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DÉPARTEMENT Les débuts timides de la présidente Françoise Laurent-Perrigot…

Ce matin, en conseil départemental (Photo : Coralie Mollaret)

Quelle genre de présidente sera la socialiste Françoise Laurent-Perrigot ? C’est la question posée suite à son élection, le 27 novembre. 

Depuis que la politique existe, ses protagonistes ont une obsession : capter l’auditoire. Susciter une telle attention permet de porter des messages, d’expliquer les décisions et même parfois, de noyer le poisson ! À ce jeu-là, le président sortant, Denis Bouad, était plutôt bon. Vieux routard de la vie publique, son humour et sa sympathie l’ont souvent sauvé de situations inconfortables. Ces qualités lui ont permis aussi de mettre en valeur des projets, tels que la maison des services publics ou le plan Très haut débit. Si Denis Bouad a laissé son empreinte, son temps est révolu. Première femme présidente, Françoise Laurent-Perrigot est désormais à l'œuvre.

Ce matin, la socialiste a présidé sa première séance publique. Beaucoup s'impatientaient d'en goûter la saveur... Hélas, pas de quoi risquer la crise de foie ! La très consensuelle Françoise Laurent-Perrigot a frôlé la discrétion. Pourtant, il y avait matière à marquer les esprits, à imposer son style. À l'ordre du jour : l’examen de deux rapports annuels, véritables enjeux de société. Le premier concernait les violences faites aux femmes, présenté par Isabelle Fardoux-Jouve. Le phénomène est malheureusement en hausse cette année. Rien qu'à Nîmes, lors du premier confinement, la Ville a enregistré une augmentation de 30 % des violences intrafamiliales. Dans son rapport, l'élue communiste a salué la création d’un observatoire départemental des violences faites aux femmes. Le Gard étant l’un des rares départements à en être doté.

« Passez à la vitesse supérieure ! », tacle Philippe Ribot  

Après les femmes, place à l’écologie avec le rapport sur le développement durable. Une préoccupation prégnante pour de plus en plus de Gardois cherchant à limiter leur empreinte carbone. Dans un très long discours - qui brouille le message politique -, la vice-présidente EELV, Geneviève Blanc, a rappelé l’urgence climatique : « en 2050, le climat dans le Gard sera comparable à celui de l’Andalousie. » Et de citer quelques actions concrètes comme « notre contrat avec l’Adem pour le recours aux énergies renouvelables et photovoltaïques dans 11 bâtiments publics dont 9 collèges. » À savoir que « le coût énergétique d’un collège est de 40 000€ par an contre 7 000€ pour le nouveau collège à énergie positive Ada-Lovelace. » Une politique à développer.

Pour l’opposition, ce rapport est décevant. « Il n’y a aucune initiative notable à signaler ! », torpille l’élu UDI (Union des démocrates et indépendants), Philippe Ribot, ressentant « un certain essoufflement » de la majorité. Et d'insister pour « un fléchage des investissements sur la rénovation énergétique des bâtiments. » Même avis de l'élue Les Républicains, Pascale Bories : « En 2015, vous nous annonciez une réduction de 5% des émissions de gaz à effet de serre. Où en est-on ? Où en est-on de l’isolation des bâtiments ? De l’acquisition de véhicules électriques ? » Des questions qui resteront sans réponse. Sur son perchoir, Françoise Laurent-Perigot se contentera de « remercier toutes et tous » et notamment « la présentation très détaillée de Geneviève Blanc avec des actions très concrètes comme le schéma eau et climat. » En matière de concret, on pouvait espérer mieux.  

Un budget 2021 « très prudent »

Place ensuite aux débats autour des orientations du prochain budget. Le dernier de la mandature 2015-2021 que certains imaginent offensif à la veille des élections. C'est à ce moment-là que la présidente, conseillère départementale depuis 1981, aurait pu fendre l'armure. Malheureusement, ce n'est pas pour de suite... Françoise Laurent-Perrigot a qualifié l'exercice « d’horizon de valeurs dans la continuité de Denis Bouad avec un but essentiel : mener nos projets à terme ! » Lesquels ? Qu'est-ce qui fait battre le cœur de l'élue ? Nous n'en saurons pas plus... S'il est vrai que, dans un contexte de majorité relative, la Gauche doit rester prudente, gare à ne pas tomber dans la platitude.

De son côté, le vice-président aux Finances, Martin Delord, qualifie le prochain budget de « prudent » avec une hausse des dépenses sociales de 17 M€. Si l'opposition est satisfaite du haut niveau d'investissement estimé à 130 M€, elle a attaqué une nouvelle fois sur ces marqueurs : les économies et le niveau d'endettement. « En 2018, nous étions à 777 M€. En 2021, elles sont estimées à 814 M€ ! », fait remarquer Laurent Burgoa, président du Bon sens républicain. Quant au Rassemblement national, Jean-Pierre Fuster a indiqué que ce budget était « de Gauche » et avec « beaucoup de tabous. » Alors, « vivement juin ! » a commenté le frontiste, en référence à la potentielle date des prochaines élections. 

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com

 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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