose.

Si c’est moins le cas aujourd’hui, à quoi le doit-on ?

On a fait évoluer les choses via l’aspect visuel notamment, aux entrées de la commune, mais aussi avec un travail de fond sur l’animation. Si on met entre parenthèses la pandémie de covid, on observe une vraie émulation des associations. Nous avons une magnifique salle avec l’espace La Fare Alais. Or, jusqu’en 2014, il ne s’y passait presque rien. Il y avait un gros spectacle chaque année (il cite les humoristes Patrick Bosso et Roland Magdane) et deux-trois bricoles mais c’est tout. Aujourd’hui, la salle est prise tous les week-ends, le vendredi inclus.

Quels sont les grands projets du mandat dont vous êtes fiers et qui sont sans doute à l’origine de votre réélection ?

En six ans, j’ai fait 96 réunions publiques. Parfois on n’est que 10 car ça correspond à un petit quartier où l'on s’apprête à faire quelque chose. Mais on a aussi été 250 à une réunion sur la désertification médicale qui a débouché sur une sorte de référendum, une votation citoyenne avec la question : « Êtes-vous pour ou contre la construction d’une maison de santé ? » Il y a eu 46 % de votants et parmi eux, 93 % ont répondu oui. On a réalisé 95 % du programme électoral que nous avions annoncé au départ. Ce ne sont pas des promesses, ce sont des engagements. Ce n'est pas 100 % car parfois financièrement ou techniquement ce n’est pas possible. Dans ce cas on explique sans langue de bois.

Vous avez connu le rôle de maire avant le coronavirus, vous l’exercez désormais avec cette pandémie. Quel est son impact sur vous et votre commune ?

C’est difficile car je fonctionne beaucoup avec la proximité. Je ne suis pas sûr de pouvoir embrasser toutes les mamies comme j’ai l’habitude de le faire lors du repas des aînés au mois de mars. (rires) Sur le plan économique, on a eu très peur pour nos commerces. On n’a pas de grosses industries mais l’activité de la zone Sainte-Barbe a fortement baissé. Je regarde tous les 15 du mois sur le portail emploi le nombre de demandeurs d’emplois : il est passé de 373 à 415. Tous les mois ça augmente et là vont arriver les jeunes qui sortent de leur cursus scolaire… Les coiffeurs avec lesquels je discute me disent qu’ils enregistrent une baisse d’environ 20 %, notamment chez les messieurs, car certains avaient pris l’habitude de se couper les cheveux eux-mêmes pendant le confinement et continuent.

Quels sont les grands projets du mandat à venir et peuvent-ils être remis en cause par la situation sanitaire ?

Pour commencer, on s’est engagés à ne pas augmenter la pression fiscale jusqu’en 2026. On n’y touchera pas. Parmi les grands travaux, il y a forcément la maison de santé (coût estimé à 1,5 million d’euros) pour laquelle le permis de construire vient d’être déposé. La rénovation des vestiaires du stade est en cours et la construction d’un gymnase (autour de 2 millions d’euros) est prévue d’ici la fin du mandat. Le sport me tient très à cœur. Ce gymnase est une nécessité car nous n’avons pas, à l’exception du dojo, de lieux couverts pour faire du sport. Enfin, deux hectares et demi de terres ont été achetés en juillet dernier. C’est une réserve foncière pour les paysans qui nous sollicitent. On y fera aussi un parcours botanique et on a déjà une forme d’engagement avec l’hôpital psychiatrique qui veut développer des activités de jardinage avec ses patients. Mais on ne peut pas tout faire en même temps. Il faut échelonner nos demandes pour nos financeurs. On ira chercher l’argent partout en tapant à toutes les portes et en pleurant s’il le faut. Par le passé, la municipalité ne faisait jamais de demandes de subventions. Aujourd’hui, même quand on est sûrs de ne pas en avoir on en demande (rires).

Votre équipe est extrêmement majoritaires aux conseils (24) face aux trois conseillers d’opposition. Comment se déroulent ces premiers mois de cohabitation ?

Je cohabite très bien avec madame Bonneté (Brigitte Bonneté-Favre) qui n’est jamais venue aux conseils (rires). Pour les Sénatoriales, ma liste avait le droit de nommer quatorze grands électeurs et l’opposition un seul. On a eu nos quinze grands électeurs. Donc on cohabite très bien puisqu’ils ne font rien. En revanche, madame Bonneté avait déposé un recours suite aux dernières élections municipales où elle a fait 11 % et dont elle affirme qu’elles ont été truquées. Or il y a des preuves en photos qui ébranlent cette accusation. On va donc attaquer au pénal pour dénonciation calomnieuse. C’est une atteinte à mon honneur, à celui de mes colistiers et de mon personnel qui tenait les bureaux de vote. Je ne peux pas laisser passer ça.

Vous évoquez les élections sénatoriales. Quel est votre regard sur le résultat qui a offert deux sièges à la Droite (Vivette Lopez et Laurent Burgoa) et un seul à la Gauche (Denis Bouad) ?

C’est dommage car j’y croyais pour la Gauche. Globalement, on aperçoit un léger glissement à Droite, ce qui démontre une impérieuse nécessité de faire l’union de la Gauche, partout et tout le temps. À l’époque, en tant que communiste, j’ai pu me faire houspiller car j’ai fait en 2014 un meeting avec le député socialiste Fabrice Verdier. Nous ne sommes pas toujours d’accord avec les socialistes, mais on partage un certain nombre de valeurs. C’est comme dans un couple, il faut des compromis. Si c’est toujours le même qui l’emporte, ça ne marche pas longtemps. On doit s’unir pour tous les scrutins de listes : municipales, départementales et régionales. Après pour la Présidentielle on verra, c’est une autre dimension. Europe-Écologie-Les Verts doit faire attention à ne pas trop vouloir être hégémonique. Il ne faudrait pas qu’ils tombent dans cette tare là. Seuls ils n’y arriveront pas.

Corentin Migoule

Contactée par téléphone, Brigitte Bonneté-Favre a indiqué « ne plus vouloir commenter ce recours », avant de raccrocher aussitôt.

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