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NÎMES Limiter l’instruction à domicile : un projet de loi à rayer pour les parents

Une quarantaine de parents et enfants réunie ce vendredi sur le parvis de la Maison Carrée (Photo Corentin Corger)

Ce vendredi, réunis sur le parvis de la Maison Carrée à Nîmes, parents et enfants se sont mobilisés pour afficher leur attachement à l'instruction à domicile et leur opposition au projet de loi du président Emmanuel Macron qui vise à réduire cette liberté. 

C'était le 2 octobre dernier, lors d'une présentation de mesures pour lutter contre les séparatismes que le Président de la République a annoncé sa volonté dès la rentrée 2021 de strictement limiter l'instruction scolaire à domicile seulement aux impératifs de santé. Un projet de loi où Emmanuel Macron veut rendre la scolarisation obligatoire au sein de l'école dès 3 ans alors que jusqu'à présent seule l'instruction était obligatoire. Un mode d'apprentissage, possible actuellement sur une simple déclaration en mairie et à l'inspection académique, qui concerne près de 50 000 enfants en France et environ 750 dans le Gard, au 16 octobre dernier.

"On a une augmentation assez importante du nombre de familles qui ont demandé à faire valoir le droit à l'instruction à domicile", constatait, au début du mois, Philippe Maheu le Dasen (directeur académique des services de l’Éducation nationale) du Gard. Ayant peur d'être privée de cette liberté, une quarantaine de parents et enfants s'est rassemblée ce vendredi sur le parvis de la Maison Carrée à Nîmes, pancartes à la main, pour afficher leur opposition à cette annonce du pouvoir exécutif.

La moitié des parents le font pour un an ou moins

"Cette mesure est prise de manière unilatérale et illégitime. Ce n'est pas approprié d'envisager l'instruction à domicile comme une menace des valeurs républicaines", confie Yaël Nahmani qui a souhaité utiliser ce système pour ses deux enfants aujourd'hui âgés de 19 et 17 ans. "On ne parle pas d'école à la maison. Je leur ai vraiment laissé la liberté de s'instruire en explorant des centres d'intérêt qu'ils ont choisi", poursuit-elle expliquant que sa fille aînée a préféré être scolarisée en Terminale pour passer son baccalauréat avant de poursuivre ses études supérieures et que son fils a intégré une formation dans le domaine du cirque.

Yaël Nahmani, a instruit ses enfants à domicile et s'oppose au projet de loi d'Emmanuel Macron (Photo Corentin Corger)

"Une liberté fondamentale", que clament ces familles qui proviennent de différents milieux sociaux et qui combattent aussi l'idée reçue que l'instruction à domicile concernerait que les foyers aisés. Plus de 50% des parents qui choisissent ce mode d'instruction le font seulement pour une année ou moins. "Cela peut concerner ponctuellement les autres parents, ça peut leur offrir une fenêtre de respiration en cas de harcèlement de leur enfant. D'ailleurs après le confinement pas mal de parents ont fait ce choix", explique Yaël Nahmani.

Le soutien de Laurent Burgoa

Ce vendredi après-midi, accompagnée d'une autre mère de famille, elle a été reçue pendant une heure dans les locaux de la direction académique gardoise par Romain Gibert, directeur de cabinet du Dasen et Martine Grouthier, son adjointe chargée du premier degré. "On avait l'impression qu'ils avaient des réponses mais qu'ils ne pouvaient pas nous en formuler. En tout cas ils se sont engagés à faire remonter nos revendications", s'est réjouie Yaël après le rendez-vous qui avec les autres familles a également sollicité les parlementaires et notamment les Gardois.

Tous les députés et sénateurs ont été contactés et certains ont apporté leur soutien à l'image de Laurent Burgoa, sénateur du groupe Les Républicains. Ce projet de loi visant à limiter l'instruction à domicile n'a pas fini de faire parler, il sera présenté en Conseil des ministres le 9 décembre prochain et devrait ensuite être l'objet de nombreux débats au sein de l'Assemblée nationale.

Corentin Corger

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