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LE 7H50 Jean-Charles Bénézet, maire de Saint-Christol-les-Alès : « On se creuse la tête dix fois plus que d’habitude »

Jean-Charles Bénézet, maire-sortant de Saint-Christol-lez-Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Jean-Charles Bénézet, maire centre-droit de Saint-Christol-lès-Alès. (Photo Élodie Boschet/Objectif Gard)

Élu maire de Saint-Christol-les-Alès en 2014 à l'issue d'une triangulaire, Jean-Charles Bénézet (UDI) a récidivé en profitant une nouvelle fois d'une désunion de la Gauche. Enseignant-chercheur à l’École des Mines, l’homme de 52 ans se positionne dans la poursuite du travail engagé ces six dernières années, avec le soutien d'une équipe municipale qui a subi quelques retouches, la rendant selon lui "encore un peu meilleure que la précédente". Entretien. 

Vous avez marqué un temps de réflexion l'hiver dernier avant de vous lancer à la quête d’un deuxième mandat. Pourquoi ?

Ce sont des astuces de politiques (rires). J’ai fait comme si je n'avais pas trop envie de me représenter mais je le savais depuis longtemps. On était assez confiants sur nos chances de victoire. Il y avait de bons retours sur le mandat précédent.

Avec un taux d'abstention exceptionnellement haut (plus de 65%), les Saint-Christolens qui ont voté vous ont renouvelé leur confiance (élu au 1er tour avec 54% des voix). Comment l'expliquez-vous ?

Le Saint-Christolen a vu qu’en six ans il n’y avait eu aucune augmentation des impôts avec des services toujours équivalents voire supérieurs malgré la baisse des subventions de l’État. 90 % du programme a été réalisé. Typiquement, il y a un gros projet sur Saint-Christol depuis 60 ans, c’est le contournement de la ville. Il faut l’avouer, j’étais persuadé que j’allais avoir six ans devant moi pour faire avancer les choses. On est arrivé à la fin du mandat sans qu'il n'y ait eu un coup de pioche de donné pour le contournement. Les dossiers ont avancé mais je comprends le Saint-Christolen qui n’a pas vu un tractopelle travailler sur ce chantier. Ça sera déterminant pour désengorger le centre-ville. Aujourd’hui c’est bloqué en permanence tous les jours et toute la journée pratiquement. On arrive à un niveau d’asphyxie, au détriment de la vie des habitants. L’intérêt de ce tronçon de contournement est d’enlever environ 50 % des véhicules. Le but n’est pas que ça devienne une ville morte avec plus personne qui passe. Mais ça permettrait à tous les gens qui partent d’Alès pour aller à Anduze de ne plus avoir à faire ce crochet par Saint-Christol et inversement. Ceux qui voudront aller à Montpellier continueront à passer. Concernant les projets, il avait été promis de rénover les vestiaires du Rouret, ça a été juste mais on y est arrivé. C’est un dossier à 500 000 euros. Tout le challenge de cette commune de 7 300 habitants, c’est de trouver un compromis en poursuivant les aménagements sans détériorer la notion de "bien-vivre".

C'est ce goût d'inachevé sur certains dossiers qui vous a incité à briguer un second mandat ?

C’est quelque chose qu’on a dans les tripes, un engagement personnel pour sa commune. Je ne sais pas si j’aurais eu le même engagement pour un autre village. Je connais la commune depuis tout petit et j’ai envie d’œuvrer à son développement. J’ai presque envie de dire que ça m’embêterait que ça soit fait par quelqu’un d’autre en me disant « moi j’aurais fait différemment ». Et puis en six ans, il y a eu des choses que je n’ai pas pu concrétiser, d’où l’intérêt de solliciter six ans de plus.

L'équipe municipale a été en partie renouvelée par rapport au mandat précédent. C'était votre volonté ?

