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FAIT DU JOUR Nolan Roux : « j’ai 32 ans mais je suis encore joueur et pas éducateur »

Nolan Roux, attaquant du Nîmes Olympique (Photo Norman Jardin)

Contraint de refaire toute sa préparation après avoir contracté la covid-19, Nolan Roux revient sur ce début de saison compliqué. Plus "vieux" joueur de l'effectif, l'attaquant du Nîmes Olympique évoque ce rôle auprès des plus jeunes et raconte son passage à Metz, équipe qu'il retrouve cet après-midi à 15h pour le compte de la 9e journée de Ligue 1. 

Objectif Gard : Vous avez été un des premiers joueurs de l'équipe à contracter la covid-19. Cela a forcément stoppé votre début de saison.

Nolan Roux : Le premier même ! Je l'ai attrapé en ayant aucun symptôme. Comme c'était le début j'ai dû suivre un protocole de 15 jours à la maison et 18 jours en tout sans faire de sport. La préparation avait été plus longue, je me sentais de mieux en mieux, le championnat attaque et boom tout s'arrête. J'ai voulu courir mais quand on m'a mis en garde sur les lésions possibles au niveau cardiaque et pulmonaire ça fait flipper donc je n'ai rien fait. Derrière il a fallu refaire une préparation. C'était dur ! J'ai eu plus de mal à reprendre après la covid qu'après le confinement et les longs mois sans sport à haute intensité.

Comment expliquez-vous cela ?

Je ne sais pas du tout. On dit que l'on a pas de symptômes mais le corps en a quand même. C'est possible d'en avoir sans que l'on s'en aperçoive. C'est pour ça que l'on fait des échographies du coeur et que l'on revérifie tout avant de reprendre. Je n'ai pas eu de problèmes respiratoires ni cardiaques mais j'ai perdu 20% de mes capacités pulmonaires sans avoir de symptômes. Parfois sur la reprise j'étais essoufflé. De temps en temps j'avais même des petites sensations de fatigue alors que je n'avais pas eu ça avant. C'est bizarre. J'en ai discuté avec le docteur, parfois il faut attendre jusqu'à un mois avant de retrouver toutes ses capacités.

Nolan Roux félicité par ses coéquipiers la saison dernière lors de son premier match aux Costières contre Monaco (Photo Anthony Maurin)

Du coup vous avez moins joué dans ce début de saison... 

On regarde le premier match, on voit Brest 4-0, on se dit  : "festival, j'aimerais être là en tant qu'attaquant" (rires). C'est un peu plus particulier qu'une blessure car c'est tout nouveau. Je me sens bien mais au final il y a des entraînements où c'est un peu dur alors que je n'avais pas ressenti ça avant. Après physiquement je suis bien même à 32 ans. Je sais comment ça fonctionne, dans une saison on a besoin de tout le monde.

"Je suis encore jeune dans ma tête et dans mes jambes"

Justement vous êtes l'aîné dans cet effectif nîmois, vous sentez-vous investi d'un rôle particulier auprès de vos coéquipiers ?

Je vais donner des conseils surtout sur une action de frappe, le positionnement sur un centre, sur un choix entre un contrôle ou une frappe... Ils ont aussi des qualités et je ne vais pas intervenir à chaque fois qu'ils font quelque chose. J'ai 32 ans mais je suis encore joueur et pas éducateur. Je suis investi en tant que joueur. Même celui qui a 21 ans je l'écoute. Je n'ai pas encore ce rôle d'ancien qui dit : "faut faire ci ou ça, nous à notre époque c'était comme ça". Je suis encore jeune dans ma tête et dans mes jambes. Je sais qu'à mon âge dans le football on commence à avoir un peu de bouteille mais dans la vie c'est encore jeune. Même si j'ai l'impression d'avoir dormi une semaine et de m'être réveillé à 32 ans.

Cet après-midi face à Metz vous allez retrouver votre ancienne équipe où vous avez réalisé votre saison la plus prolifique en Ligue 1 (15 buts en 2017/2018), cela vous rappelle des bons souvenirs n'est-ce pas ? 

Oui ! En plus de ça j'avais joué ailier gauche pendant presque six mois, un poste qui n'est pas du tout le mien. Au final c'est là où j'ai marqué le plus de buts (rires). Matthieu Dossevi centrait souvent au second poteau et ça tombait sur moi. J'ai eu d'autres saisons où j'ai marqué une dizaine de buts mais là quand je rentrais sur le terrain je savais que j'allais avoir une ou deux occasions pour marquer. Et ça quand t'es attaquant, tu ne te poses plus la question du placement, ça se fait automatiquement.

Du coup n'avez-vous pas demandé au coach de vous mettre sur le côté gauche ?

(Rires) On a assez de monde à ce niveau-là et ce n'est pas moi qui vais commencer à dire là où je veux jouer. Chacun son rôle.

Nolan Roux taquinant les boules cet été en stage à Albertville avec Anthony Briançon et Renaud Ripart (Photo Corentin Corger)

Personnellement vous étiez au top mais le club était lanterne rouge toute la saison. Cette situation était-elle frustrante ?

En fait tu n'es jamais satisfait. Même si je marquais un ou deux buts derrière si on perdait, je n'avais pas de satisfaction personnelle. Je suis encore de ceux qui prônent que le foot est un sport collectif même si aujourd'hui c'est de plus en plus difficile car les mentalités changent un petit peu. Par contre demain on fait un match, je joue, on gagne, je ne marque pas, je m'en veux. À l'inverse, on perd, je marque, je ne suis pas content. J'ai peut-être parfois eu un peu trop cet esprit collectif mais c'est comme ça. Les saisons un peu compliquées font partie du foot.

"Je regarde les matches à la télé, je change de chaîne"

Avez-vous gardé des contacts avec des joueurs messins ou des membres du staff ?

J'avais les kinés un petit peu. Après quasiment tous les joueurs avec qui j'ai joué sont partis. J'ai envoyé un message à Ibrahima Niane qui s'est blessé (aux ligaments croisés, le 14 octobre) en lui disant que ça faisait partie du métier mais qu'il était jeune. Quand je suis arrivé à Metz, il arrivait du Sénégal. Toute l'année, il était assis à côté de moi dans les vestiaires. J'avais beaucoup apprécié cette personne qui me demandait beaucoup de conseils. C'était un jeune très attentif et je suis très content de ce qu'il fait. On est resté en contact.

Malgré le confinement, le sport professionnel continue, cela change quoi de jouer à huis clos ?

Ça n'a plus du tout la même saveur. Sans supporters, il n'y a plus de fête. Je regarde les matches à la télé, je change de chaîne car c'est vide. Tu entends parler, les mecs renifler, éternuer... Tu sens qu'il manque quelque chose pour pousser les équipes à aller chercher des résultats, à s'enflammer. J'ai l'impression que c'est tellement lointain de jouer dans un stade plein. Quand je suis arrivé au stade des Costières contre Monaco (3-1, le 1er février 2020) j'étais chaud bouillant. Tu es transcendé par tout ça. On est onze sur le terrain et tout ceux qui sont dans le stade sont pour ton équipe. Le match à Montpellier à 13h sans personne, on entendait les oiseaux. Après on comprend que la santé des gens prime. C'est un moment à passer mais je pense que tout ne redeviendra pas comme avant.

Propos recueillis par Corentin Corger

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