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FAIT DU SOIR La patronne d’En Marche, Valérie Rouverand : « Je ne suis le faire-valoir de personne ! »

Valérie Rouverand, co-référente d'En Marche dans le Gard (Photo : Coralie Mollaret)

Entrée en politique avec le concours de l’ex-président de Nîmes Métropole, Yvan Lachaud, la Nîmoise veut aujourd’hui écrire sa propre histoire au sein de La République en marche. 

Valérie Rouverand sortirait-elle de l'ombre d’Yvan Lachaud ? Le parcours politique de la Nîmoise est intimement lié à celui de l’ex-président centriste de Nîmes métropole. Aujourd’hui élue d’opposition, elle était hier adjointe à l’éducation de la Ville de Nîmes. C’est en 2014 que Valérie Rouverand fait son entrée en politique. Sur recommandation d’Yvan Lachaud, elle intègre la liste du maire, Jean-Paul Fournier. Un an auparavant, l’enseignante au lycée de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) prenait les rênes d'À font de Nîmes. Une association vouée à porter la candidature d’Yvan Lachaud aux municipales. Élue finalement sur une liste d’union de la Droite et du Centre, elle découvre l’action publique. Travaillant main dans la main avec le Conseil départemental sur la mixité scolaire, l'élue participe activement à la fermeture du collège Diderot, dans le quartier de Valdegour. En 2017, après l’éviction d’Yvan Lachaud par le maire de Nîmes, Valérie Rouverand démissionne par « loyauté » de sa délégation à l’éducation. Une déchirure selon elle, même si, à l’Agglo, Yvan Lachaud lui confie le porte-feuille de la rénovation urbaine. En parallèle, Valérie Rouverand s’encarte à La République en marche. Elle œuvre à ce qu’Yvan Lachaud décroche le soutien du parti présidentiel aux municipales 2020. Le centriste est finalement battu le 28 juin. Deuxième sur sa liste, Valérie Rouverand devient élue d’opposition au conseil municipal ainsi qu’à Nîmes Métropole. À 55 ans, la Nîmoise n’entend pas s'arrêter là. Désormais coréférente d’En marche, elle assure mener sa propre barque. Jusqu'où ? L'avenir le dira.

Objectif Gard : Vous avez été désignée co-référente d'En Marche avec le Bagnolais Jérôme Talon. Pourquoi ? Le parti n’a pas réussi à vous départager ? 

Valérie Rouverand : D’abord, j’ai candidaté au poste de référent parce que je souhaite m’investir complètement dans ce mouvement. C’est la députée Françoise Dumas qui m’en a parlé… Comme je suis une élue LREM à Nîmes, c’était assez cohérent. Dès juillet, j'ai commencé à faire campagne auprès des militants et j’ai eu le soutien de plusieurs comités. Jérôme Talon a reçu le soutien de nos deux députés gardois. Du coup, notre bureau exécutif nous a demandé de travailler ensemble. 

« Cette coréférence permettra
d’apporter un souffle nouveau » 

Comment avez-vous réagi à cette nouvelle ? 

Sur le coup, j’ai été un peu déçue. Après je me suis demandée ce que je voulais vraiment : un poste ou m’engager durablement pour le parti ? La réponse a été vite trouvée. C’est une bonne chose ce partage. D’ailleurs, c’est unique en France. 

Cela signifie-t-il que, comme chez Les Républicains, l’un va s’occuper du nord du département et l’autre, du sud ? 

Pour l’instant, ce n’est pas calé. Il est évident que je veux porter sur mon territoire les valeurs d’En Marche. Je suis présidente du groupe d’opposition Les Progressistes à la Ville de Nîmes et l’Agglo. Ça compte. Le travail en équipe est indispensable pour permettre à Emmanuel Macron de se faire réélire en 2022. Alors oui, les Municipales ont bousculé beaucoup de monde… Mais les gens sont encore-là ! Notre mouvement est jeune. Nous devons continuer à le construire.

En parlant des Municipales, quel regard portez-vous sur le bilan de Jérôme Talon, référent sortant ? 

Je ne suis pas là pour donner une note. D’ailleurs, je ne suis pas légitime pour faire ça. Avec Jérôme, nous allons travailler ensemble. 

