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ALÈS La Mission locale au cœur du plan de relance

Pierre Martin et Stéphanie Meneghini lors d'une conférence de presse dans les locaux de la Mission locale d'Alès ce jeudi. (Photo Corentin Migoule)
Pierre Martin et Stéphanie Meneghini lors d'une conférence de presse dans les locaux de la Mission locale d'Alès ce jeudi. (Photo Corentin Migoule)

Parce qu’il veut relancer l’économie du pays « quoi qu’il en coûte », le gouvernement a mis sur la table 100 milliards d’euros dans le cadre du plan France relance. Par l’intermédiaire de la formule "un jeune, une solution" matérialisée par l’injection de 6,5 milliards d’euros, l’État espère sauver une classe d’âge particulièrement touchée par la crise sanitaire et compte sur l’appui des Missions locales, sollicitées dans la mise en œuvre d’une obligation de formation des 16/18 ans.

À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce jeudi dans les locaux de la Mission locale jeunes Alès pays Cévennes, Pierre Martin, son président, et Stéphanie Meneghini, la directrice, ont conjointement présenté l’un des volets du plan #1jeune1solution qui s’inscrit plus largement dans le cadre de France Relance. Ce volet concerne les mineurs âgés de 16 ans et plus et pour lesquels le suivi d'une formation est devenu obligatoire jusqu’à leur majorité, depuis septembre dernier.

182 jeunes décrocheurs identifiés

En effet, à l’échelle nationale comme à l’échelle locale, un certain nombre d’entre eux sortait des radars de l’Éducation Nationale dès la fin de l’instruction obligatoire (jusqu’à 16 ans), sans pour autant enclencher des démarches de formation ou de cursus professionnalisant, sombrant parfois dans la délinquance. Désormais, ces adolescents, qui ont été 182 à être identifiés sur le bassin alésien, devront satisfaire à une obligation de formation leur offrant trois options : poursuivre leur scolarité dans un établissement scolaire, devenir apprenti ou stagiaire en suivant une formation professionnelle, ou bien occuper un emploi, service civique compris.

La vocation d’accompagnement des jeunes les plus en difficulté des Missions locales se voit ainsi confortée et la structure alésienne n’y déroge pas. Le soutien de l’État se matérialise par une enveloppe de 21 000 euros pour quatre mois allouée à la Mission locale d’Alès, soit 119 euros par jeune. Si on peut penser que c’est relativement peu, « jamais il n’y a eu autant de moyens déployés pour aider la jeunesse à entrer dans la vie active. C’est une réponse massive du gouvernement au risque majeur que la crise Covid pourrait entraîner en laissant toute une génération sans perspective », estime Stéphanie Meneghini.

« Je trouve que la formule "un jeune, une solution" est assez bien choisie puisque nous l’avions déjà en partie utilisée il y a quelques années avec "un jeune, un emploi" », souriait Pierre Martin. Et de poursuivre : « Évidemment certains jeunes passent entre les mailles du filet mais pour ceux que l’on parvient à identifier (182 à ce jour), notre but est de les aider à raccrocher. Car si certains après 16 ans sont capables de rebondir seuls, les autres ont besoin de nous. »

10 jours de formation et 250 euros à la clé

Ainsi, cette obligation de formation pour les 16/18 ans prend la forme d’un bilan d’orientation auquel vont s’adonner 75 jeunes de la Mission locale d’Alès d’ici fin décembre. Pendant 10 jours, ils vont prendre part à une « phase de remobilisation », dont la majeure partie se déroulera à distance, en visio. Ceux qui n’auraient pas en leur possession le matériel adapté, « même si la plupart ont au moins un smartphone », dixit Pierre Martin, auront la possibilité d’emprunter un ordinateur ou une tablette mis à disposition par la Mission locale. Pour autant, le cursus à distance revêt bien des atouts aux yeux du président de la structure : « 30 % de nos jeunes sont issus d’un milieu rural et bien souvent la question de la mobilité fait office d’excuse. »

Assistés d’accompagnateurs, les adolescents vont identifier leurs besoins, leurs envies et dessiner leur parcours professionnel. Pour les stimuler, parce que la perte motivationnelle est l’un des facteurs de leur décrochage, et s’ils ont été suffisamment assidus, une indemnité de 250 euros leur sera versée à l’issue de la formation. « Le but ultime, c’est d’être en mesure de diriger le jeune vers l’univers professionnel qui lui conviendra le mieux », synthétisait Pierre Martin en guise de conclusion.

Corentin Migoule

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