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ALÈS Le syndicat CGT de Cora : « On voudrait faire fermer le magasin qu’on ne s’y prendrait pas autrement »

L'enseigne Cora d'Alès employait près de 300 personnes en début d'année, avant qu'un plan de sauvegarde de l'emploi ne soit enclenché. (Photo Tony Duret / Objectif Gard)

Le syndicat CGT dénonce les méthodes managériales de la direction de Cora à Alès, responsables d'une dégradation des conditions de travail des employés.

Par la voie d'un communiqué adressé à la presse hier après-midi, Julien Aquilina, délégué syndical central de la CGT et employé du magasin Cora à Alès, réclamait la démission de la direction locale de l'enseigne. En cause, la récente réception par certains employés du rayon fruits et légumes d'une lettre d’entretien préalable au licenciement pour avoir refusé de signer un nouveau planning horaires.

À l'occasion d'un entretien matinal, Julien Aquilina apportait des précisions sur le dossier : « Il y a des impossibilités pour certains employés d'accepter ce nouveau planning. Deux d'entre eux sont à temps partiel choisi car ils ont un autre emploi à côté, deux autres ne peuvent pas pour obligations familiales ou pour un engagement dans un club sportif. On avait la possibilité de s'arranger entre nous car certains préfèrent les horaires du matin et d'autres ceux du soir, on a voulu expliquer ça à nos deux chefs de service mais ils ne veulent rien savoir. » Et de poursuivre avec un élément juridique : « On n'a aucune obligation de signer ce document et le directeur le sait, c'est pour ça qu'il a changé son fusil d'épaule en adoptant une autre stratégie qui poursuit le même but : licencier des salariés. »

Licenciements il y a déjà eu selon le représentant syndical. Enclenchées en février dernier, les négociations pour le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant l'enseigne d'hypermarchés qui appartient au groupe belge Louis Delhaize, ont débouché sur la suppression de 913 postes au niveau national dont 34 pour le seul magasin Cora d'Alès. Cette baisse des effectifs, imposée par un contexte économique défavorable dans lequel la pandémie actuelle tient un rôle majeur, n'est pas tout à fait nouvelle : « Le directeur précédent avait déjà supprimé près de 75 emplois. Son successeur est juste dans la même lignée », constate amèrement le délégué syndical de la CGT, qui est également employé au rayon fruits et légumes du magasin concerné. Ces postes qui volent en éclat ont aussi des conséquences : « Aujourd'hui, on nous demande de faire du mauvais travail. »

« Nos emplois sont mis en danger »

En plus de regretter une dévalorisation de son activité partagée par certains collègues de travail, Julien Aquilina déplore une perte de standing du magasin en passe de devenir "un supermarché discount" selon lui : « On a été formé à remplir de beaux rayons, avec des gondoles bien chargées. Aujourd'hui les rayons sont vides, c'est un désastre et des clients ne cessent de se plaindre. Avant, chacun avait un rayon attitré et devait l'approvisionner. Suite au PSE, on a perdu de la main d'œuvre et on n'a plus de professionnels mais des gens qui font de la manutention avec la pression du chronomètre. On leur dit "pendant une demi-heure vous allez remplir les rayons en beurre, puis vous ferez pareil avec la lessive." Mais ils n'ont pas le temps de regarder si le rayon contient des produits périmés, des dates courtes. On a des clients qui nous disent "mais ce n'est pas possible, on voudrait faire fermer le magasin qu'on ne s'y prendrait pas autrement." »

Soucieux du devenir de son enseigne et tenant à assumer ses responsabilités de délégué syndical, Julien Aquilina avait interpellé sa direction en septembre dernier, Ludovic Chatelais, directeur général de Cora France, en premier lieu, par le biais d'un mail détaillé visant à l'interroger sur « les orientations de l'entreprise Cora et en particulier celle d'Alès. » Le cégétiste avait dû se contenter d'une réponse formulée par la directrice des ressources humaines de Cora France, l'invitant à s'adresser directement à Philippe Jeannin, directeur du magasin à Alès, lui-même en copie du mail. Contacté ce mardi en fin de matinée, le principal intéressé n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Corentin Migoule 

 

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