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FAIT DU SOIR 21 communes gardoises sélectionnées pour le programme « Petites villes de demain »

Vue aérienne du site de l'Hôtel-Dieu de Pont-Saint-Esprit (Photo : Mairie de Pont-Saint-Esprit)
Vue aérienne du site de l'Hôtel-Dieu de Pont-Saint-Esprit (Photo : Mairie de Pont-Saint-Esprit)

Mi-décembre, la ministre de la Cohésion des territoires a dévoilé la liste de communes retenues dans le cadre du dispositif "Petites villes de demain", principale action de l'Agenda rural s'inscrivant aussi dans le Plan de relance. 285 communes de la Région Occitanie ont été sélectionnées dont 21 villes gardoises. Mais alors, à quoi va servir ce nouveau programme, dont le budget prévisionnel national s'élève à 3 milliards d'euros répartis sur six ans ?

Dans le cœur de cible des "Petites villes de demain", sont comprises les communes de moins de 20 000 habitants, qui revêtent des fonctions de centralité. "Il faut un certain rayonnement territorial avec des services publics, des activités commerciales, des équipements médicaux...", liste Joëlle Gras, sous-préfète du Vigan et référente départementale du dispositif. Autre critère important : il faut que les villes présentent des signes de fragilité, que ce soit un taux de pauvreté élevé, une forte proportion de logements vacants...

Ainsi, les municipalités sélectionnées vont bénéficier de plusieurs leviers d'action pour répondre aux enjeux futurs et aux ambitions du maire et du président d'EPCI pour redynamiser la ville. Ambitions pouvant s'étendre aux domaines du logement, commerce, mobilité, transition écologique, valorisation patrimoniale, développement des services et activités... En clair, tout ce qui peut améliorer l'attractivité d'une ville. 

Des chargés de mission pouvant être co-financés jusqu'à 75%

L'une des mesures phares du programme étant la mise à disposition de chargés de projet (individuel ou mutualisé entre plusieurs communes), co-financé jusqu'à 75% par la Banque des territoires et l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH). Ces postes sont créés pour aider la conception et la concrétisation de projets locaux. Onze seront affectés au département du Gard. "Le maire a souvent de fortes ambitions mais manque parfois d'ingénierie alors le chargé de projet va donner un coup de pouce", complète la sous-préfète. Est prévu aussi dans le dispositif le financement de postes de managers de centre-ville qui peuvent effectuer un diagnostic flash post-covid, pris en charge à 100%, et un plan d'action en faveur de la relance économique. La sous-préfète reste plus évasive concernant les autres mesures, qui devraient être éclaircies dans les mois prochains.

À l'origine, dans le Gard, 33 communes avaient candidaté pour faire partie des "Petites villes de demain". Au final, ce sont 21 qui ont été retenues (*) et qui vont prochainement signer une convention d'adhésion. Elle débouchera d'ici 18 mois sur une ORT (opération de revitalisation des territoires). "C'est un outil très pertinent. On dispose déjà du dispositif "Bourgs-centres" alors le but n'est pas de multiplier les actions mais de rechercher une complémentarité. D'où le dialogue avec les co-financeurs et un travail de concertation préalable avec le Département, la Région, les maires, les acteurs économiques, les présidents d'intercommunalité...", explique Joëlle Gras.

À Pont-Saint-Esprit et à Roquemaure, l'objectif est de redynamiser le centre-ville

Du côté du Gard rhodanien et du Grand Avignon, seules deux villes ont été choisies : Roquemaure et Pont-Saint-Esprit. Claire Lapeyronie, la maire de la seconde, est l'une des premières élues à avoir "guetté" ce dispositif. Alors que le plan national "Action cœur de Ville" avait échappé à Pont en 2010, elle ne voulait pas passer à côté cette fois-ci. "Ce dispositif correspond très bien à nos enjeux. On va avoir une réunion en janvier", se réjouit-elle.

Sa ville disposera d'un chargé de projet à temps plein qui aura de quoi faire en planchant sur "toute la politique de revitalisation de la ville". Un grand pan des fragilités spiripontaines se trouve dans le domaine du logement. Le centre-ville est classé en QPV (quartier prioritaire de la ville). Une deuxième OPAH (opération programmée d'amélioration de l'habitat) est en train d'être lancée sachant que la première a déjà permis de sortir de la vacance 150 logements du centre-ville. Les grands projets, abordés par le chargé de projet, seront officiellement définis lors du vote du budget 2021.

