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FAIT DU JOUR Mohamed Kani : la confirmation nationale avant la conquête de l’Europe

Originaire de Vauvert où il a vécu et boxé jusqu'à ses 21 ans, Mohamed Kani est champion de France de boxe chez les welters (- 66 kgs). Il défendra son titre ce samedi au Palais des sports René-Bougnol de Montpellier. Un combat contre Sirak Hakobyan qui pourrait être un tournant dans la carrière du boxeur âgé de 30 ans. Portrait. 

Enfant du quartier du Bosquet, à Vauvert, Mohamed Kani monte sur son premier ring à 13 ans. Presque par hasard. "Mon grand frère et plusieurs amis faisaient de la boxe et j'ai voulu essayer, juste pour m'amuser", raconte-t-il. Mais au sein de l'Académie pugilistique vauverdoise, habituée à former des boxeurs de talent, le potentiel de l'adolescent ne passe pas inaperçu.

"Dès ma première année, j'ai été sacré champion de France de boxe éducative, se souvient-il. À l'école, je n'étais pas un foudre de guerre, même si j'ai eu un bac comptabilité. Mon truc, c'était le sport. Tous les soirs, après le collège, j'allais m'entraîner." Pas assez âgé pour boxer chez les amateurs, Mohamed Kani ronge son frein. Et passe deux ans sans perdre un combat dans sa catégorie.

Les Jeux Olympiques : un rêve brisé

"Il a toujours été un boxeur très talentueux, estime Damien Faucher, longtemps président du club vauverdois et aujourd'hui dans le cercle rapproché de Mohamed Kani. Notre sport donne souvent un cadre à ceux qui n'en ont pas. C'est une belle école de la vie." 

Mohamed Kani entouré de son staff. (Photo DR)

Pensionnaire de l'INSEP quelques années plus tard, Mohamed Kani rêve d'un jour participer aux Jeux Olympiques, le Graal pour tout boxeur amateur. "J'ai failli accéder à l'équipe de France en 2011, mais j'ai perdu en finale du championnat national sur décision des juges, déplore-t-il. J'ai vécu ce verdict comme une injustice car j'estimais avoir remporté le combat." 

Malgré de bons résultats chez les amateurs, Mohamed Kani renonce à son ambition olympique en devenant boxeur professionnel en 2016. "J'ai quitté Vauvert pour Montpellier afin de poursuivre ma progression, souligne-t-il. Je suis salarié de la Ville et bénéficie d'une mise à disposition pour m'entraîner. C'est une organisation parfaite pour ma carrière de sportif." 

17 victoires en 19 combats

Ce changement de statut est un véritable déclencheur pour Mohamed Kani, très rapidement sacré champion de France espoir. "Sur le ring je suis un diesel, se décrit l'intéressé. Je suis peut-être un peu moins puncheur que certains, ce qui m'empêche pour le moment de mettre mes adversaires K-O, mais je m'appuie beaucoup sur ma technique et mon explosivité. Chez les amateurs, les combats ne durent que 4 rounds, contre 10 chez les pros. Ce format convient mieux à mes qualités." 

Et ça se voit. Semaine après semaine, combat après combat, le Vauverdois progresse dans la hiérarchie hexagonale. Affichant un bilan de 17 victoires sur 19 possibles, Mohamed Kani est désigné comme challenger du champion de France en titre Mehdi Mouhib, en 2019. Une ceinture nationale qu'il rafle à domicile, au Palais des sports René-Bougnol de Montpellier.

L'an passé, Mohamed Kani remporte la ceinture de Champion de France. (Photo DR)

"En boxe, le titre doit être remis en jeu tous les quatre mois, explique-t-il. Je devais combattre au printemps mais la crise sanitaire a reporté l'échéance." Mohamed Kani montera finalement sur le ring ce samedi contre Sirak Hakobyan. "C'est un boxeur dur au mal, qui encaisse bien les coups, prévient-il. Mais j'ai les armes pour le battre. Je pars favori." 

Pas question pour autant de laisser les choses au hasard. Pendant deux mois, le Vauverdois s'isole à Lyon, dans un camp d'entraînement intensif. "Là bas je suis focus, indique Mohamed Kani. Tout est tourné vers la performance. Je me lève, je m'entraîne physiquement, je mange, je fais la sieste et je boxe. J'ai voulu mettre toutes les chances de mon côté pour être prêt le jour J." 

Mohamed Kani aux côtés d'Arnaud Romera (à sa gauche) le président de la Fédération. (Photo DR)

Un état de forme dont ne doute pas Damien Faucher. "Mohamed est un gros travailleur et un garçon très attachant. Son défaut est peut-être qu'il est parfois un peu trop gentil pour un boxeur. Il fait preuve de beaucoup d'empathie. Il faut qu'il s'endurcisse."

Car à 30 ans, Mohamed Kani n'a pas le droit à l'erreur. "Je dois gagner pour pouvoir prétendre à un championnat d'Europe prochainement, détaille-t-il. Si je ne suis plus le meilleur français, je recule logiquement dans la hiérarchie des potentiels challengers."

Quant au niveau mondial, le Vauverdois se situe autour du centième rang. "Pour le moment, je suis encore loin des meilleurs, confirme-t-il, réaliste. Je n'ai jamais subi de K-O. Mon corps est encore frais et la boxe est un sport qui requiert de la maturité. Les meilleurs ont souvent plus de 35 ans. J'ai encore six ou sept belles années devant moi." Une confirmation nationale ce samedi lui permettrait de donner un nouveau coup d'accélérateur à sa carrière. Et de continuer à rêver en grand.

Boris Boutet

Le combat est retransmis en direct sur Facebook, ce samedi à 19 heures.

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