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LAUDUN-L’ARDOISE Le général Houssay en visite au 1er Régiment étranger de génie

Le général Houssay, gouverneur militaire de Marseille et général de la zone de défense et de sécurité Sud, s'est rendu ce mardi au 1er Régiment étranger de génie et a échangé avec le chef de corps, le colonel Fleuret. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ce mardi 8 décembre, le général quatre étoiles, Benoît Houssay s'est rendu à Laudun-l'Ardoise, au 1er Régiment étranger de génie (REG). Une venue qu'il assure en tant que gouverneur militaire de Marseille et général de la zone de défense et de sécurité Sud. 

Cette zone s'étend sur trois régions, Paca, Corse et Occitanie, et comprend 27 régiments, dont le 1er REG (soit 1/3 de l'Armée de terre). Dans le cadre de ses fonctions, le général Houssay visite la totalité des formations de la zone, chaque fois sur une période de deux ans. "Nos visites ont pour but d'appuyer le chef de corps, voir ses préoccupations, l'aider à résoudre ses problèmes, plutôt qu'une visite sanction", explique le général Houssay. Et le Gard, en tant que 2e département militarisé de la zone Terre, constitue un passage obligé pour ce dernier.

Chaque visite est suivie d'un compte-rendu et d'une entrevue avec le chef de corps, ici le colonel Antoine Fleuret. C'est aussi pour ce dernier l'occasion de faire remonter des besoins. Mais les deux gradés sont formels, les hommes du 1er REG ne sont pas les plus mal lotis : "C'est un héritage. Depuis des années, le schéma directeur d'infrastructure du Régiment est respecté. C'est plus facile quand les choses sont faites régulièrement", assure fièrement le colonel Fleuret.

De nouveaux véhicules blindés 4.0 pour 2022-2023

Pas d'urgence donc au quartier général Rollet. Toutefois, le général en a profité pour annoncer que le régiment de Laudun allait recevoir les grands équipements de l'Armée de terre fin 2022-début 2023, découlant du programme Scorpion : "C'est l'arrivée de nouveaux véhicules blindés nouvelle génération : des Griffons (qui a pour vocation à remplacer le véhicule de l'avant blindé pour le transport de troupes, le plus utilisé par l'Armée française, qui est entré en service en 1976, ndlr)."

À terme, ces véhicules seront équipés de simulation embarquée avec un système en réseau : "C'est du 4.0. Ce qu'on va chercher c'est répéter l'action au combat avant de la jouer et d'avoir tout le monde connecté autour de la situation tactique la plus claire possible", détaille le général. Sera associée aussi la construction d'une nouvelle zone technique moderne avec atelier de station de lavage.

Deux dotations dans la même veine que la LPM (loi de programmation militaire) 2019-2025 qui marque une augmentation du budget alloué aux armées de 1,7 milliard d'euros par an jusqu'en 2022. L'objectif étant d'atteindre 2% du PIB français d'ici 2025. Selon le général, un vrai effort doit être fait sur les équipements "qui sont à bout de souffle", sur les conditions de vie des légionnaires et de leur famille, sur les stocks de munitions...

"Le président de la République doit décider si on reste sur cette trajectoire ou si elle est un peu dégradée. Si jamais on se détourne de cet axe sur lequel toute la programmation budgétaire a été construite, on sera encore obligé de faire des impasses et de reporter. Aujourd'hui, pour nous, on est dans la réparation mais aussi dans la renaissance."

Le 1er REG, régiment le plus employé de la zone défense sud ces dernières semaines

Que l'on se rassure, à l'issue de la visite à Laudun-l'Ardoise, le général Houssay était formel : "Le 1er REG est un très beau régiment, avec une situation particulièrement saine. C'est un régiment qui a de très gros atouts. [...] Toutes les directives sont bien mises en œuvre." Un bilan positif crucial puisque toutes ces données relevant du "domaine organique" se répercutent sur le bon déroulé des opérations. "Si tout est maîtrisé, le régiment s'engage ensuite en opération avec tous ses moyens et facilement. Du moment que le potentiel humain et matériel est préservé, si la formation est bien faite, ça roule tout seul."

D'ailleurs, le 1er REG a été le régiment le plus employé de la zone de défense et de sécurité Sud ces dernières semaines. Covid-19, risque attentat, catastrophes naturelles à Valleraugue et dans la vallée de la Roya... Le premier rang de la réserve a rallié Nice, Nîmes et Avignon dans le cadre de l'opération Sentinelle. Une partie déployée, une autre en alerte. De quoi contribuer aux effectifs passant de 3 000 à 7 000 militaires mobilisés suite à l'attentat de Nice, en octobre dernier.

Aujourd'hui, environ 150 légionnaires du 1er REG sont déployés pour Sentinelle, majoritairement partis vers Paris. Plus globalement, la zone sud est la 2e zone de déploiement après la capitale. "On a quasiment multiplié par trois la mobilisation, passant de 11 à 31 sections en un mois. Dans le sud, il y a à peu près 1 000 hommes qui sont déployés sur Sentinelle", complète le le haut gradé. Des effectifs quasiment identiques à ceux de janvier 2015, au moment des attentats de Charlie Hebdo.

Jusqu'à 650 légionnaires en opération extérieure en 2020

Les hommes ont aussi été appelés pour la mission Résilience, une mission d'appui et de soutien aux populations et aux services publics pour faire face à l'épidémie de covid-19. "Le régiment s'était mis à disposition de plusieurs municipalités. Environ 30 légionnaires étaient ici prêts à s'engager. On l'a fait une fois pour une distribution de masques à Laudun pour un appui logistique", développe le colonel Fleuret.

L'année 2020 a aussi été largement consacrées aux opérations extérieures au 1er REG : jusqu'à 650 cadres et légionnaires du régiment ont été détachés sur le volume total de 950, entre début février et début août. Ils étaient principalement sur l'opération Barkhane, en zone sahélo-saharienne, mais aussi en Côte-d'Ivoire, en Irak, au Gabon, au Sénégal ou encore en Guyane. Mais c'est au Liban que le régiment a perdu un de ses hommes le 13 mars dernier. Un hommage lui a été rendu la semaine dernière lors de la Sainte-Barbe, célébrée exceptionnellement à huis clos au vu du contexte sanitaire.

De nouvelles opérations interviendront plus tard en 2021. Pour l'instant place à l'entraînement : "Là, on est actuellement dans une phase de préparation opérationnelle métier. Cette phase de quatre mois coïncide avec le moment où on est majoritairement déployé sur le territoire national", situe le chef de corps. Deux compagnies sont en train de se préparer en centre d'entraînement au camp des Garrigues de Nîmes et à la Courtine, à proximité de Clermont-Ferrand. Seront ensuite formés des groupements tactiques inter-armes pour s'entraîner dans des camps spécialisés. "Tout ça prépare la mise en condition finale où là on va s'entraîner de manière spécifique à la mission à laquelle on sera affectée", poursuit-il.

Pour l'instant les prochaines missions du 1er REG ne sont pas encore connues. La préparation n'exclut pas que la situation peut évoluer, selon le contexte international et géopolitique. "La devise  du régiment c'est d'être robuste et agile, comme un bon combattant", tonne le colonel Fleuret.

Marie Meunier

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