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PAYS D’UZÈS La communauté de communes lance son plan climat air énergie territorial

Ce lundi 23 novembre, le conseil communautaire de la CCPU s'est réuni pour la première fois à l'Ombrière. (Marie Meunier / objectif Gard)

Pour beaucoup d'élus, c'était une visite inédite de l'Ombrière ce lundi soir. L'impressionnante salle encore tout neuve a accueilli pour la première fois le conseil communautaire de la CCPU (communauté de communes Pays d'Uzès). 

Un gros morceau était à l'ordre du jour : le lancement du Plan climat air énergie territorial (PCAET). C'est un programme local de développement durable qui s'inscrit dans les ambitions nationales. À l'horizon 2030, le Gouvernement vise la réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et la baisse de 20% de la consommation énergétique finale par rapport à 2012. L'idée est aussi d'atteindre 32% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie.

Le PCAET a été introduit par la loi de transition énergétique et imposait son élaboration avant le 31 décembre 2018 aux intercommunalités de plus de 20 000 habitants. C'est donc avec deux ans de retard que le sujet arrive sur la table de la CCPU. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, comme on dit. "Ce plan s'inscrit pourtant dans une certaine logique, il est la poursuite de l'Agenda 21, il est dans la continuité du projet de territoire de la CCPU. Effectivement du retard a été pris l'élaboration de la CTG (convention territoriale globale) plus l'éco-labellisation des crèches. Ces actions ont pris beaucoup de temps au niveau des ressources humaines de la CCPU", justifie Dominique Ekel, vice-président de la CCPU, rapporteur de la délibération.

589 GWH d'énergie consommés annuellement sur le territoire de la CCPU

Claire Huber, désignée en interne pour porter ce PCAET, a fait une présentation du déroulé du projet : "L'objectif est de permettre aux territoires de s'adapter aux changements climatiques, de diminuer les polluants atmosphériques comme les gaz à effet de serre. L'énergie c'est le principal levier d'action dans la lutte contre le changement climatique et la pollution de l'air."

Chaque année, ce sont 133 GWH de consommation d'énergie produite au sein du territoire de la CCPU (chiffres de 2017), comptant 30 000 habitants et 18 000 logements. Alors que 589 GWH sont consommés annuellement dont 171 rien que pour l'électricité. "L'objectif c'est d'augmenter la production et de diminuer la consommation", formule Claire Hubert.

Après des calculs rapides, l'élu communautaire Bernard Rieu chiffre à 20 000 KWH l'énergie produite par chaque citoyen sur le territoire soit 2 000 litres de fioul récupéré par combustion. "On est dans des sociétés énergivores. La question qui va se poser c'est comment réduire notre consommation excessive que l'on use sans s'en rendre compte ?", interroge l'élu.

Une mise en œuvre d'actions concrètes de janvier à juin 2022

Justement, le PCAET est là pour apporter des solutions. Ce plan doit s'élaborer avec l'ensemble des acteurs de la CCPU à savoir : les élus, les techniciens, les citoyens, les entreprises, les associations... La première étape sera de faire un diagnostic de janvier à mai 2021 : quelles sont les dynamiques du territoire et comment elles évoluent, estimer les émissions territoriales, analyser la consommation d'énergie... En découlera une stratégie coconstruite en janvier 2022 puis un programme d'actions concrètes à mettre en œuvre de janvier à juin 2022. Des actions qui pourront être portées par la CCPU, les communes, les citoyens ou les associations.

Avec cette délibération est validée la déclaration d'intention du plan. Une initiative saluée par l'assemblée délibérante, malgré le retard. Ce que n'a pas manqué de rappeler l'élu d'opposition uzétien Christophe Cavard : "Je vous invite à regarder une carte de la DREAL de mai 2020 où en sont les PCAET. Quand vous regardez les deux territoires où rien ne s'est enclenché, il y a l'Agglo de Nîmes et la CCPU. Il y en a qui ont commencé et même fini comme la communauté de communes de Beaucaire Terre d'Argence."

Ce à quoi le président Fabrice Verdier répondra que prendre son temps c'est aussi se donner les moyens de créer une feuille de route "dans la dentelle" et "sur mesure" : "On aurait pu tomber dans la facilité et prendre un énième bureau d'études qui arrive à la même méthodologie, à 5 000 € la journée, avec un beau power point au départ mais au final la co-construction n'y est pas... On serait en avance mais on aurait un document qui ne correspond pas au territoire, pas réalisable et qui vient s'empiler sur l'étagère déjà bien fournie du DGS."

Quid de la ZAC des Sablas avec ce nouveau plan climat

Christophe Cavard rappelle que la loi climat avait beaucoup été discutée à l'assemblée : "Ces objectifs, la France peut toujours les signer mais si les territoires ne les mettent pas en œuvre, effectivement, ça sera difficile pour elle, en tant que pays de les réaliser." Il regrette que le PCAET ne se soit pas fait en concomitance avec le projet de territoire et le SCoT "parce que certains projets pourraient être réinterrogés en vue du travail qu'on va mener pendant deux ans avec ce plan. Je ne voudrais pas faire de polémique ce soir mais puisque c'en est une : quand on fait un plan climat comme celui-là, ne réfléchissons-nous pas à ce qu'on va mettre dans nos futures zones commerciales par exemple ?" Sous-entendu dans la Zac des Sablas...

Référence fine qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Fabrice Verdier réaffirme sa position sur le sujet : "Une entreprise qui tape à mon bureau, elle est toujours la bienvenue. Je ne porte pas d'appréciation sur ce qu'elle peut apporter comme service. Ce que je sais, c'est qu'elle apporte des emplois et fait vivre les familles. Il n'y a pas les tâches nobles et ceux qui seraient d'affreux productivistes. Après dans une zone commerciale, on peut être exigeant en termes d'aménagements paysagers, de traitement des eaux, de qualité des bâtiments. Et vous verrez, on sera au rendez-vous."

Rendre le territoire attractif pour les générations à venir

Pour remplir les critères de réduction de pollution, d'augmentation de production d'énergie renouvelable, "il faut les prendre en compte dans nos nouvelles constructions", poursuit Christophe Cavard dans sa longue intervention. Et d'ajouter : "On lance ce soir un PCAET et on va se fixer des objectifs mais un bâtiment tout neuf dans lequel on est ici (l'Ombrière, ndlr) aurait pu peut-être déjà commencer à remplir une part de ces objectifs."

Quant à l'opposante uzétienne, Lydie Defos du Rau, elle voit dans ce plan climat "une opportunité pour rendre le territoire plus attractif avec une ambition de levier économique". Point de vue partagé par le président de la CCPU qui veut créer "les conditions d'un développement économique soutenable pour que nos jeunes restent dans ce territoire attractif." La délibération a été adoptée à l'unanimité.

Marie Meunier

Découvrez le reste des délibérations débattues au conseil communautaire demain dans un autre article.

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