Comment avez-vous vécu le volte-face de la députée Françoise Dumas ? Elle qui vous a d'abord soutenu avant de préférer Jérôme Talon ? 

Comme on peut le vivre. Maintenant, on doit construire tous ensemble. J’espère que cette coréférence permettra d’apporter un souffle nouveau. 

« Avec Yvan, nous avons aujourd’hui
des chemins différents » 

Beaucoup de gens vous perçoivent encore comme la fidèle de l’ancien président de Nîmes Métropole et ex-candidat aux Municipales nîmoises, Yvan Lachaud. Comment réagissez-vous ? 

C'est tellement réducteur ! Si j'avais été un homme, certains ne me considéreraient pas ainsi ! Je ne suis le faire-valoir de personne ! Avec Yvan Lachaud, j'ai eu une histoire politique. En 2014, il est venu me chercher pour intégrer la liste du maire Jean-Paul Fournier. J'ai été élue adjointe à l'Éducation puis, j'ai travaillé sans restriction avec la conseillère départementale de Gauche, Natalie Nury, sur la mixité scolaire. Fin 2018, j'ai rendu ma délégation au maire de Nîmes par loyauté avec Yvan Lachaud (qui venait d'être évincé par le maire de Nîmes, ndlr). Ça a été un déchirement... Ce n'est qu'après que j'ai décidé de rendre ma carte à l'UDI pour adhérer à En Marche.

Yvan Lachaud ne vous a donc pas soutenu pour ce poste de référent ? 

Voyons !  Yvan Lachaud n'est pas adhérent à La République En Marche. Avec Yvan Lachaud, nous avons mené un projet : gagner la ville. J’ai été loyale, avant et pendant les élections. On a perdu, donc cela s’arrête. Aujourd'hui, je vole de mes propres ailes. C’est très réducteur de ne pas imaginer que je puisse avoir un projet personnel et, que toute ma vie, je dois être au service de quelqu’un !

« Je suis en phase avec En Marche » 

Qu’est-ce qui, selon vous, a joué en votre faveur pour ce poste de co-référente ? 

Lorsque j’ai demandé le soutien de LREM pour la candidature d’Yvan Lachaud aux Municipales, je suis montée à Paris. J’ai travaillé avec le délégué général Stanislas Guerini et la numéro 2, Marie Guévenoux. C’est là que j’ai été repérée. J’ai porté les valeurs de LREM pendant les Municipales et je fais partie des élus qui l’ont revendiqué. 

Serez-vous candidate pour les prochaines élections départementales ? 

Pour l’instant, je n’ai pas de réponse à cette question. On définira la stratégie politique en temps voulu. En Marche doit exister. Personne ne sait encore comment, ni qui seront les candidats. Ce qui est sûr, c'est que j'assume complètement d'être En Marche. J'aime l'ouverture de notre mouvement et je suis en phase avec cette formation même s’il y a des difficultés et des incompréhensions.  

Cela fait six mois que vous êtes dans l’opposition à la Ville de Nîmes. Quelle est votre vision de la politique de Jean-Paul Fournier ? 

Je suis présidente du groupe Les Progressistes (dans lequel se trouve Yvan Lachaud, ndlr). Nous voulons être dans une opposition constructive. Il ne faut pas oublier que j’ai été dans cette majorité. Toutefois, il faut faire plus sur la sécurité, la médiation… Je suis interpellée par cette délinquance. Des choses sont faites mais il faut aller au-delà ! Quand on voit des jeunes avec des cagoules, on ne peut pas se contenter d’attendre des policiers supplémentaires ! Il faut réinvestir ces quartiers pour donner de l’espoir à nos jeunes en misant sur l’éducation et la culture. 

Concernant Nîmes Métropole, quel rôle comptez-vous jouer ? 

Finalement, j'ai décidé de créer un groupe. Ça permet d’être au courant de ce qu’il se passe, en étant conviée aux réunions. À l'Agglo, il nous faut bâtir un vrai projet de territoire. Le projet de rénovation urbaine est une belle opportunité. Pour ce faire, l'Agglo doit être autonome et porter pleinement ses compétences. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Lire aussi : FAIT DU JOUR Valérie Rouverand : « En politique, il faut pouvoir se regarder dans une glace »

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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