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FAIT DU SOIR Fuir la ville pour la campagne, le choix de vie de Julie

Julie Seguin a été webmaster pendant dix ans (Photo Corentin Corger)

Webmaster pendant dix ans à Lyon, la Nîmoise Julie Seguin a tout quitté en 2016 pour monter sa propre pépinière. Revenue à Nîmes, elle cultive désormais des plants potagers et aromates. Grâce au lancement d'une cagnotte en ligne, elle est proche de pouvoir financer une serre bioclimatique indispensable pour que sa production soit pérenne.

Un emploi durable, un appartement, être en couple... une vie bien installée qui convient aujourd'hui pour la majorité d'entre nous. Mais pour certains, ce rythme effréné de la ville s'avère étouffant et ils sont de plus en plus nombreux à tout quitter pour vivre en pleine nature. Franchir ce pas s'ancre davantage dans l'ère du temps. Webmaster pendant 10 ans dont cinq à Lyon, la Nîmoise Julie Seguin a décidé de tout plaquer en 2016 après un an de réflexion. "J'avais tout et rien à la fois. Voir l'écart entre les pauvres et les riches poussés par une surconsommation d'avoir toujours plus à côté de gens qui font la manche j'en avais des frissons", commente l'intéressée qui a eu une prise de conscience.

La lecture d'études sur l'agroécologie et les fermes d'avenir ou encore des reportages vont contribuer à la convaincre. "C'était aussi une volonté de me rapprocher de ma maman malade", confie-t-elle, ce qui va sceller son choix. Avant de s'installer comme maraîchère Julie doit apprendre un nouveau métier. Elle débute sa reconversion en faisant du "woofing", une pratique qui consiste à travailler quelques heures dans une exploitation agricole biologique en échange du gîte et du couvert. Cette formation particulière l'amène au Portugal, dans divers endroits de l'Hexagone et notamment à Pau chez un producteur de plants où un déclic a lieu pour envisager de se lancer dans la même culture.

Diplômes et installation

"C'était aussi le moyen de voir si j'étais physiquement apte et j'ai été rassurée". Pour être crédible dans son nouveau secteur d'activité, la Gardoise passe également des diplômes. Elle obtient son BPRA (Brevet professionnel responsable d'exploitation agricole) en juin 2019 après avoir validé un CCP (Cours certifié de permaculture). Une forme d'agriculture régie par la règle des cinq R : refuser, réduire, réutiliser, recycler et rendre à la terre. Désormais prête, cette femme aujourd'hui âgée de 38 ans loue à partir de juillet 2018 une parcelle en friche près de l'hippodrome de Nîmes.

Julie Seguin souhaite construire une serre bioclimatique (Photo Corentin Corger)

Après un gros nettoyage, elle démarre sa production de plants avec une quarantaine de variétés de légumes, fruits et aromates. Pour abriter ses cultures elle construit une première serre en famille en février 2019, ce qui vient marquer le début de "La Juberie", le nom que Julie donne à sa pépinière. Au stade de l'expérimentation sur l'année 2020, la Nîmoise souhaite maintenant commercialiser ses plants directement aux particuliers en intégrant une association de producteurs. Pour parvenir à ses fins et faire pousser ses semences dans de bonnes conditions, elle a besoin d'un nouvel équipement.

Serre bioclimatique : encore 1 200€ à trouver

Une serre bioclimatique chauffée à l'énergie solaire, construite de manière écologique, indispensable à son activité afin d'éviter les écarts de température entre le jour et la nuit de janvier à mai durant la saison des plants. "Même chez nous on peut avoir des différences de 10 à 15 degrés", commente l'agricultrice. Pour financer cette structure et le matériel nécessaire à la production de plants et micro-pousses, Julie Seguin a lancé une cagnotte en ligne ouverte à tous.  À quatre jours du terme de cette campagne, plus de 3 300 € ont été récoltés sur les 4 500€ nécessaires pour que son projet aboutisse grâce à la participation d'une cinquantaine de contributeurs.

Un projet que Julie touche du bout des doigts et qui compte sur les derniers donateurs pour boucler rapidement son budget car la construction est prévue à la fin de l'année. Pour pouvoir ainsi démarrer convenablement la saison 2021 où "La Juberie" devrait obtenir la certification Ecocert, le dossier est en cours d'instruction, qui garantit aux consommateurs l'usage par l'exploitant de meilleures pratiques environnementales. Cette serre n'est qu'un pendant de ce à quoi rêve sur le long terme cette ancienne citadine. "Donner vie à une micro-ferme autonome et solidaire en polyculture-élevage", imagine-t-elle où chacun viendrait partager un moment au plus près de la nature. Dans son potager mais aussi avec ses six poules qui l'accompagnent au quotidien, où elle se sent très épanouie : "je profite des sons et des odeurs, je peux prendre le temps pour observer et m'occuper de mon chat. Je ne regrette rien !".  

Corentin Corger

Retrouvez la cagnotte en ligne de Julie sur Bluebees.fr, le site internet de la Juberie ainsi que la page Facebook

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