À Roquemaure aussi, une OPAH est en cours alors "que le centre-ville est en train de se vider de ses commerces", constate la maire, Nathalie Nury. Elle compte s'appuyer sur le manager de centre-ville pour l'aider à endiguer ce phénomène. Une subvention de 40 000 € sur deux ans sera accordée par l'État pour cette mesure-ci.

À Saint-Hilaire-de-Brethmas, près d'Alès, un dispositif déjà approuvé

Au nord du département, la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas fait partie des quatre "petites villes de demain" retenues sur le territoire d'Alès Agglomération. Son maire, Jean-Michel-Perret, avait pris part l'an dernier au congrès annuel de l’association des petites villes de France (APVF) dont sa commune fait partie, qui avait eu lieu au Pont du Gard, en présence de Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. "Elle avait déjà annoncé qu’elle allait se pencher sur les problématiques des petites communes", se souvient l'édile saint-hilairois.

En juillet dernier, le dernier cité a eu vent du lancement d'un plan d’aides en faveur des petites villes, "plus ou moins calqué sur le dispositif Action cœur de ville dont a bénéficié Alès", et a aussitôt saisi l'aubaine : "J’en ai tout de suite compris l’intérêt parce que j’ai des problématiques un peu similaires aux autres communes de 5000 à 2000 habitants, à savoir que nous avons des fonctions de centralité. Ce qui fait qu’en fin de compte on consacre une grosse partie de notre budget communal pour des services publics ou associatifs qui bénéficient à beaucoup d’autres personnes que nos seuls habitants." 

Sans pour autant identifier ni chiffrer les projets sur lesquels le chargé de mission du programme "Petites villes de demain" allait œuvrer, Jean-Michel Perret délivrait des exemples concrets pour rappeler l'intérêt d'un tel dispositif : "Prenons le centre de loisirs que l’on finance à 100 % même si c’est une compétence de l’Agglo. On a la moitié de l’effectif qui est composé d’enfants qui viennent de communes voisines. Idem pour le club de foot. On peut aussi étendre ça à l’activité commerciale, que ce soit celle de la route d’Uzès ou celle de l’ancienne route de Nîmes, la commune assure l’entretien des infrastructures, l’éclairage public etc., alors qu’en fin de compte nous n’avons aucune recette liée."

Aussi, l'édile en profitait pour saluer le travail de Jacqueline Gourault qui est à ses yeux "la seule ministre qui a compris l’origine réelle du mouvement des gilets jaunes." Et de poursuivre : "En fin de compte le programme Petites villes de demain en est une réponse. Elle a eu cette sensibilité pour comprendre que l’avenir n’est plus dans les grandes agglomérations mais bel et bien dans les petites villes de banlieue qui ont longtemps été oubliées."

Marie Meunier et Corentin Migoule

(*) Les 21 communes retenues au sein des 12 établissements publics de coopération intercommunale sont :

. Saint-Gilles (Communauté d'Agglomération de Nîmes Métropole)

. Anduze, La Grand-Combe, Saint-Hilaire-de-Brethmas et Saint-Jean-du-Gard (Alès Agglomération)

. Pont-Saint-Esprit (Agglomération du Gard rhodanien)

. Beaucaire et Bellegarde (Communauté de communes Terre d'Argence)

. Calvisson et Sommières (Communauté de communes du Pays de Sommières)

. Quissac et Saint-Hippolyte-du-Fort (Communauté de communes du Piémont cévenol)

. Aramon et Remoulins (Communauté de communes du Pont-du-Gard)

. Roquemaure (Communauté d'agglomération du Grand Avignon)

. Aigues-Mortes, Le Grau-du-Roi (Communauté de communes Terre de Camargue)

. Vauvert (Communauté de communes petite Camargue)

. Barjac et Saint-Ambroix (Communauté de communes de Cèze Cévennes)

. Le Vigan (Communauté de communes du Pays Viganais) qui bénéficiera d'un chargé de mission affecté à l'Hérault.

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