Oui, c’était dans mon idée de proposer une équipe remaniée, avec deux tiers d’anciens car c’est un plus puisqu’ils connaissent déjà les dossiers, et un tiers de nouveau avec des idées nouvelles pour apporter de la fraîcheur. J’ai eu de la chance car je n’ai eu à retenir personne et personne à pousser vers la sortie. De mon point de vue, tout s’est fait naturellement car certains étaient vraiment épuisés. L’air de rien, c’est du vrai boulot si on le fait à fond. Je suis prof à l’école des mines et j’ai dû passer à temps partiel, en allégeant la partie recherche propre à un enseignant de l’IMT, pour être à midi dans mon bureau et attaquer une nouvelle journée dans le costume de maire.

Votre commune est souvent affublée d'une image sportive. Vous n'y êtes pas étranger...

Le sport est un vrai point fort de notre équipe municipale qui s’applique aussi au profil de notre commune. Je ne vais pas m’attribuer des choses que je ne dois pas m’attribuer mais c’est une touche spécifique à Saint-Christol. Je n’ai jamais fait le calcul mais si on devait faire le ratio entre le nombre d’habitants et le nombre d’associations sportives, je suis sûr qu’on serait largement au-dessus des communes qui nous entourent, sans prétention. C’est aussi valable dans le domaine de la culture ou pour les associations dîtes "solidaires". On a plus de 90 associations, ça donne une idée de la diversité qui est proposée. Le constat finalement c’est qu’on a un déficit d’infrastructures. C’est très tendu pour attribuer une salle à une association, les créneaux de toutes les salles sont remplis du matin au soir.

Dans l’été, la commune a maintenu beaucoup d’événements alors que la plupart d’entre eux étaient annulés dans le reste du département…

Ma position, c’était d’aller au bout des choses pour garder cette dynamique. Tant qu’on n’a pas d’interdiction nationale ou départementale par le préfet, on fait les choses. Mais ça veut alors dire qu’on se décarcasse. On se creuse la tête dix fois plus que d’habitude pour remplir tous les critères, avec des arrêtés rendant obligatoires le port du masque ou en transférant des événements qui avaient lieu en intérieur vers l’extérieur. On a eu moins de monde mais c’était attendu. Les gens qui sont venus étaient contents car on a conservé ce lien social. C’est ce qui guide mon orientation politique. On prend des risques, oui ! Mais ça fait partie de la mission d’un maire. J'ai été très content d'avoir été village du Tour de France. En tant que passionné de sport, ça a été une belle opportunité.

Après le confinement, les conseils municipaux ont repris leur rythme classique. Comment qualifieriez-vous l'entente avec la nouvelle opposition ?

On retrouve le schéma classique qu'a souvent connu Saint-Christol, à savoir trois groupes : le groupe majoritaire à vingt-trois élus que je représente et deux groupes minoritaires, un de quatre éléments et un autre de deux. Il y en a un constructif, qui apporte sa participation, son éclairage, avec lequel on travaille bien, et un autre qui joue uniquement son rôle d’opposition. Je leur dis que c'est dommage, mais c'est comme ça.

Enfin, quels sont les projets du mandat qui vous tiennent le plus à cœur ?

Les plus symboliques, ceux qui marquent les esprits. Iil y a d'abord l’extension du foyer sportif destiné à donner notamment plus de surface au club de tennis de table qui est le club sportif de la commune qui évolue au plus haut niveau (en National, NDLR). C’est eux qui étaient demandeurs, même si ça profitera aussi à d’autres. Un autre projet auquel je tiens énormément, et qui engendre beaucoup de batailles avec le département, c’est la réalisation d’un rond-point devant la cave coopérative au niveau de la route de Lézan. Ça matérialisera l’entrée de la ville en sécurisant un axe où les gens arrivent plein pot. C’est une ligne droite, il y a bien un radar pédagogique mais ça n’empêche pas d’aller vite. Après, je veux vraiment avancer sur ce dossier de contournement qui est déterminant pour le bien-vivre de la ville.

Propos recueillis par Corentin Migoule

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