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FAIT DU JOUR Les coulisses des illuminations de Noël

(Photo : direction de la communication de la ville d'Alès)
(Photo : ville de Nîmes)

Qu’on habite à Nîmes, Alès, Bagnols, le Grau-du-Roi ou dans un petit village, les illuminations de Noël égayent chaque fin d’année dans nos rues, boulevards et ronds-points.

Et en cette année particulière, où les animations publiques seront revues largement à la baisse pour cause de crise sanitaire, ces illuminations revêtent une importance encore plus grande que d’habitude. L’occasion pour Objectif Gard d’aller voir l’envers du décor des illuminations un peu partout dans notre beau département.

La magie de Noël, ça ne pousse pas tout seul. « Il y a des jours où on a commencé à 5h du matin, rejoue le responsable du service festivités logistiques de la ville de Nîmes, Thierry Vaillant. On est cette année à une trentaine d’heure supplémentaires par agent en travaillant 7h par jour. Nous louons une nacelle en plus de la nôtre, donc on tourne à deux nacelles. » Le tout depuis la Toussaint, pour deux grosses semaines, des quartiers périphériques de la cité des Antonin jusqu’au centre-ville.

En pleine installation des illuminations de Noël, à Nîmes (Photo : Norman Jardin / Objectif Gard)

À Alès, « Ça se met en place depuis octobre, ça prend du temps, idem pour le démontage, explique le premier adjoint au maire d’Alès, Christophe Rivenq. Ce sont les agents de la SPIE qui s’en chargent, avec deux équipes. On a insisté pour qu’ils travaillent le soir et la nuit pour ne pas bloquer les rues la journée. » Et à Bagnols, les sept agents aux festivités (contre trois en temps normal) étaient à pied d’œuvre dès octobre, y compris la nuit et les week-ends, pour installer les illuminations.

« C’est le moment où on peut être un peu créatifs »

Et avant de les installer, il a fallu les choisir. À Bagnols, il y a deux catégories d’illuminations. « Celles qui sont au sol sont à nous et on loue celles qui sont aériennes pour environ 30 000 euros », explique le premier adjoint au maire de Bagnols, Maxime Couston. La partie louée appartient à l’entreprise Hexagone, basée à Vénéjan, à quelques kilomètres de Bagnols. Du coup, « on n’a pas de catalogue, on va directement les choisir à Vénéjan ! », précise l’adjoint.

Le père Noël lumineux de Bagnols (Photo d'archives : Thierry Allard / Objectif Gard)

À Nîmes, « c’est assez délicat car il y a des catalogues avec les confections et les collections, explique l’adjoint délégué aux festivités, Frédéric Pastor. Plusieurs entreprises sont mises en concurrence. » Cette année, c’est l’entreprise Blachère, à Apt (Vaucluse), qui a raflé le marché. En tout cas pour la partie location car comme à Bagnols une partie du matériel appartient à la ville.

Alès fonctionne différemment. « On est propriétaires de nos décorations. Chaque année on achète environ pour 40 000 euros de matériel, affirme Christophe Rivenq. Nous renouvelons chaque année pour ne pas faire toujours pareil. » Dans la capitale des Cévennes, 271 motifs ont été posés, dont 240 en centre-ville. « On a établi un certain nombre de personnages pour les enfants car l’idée de célébrer Noël c’est avant tout de le faire pour les enfants », rajoute le premier adjoint alésien.

(Photo : direction de la communication de la ville d'Alès)

 Alors cette période de l’année, « c’est le moment où on peut être un peu créatifs : on teste, on installe et on répare quand il y a des dégradations », explique Stéphane Spalma, responsable du pôle électrique à la ville du Grau-du-Roi, qui s’occupe des décorations de Noël de la commune depuis dix ans.

« On a une enveloppe 20 à 25 000€ pour acheter de nouveaux décors et créer des petites saynètes, précise Stéphane Spalma. On a réalisé six saynètes. Cette année, par exemple, devant le parvis de l’Hôtel de ville avec un grand patineur, un ourson, un rêne qui tire un traîneau, et on a décoré tous les ronds-points de la ville. » À Bagnols, les lutins et les pingouins, pour ne parler que d’eux, sont fabriqués en interne, « pour renouveler les stocks en évitant les dépenses inutiles », précise-t-on à la mairie.

Combien ça coûte ?

Des dépenses plus importantes cette année. « Comme toutes les animations sont annulées, on a rajouté 17 000 euros pour les illuminations et les décors de Noël. On fait du visuel puisqu’on ne peut pas faire du contact », avance Maxime Couston. Quant au budget global, au-delà des 30 000 euros de location, il est difficile à chiffrer. Par exemple, le célèbre Père Noël, installé cette année place Jean-Jaurès, appartient à la mairie depuis une dizaine d’années, et a donc été bien amorti.

À Nîmes, le budget global des illuminations « avoisine les 300 000 euros », précise Frédéric Pastor. À Alès, « c’est à peu près une centaine de milliers d’euros pour la mise en place, peut-être 110 000, je n’ai pas encore reçu la facture », avance Christophe Rivenq. Et au Grau-du-Roi, « pour la pose de décorations en hauteur, on fait appel à deux entreprises. Il y en a pour 80 000 euros pour la pose, la location et la dépose », note Stéphane Spalma. Un budget auquel il faut rajouter les 20 à 25 000 euros annuels pour les nouveaux décors.

(Photo : ville de Nîmes)

S’ajoute également la consommation électrique des illuminations. « Tout est passé en LED donc au niveau consommation énergétique c’est vraiment bas, d’autant qu’on éteint les motifs à minuit jusqu’à six heures du matin puisqu'il n'y a personne dans les rues », explique Christophe Rivenq, à Alès. Idem à Nîmes, où « c’est éclairé de 17h30 à 1h et de 5h30 à 8h », précise Thierry Vaillant. Au Grau-du-Roi, outre les LED, les décors sont biodégradables.

(Photo : direction de la communication de la ville d'Alès)

Il faut bien ça pour faire vivre la magie de Noël en cette période particulière. « Cette année pas de feu d’artifice ni de "Grau Noël", pose le maire du Grau-du-Roi, Robert Crauste. Mais il y a un besoin de la part des graulens de se raccrocher à ce temps fort qu’est les fêtes. Beaucoup décorent aussi leurs maisons ou leurs commerces. Dans la période que nous vivons, on a besoin de se raccrocher à cet esprit de fête. »

Norman Jardin (à Nîmes), Corentin Migoule (à Alès), Boris Boutet (au Grau-du-Roi) et Thierry Allard (à Bagnols)

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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