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NÎMES L’accusé : « Ma compagne n’hésite pas à me mettre un coup et, bien entendu, je n’hésite jamais à lui rendre »

La salle d'audience du tribunal correctionnel de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard
La salle d'audience du tribunal correctionnel de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Entre eux, c’est « l’amour vache », comme le résume le procureur Stanislas Vallat. En couple depuis deux ans, parents d’une petite fille née en juillet dernier, Thomas et Vanessa ont une relation « pathologique », selon le juge. Mais ils s’aiment…

Ils se sont connus dans la rue, au plus mal, dans la galère. Malgré les difficultés, ces deux jeunes d’une vingtaine d’années ont construit leur vie ensemble. On sent de la fierté quand Thomas parle de son couple : « Il a énormément évolué. On a surmonté beaucoup d’épreuves et d’obstacles. On a un appartement. On a une très belle petite fille et notre enfant mérite et recevra une bonne éducation », explique-t-il au juge. Une ascension à laquelle tout le monde a envie de croire. Mieux, d’encourager. Seulement, au-delà des discours devant un juge, le quotidien de ces jeunes parents est beaucoup moins rose…

L’année 2020 illustre leurs difficultés. Les deux anciens SDF boivent encore beaucoup d’alcool comme lors de cette soirée du 7 février où Thomas est rentré chez lui complètement ivre à 4h du matin. Vanessa, enceinte, inquiète, l’a attendu toute la nuit. Elle le lui fait savoir. Il répond. Elle insiste. Il persiste. Le ton monte. Il lui met deux coups de poing. « Je crois que c’était une claque pour me calmer », minimise-t-elle aujourd’hui.

Malgré les coups, les plaintes et la prison, les deux tourtereaux s’aiment encore. Il suffit d’observer Thomas lancer des clins d’œil à sa blonde qui le défend comme elle peut à la barre. Invité à s’exprimer sur ce premier épisode de violences, l’accusé analyse : « En fait, on est un couple. C’était un échange. Vanessa n’hésite pas à me mettre un coup et, bien entendu, je n’hésite jamais à lui rendre ».

Le président, Jean-Michel Perez, lui répond : « Vous semblez banaliser. On dirait que c’est normal ». Une remarque qui fait écho à une scène semblable qui s’est reproduite le 1er décembre, sous les yeux du bébé cette fois. Toujours sous l'emprise de l'alcool. Toujours la même victime. « Oui, mais on s’aime », tente Vanessa. « C’est pathologique », lui répond le juge. « C’est l’amour vache entre eux », reprend le procureur Stanislas Vallat qui alerte : « Ce qui est inquiétant, c’est qu’il y a un enfant au milieu ». Il requiert 8 mois de prison. Le tribunal abaisse à 6 mois avec mandat de dépôt. Thomas quitte la salle en lançant un dernier clin d’œil à Vanessa.

Tony Duret

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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