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VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON Dialogues de sourds en conseil municipal

Jeudi soir, lors du conseil municipal de Villeneuve (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le huis-clos dans lequel s’est tenu le conseil municipal de Villeneuve jeudi soir a permis aux quelques Villeneuvois habitués des débats de ne pas se voir infliger un pénible spectacle de près de trois heures.

Seuls 17 élus étaient présents (14 de la majorité et 3 de l’opposition). Une jauge à la baisse pour cause de crise sanitaire, dans une salle polyvalente des Hauts de Villeneuve frigorifiée, la faute à une isolation hors d’âge et à un système de chauffage plus bruyant qu’efficace.

Les journalistes ayant eu la "chance" d’assister aux débats ont donc la lourde tâche de retranscrire des échanges entre la majorité et l’opposition, et plus précisément la Liste sociale écologique et solidaire. Des échanges tantôt hors sujet, tantôt focalisés sur des détails (le prix de l’adhésion à une association, 50 euros, ou celui du repas à la cuisine centrale, 3,60 euros en tarif plein), tantôt immédiatement transformés en dialogues de sourds. Et ce de la toute première délibération à la dernière question orale de l’opposition. Le tout avec une remarquable constance.

Hors sujet comme par exemple sur le transfert de la maîtrise d’ouvrage des réseaux de distribution d’énergie au Syndicat mixte d’électrification du Gard, le SMEG, délibération administrative s’il en est et largement partagée par toutes les communes gardoises qui composent ce syndicat (« 347 sur 351 », précisera l’adjoint Alain Sanciaume). Morgan Buisson, de la Liste sociale écologique et solidaire estimera qu’il s’agissait d’un « choix politique », avant de dresser un parallèle entre cette délibération et la mise de l’eau en délégation de service public « qui a causé des problèmes pour les usagers. »

Or, « le SMEG est un regroupement de communes, pas un délégataire de service public, ça n'a rien à voir », rappellera la maire Pascale Bories, après avoir expliqué que le SMEG permettait aux communes de réduire les coûts notamment pour l’enfouissement des lignes. « Mon rôle est d’assurer ici le contradictoire », répondra l’opposant avant de voter contre la délibération comme les deux autres élus de son groupe.

Place à la brocante du samedi matin pour laquelle la commune proposait de renouveler la délégation de service public à un brocanteur. Monique Novaretti (liste Union citoyenne de Villeneuve) évoquera une énième fois l’opportunité de mettre l’événement en régie, rejointe par Morgan Buisson qui rajoutera des critères écologiques « à mettre en place » dans le contrat, avant de regretter de ne pas être écouté. Pascale Bories répondra que « la brocante est un marché très spécialisé » pour justifier le recours à la DSP, avant de répondre à Morgan Buisson que « les services vous ont demandé des précisions et ils n’ont pas eu la moindre proposition concrète. » 3 oppositions et 3 abstentions.

Les RH en débat

S’est ensuite ouverte une séquence RH, avec d’abord le recrutement d’emplois non permanents à la mairie ce que Morgan Buisson assimilera à de la « précarité ». La maire rappellera que ces contrats étaient « nécessaires quand nous avons du personnel en arrêt maladie. Ce ne sont pas des contrats précaires. » 3 oppositions. Unanimité ensuite sur le recrutement d’un apprenti, puis place au recours au bénévolat qui permettrait à la mairie de signer une convention avec des bénévoles souhaitant s’impliquer dans la vie municipale ; la mairie ayant deux demandes, une à la médiathèque et une aux archives, précisera la maire.

Geneviève Lepage (Liste Sociale écologique et solidaire) dénoncera à cette occasion « le recours aux emplois contractuels » de plus en plus fréquent mais pas évoqué dans la délibération, avant d’affirmer avoir eu « un retour d’un agent qui s’inquiète du recours à ces emplois bénévoles. » Pascale Bories lui répondra que les syndicats avaient été consultés « et nous aurons l’occasion de faire ensuite un bilan avec eux. » 3 abstentions.

Les débats sont ensuite allés sur la modification de la grille du personnel communal avec la suppression de 17 postes d’agents « suite aux avancements de grade, aux promotions internes et aux départs en retraite », précise la délibération. Geneviève Lepage posera tout de même une question sur « le lien éventuel entre ces suppressions et l’embauche de contractuels. » Sans surprise, Pascale Bories répondra en reprenant la délibération. Unanimité.

Après que Morgan Buisson a qualifié d’« obscur » le fait de voter une subvention exceptionnelle à la Chartreuse, subvention dont la maire rappellera qu’elle était subordonnée à la réalisation d’actions pédagogiques, l’assemblée a abordé le sujet de la réouverture de la ligne TER rive droite. La municipalité a, en effet, décidé d’adhérer à l’association des usagers Rive droite, et ce alors que la ligne rouvrira en décembre 2021. Monique Novaretti prendra des nouvelles de la réhabilitation de la gare villeneuvoise, ce à quoi Pascale Bories affirmera qu’elle serait « particulièrement attentive sur l’avancée de ce dossier » avec le Grand Avignon.

En fin de conseil, tradition villeneuvoise oblige, la Liste sociale écologique et solidaire posera trois questions orales, dont une sur le commerce local dans laquelle Morgan Buisson demandait de promouvoir la monnaie locale La Roue et de mettre en place « une plateforme d’achat réellement inclusive » avant de s’en prendre au conseiller municipal délégué au Commerce, Arnaud Renevey, « qui nous a annoncé, sans rire, qu’il fait ses emplettes sur Amazon, triste ironie et aveu d’impuissance. »

« Vous tenez des propos totalement inappropriés, vous mélangez tout et posez des questions sans vous être renseigné auparavant, lui rétorquera Pascale Bories. Vous choisissez de vous rabaisser à de telles bassesses politiciennes devant la presse. Vous êtes loin d’un débat constructif. Aussi longtemps que vous serez malhonnête, je ne vous répondrai pas. » Fermez le ban et cette longue séance de dialogue de sourds.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Et aussi :

Sachez que Villeneuve est parmi les premières communes en France à installer des bornes de recharge bidirectionnelles pour les voitures électriques de sa flotte leur permettant de bénéficier du système Véhicule to grid, qui permet de réinjecter l’électricité contenue dans les batteries des véhicules électriques qui sont branchés sur ces bornes. Les véhicules deviennent donc un espace de stockage d’électricité. Une installation dans le cadre d’un dispositif de la Région Occitanie. « On externalise la pollution, ce qu’il faut c’est se lancer dans une production d’énergie renouvelable », estimera Morgan Buisson. « Vous pourriez dire merci », lui rétorquera l’adjoint François Zanirato. « Je l’ai dit », affirmera l’intéressé, avant que l’adjoint ne lui dise merci à son tour dans un échange aussi ironique qu’obséquieux.

Etiquette

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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